PRODUCTION DB CHALEUR DANS L*0R0ANISX
1° Sources de la production de chaleur.
La production de chaleur dans l'organisme est due à des actions chimiques et à des actions mécaniques.
710 l'HYSlOLOGlE FOXCTIOiNXELLE.
fournissent (1,998) le chiffre de Turée (2,206) ou de Tacide urique (2,G15).
L'oxydation n'est pas la seule source de chaleur; il peut s'en produire aussi et il s'en produit certainement dans rorgaDÛ^me toutes les fois qu'une substance absorbe de l'eau, comme dans la décomposition et l'hydratation des graisses, le dédoublement (les albuminoïdes et des hydrocarbonés. (Berlhelot.)
2^ Actions mécaniques. — Le frottement du sang dans le« vaisseaux produit aussi de la chaleur; mais comme, en réaUté, ces frottements sont produits en dernière analyse par une action musculaire, celle du cœur, on peut la ramener en somme à des actions chimiques. 11 en est de môme des frottements des surfaces articulaires, des tendons, etc., dans les mouvements du squelette.
2° Lieux de la production de chaleur.
Il est bien constaté aujourd'hui que les muscles sont le siège principal de la production de chaleur dans l'organisme. On a vu déjà que le muscle, en se contractant, dégage de la chaleur (page 277), et cette augmentation de température, qui a été constatée expérimculalemciit, se retrouve si on considère Torganisme pris dans sa totaUté. Semblable en cela à une machine à vapeur, il ne peut produire de travail mécanique qu'en augmentant sa production de chaleur. La quantité de chaleur produite ainsi par le mouvement musculaire est si considérable que Ton a pu se demander si cette action musculaire n'était pas la seule source de chaleur et si, môme pendant le repos, la quantité de chaleur produite n'était pas due à la contraction du cœur et des mosdeB inspirateurs.
Cependant, il est difficile de faire des muscles les producteurs exclusifs de la chaleur animale. Les centres nerveux paraissent aussi dégager de la chaleur (voir page 292) ; le cerveau serait, après le foie, l'organe le plus chaud du corps, et le sang des sinus a une température plus élevée que celui de la carotide. H en est de môme des glandes, d'après les recherches de Ludwig.
La question de la production de chaleur dans le sang est liée à celle du lieu des oxydations internes, question qui a été déjà
tiou de chaleur augmente d'une façon notable. C'est ce que montre le tableau suivant, emprunté à Hirn, dans lequel sont mises en regard la production de chaleur et la consommation d'oxygène dans le repos et dans le mouvement. Tous les chiffres sont calculés pour une heure :
BEP08.
Sexe. Age. Poids. ^^Y^^*"^ Caloriei. ^^^f:^^^^^ Calorie..
42 ans. 63'^
abiorbu.
Absorbé.
ICOUVEMKXT.
'«▼«Il en kflognunmètrM.
l(ijeDDes33,4 67 30 ,72 154,4 119 ,84 271,2
Pendant le sommeil la production de chaleur s'abaisse et, d'après Helmholtz, il n'y aurait plus que 36 calories de formées par heure pour un homme de 60 kilogr., ce qui donnerait environ 40 calories pour un homme de 67 kilogr. Il est facile maintenant, avec ces données, de construire le tableau des calories formées en 24 heures pendant le repos et pendant le mouvement.
JOUBHKK PB BKPOS.
Repos SommeU
JOUBKAiC DB MOrVBMKBT.
Repos Mouvement Sommeil
(16 heures). (8 h(nres). (8 heures). (8 heures). (8 heure*).
Nombre de calories formées. . .
Total.
4^ Rapport entre la production de chaleur et la production de travail mécanique.
Les faits mentionnés dans les paragraphes précédents conduisent à ce résultat que la plus grande partie au moins de la chaleur animale est produite dans les muscles. Il doit donc y sivoir, et il y a en effet, une relation intime entre la chaleur produite et le travail musculaire. La corrélation des forces (voir page 3) est applicable aux organismes vivants comme aux corps bruts , et
714 PHYSIOLOGIE FOXCTIOXKELLE.
au chiffre lolal de calories produites, 3724S8 -h 70l« = 4425*,8. oo voit que le sixième environ de la cbaleur produite 8*es( traDsfonn^e en mouvement (').
Mais il est plus rationnel de comparer la quantité de chaleur formée pendant les 8 heures de travail seulement au travail mécanique produit, et, dans ce cas, le rapport est encore plus favorable que tout à Theare. En effet, pendant ces 8 heures, le travail produit comprend les 213,314 kilogrammètres de travail mécanique, plus le tiers du travail du cœur et des muscles inspirateurs, soit 28,333 kilogrammètres. Il y a dpnc en pendant ces 8 heures une production de 241,677 kilogrammètres, correspondant ù 592 calories. D'autre part, le nombre de calories formées pendant ces 8 heures a été de 2 169^6 + 592 = 2761^6. Si on compare ce chiffre de 276 r,6 à 592, on voit que le quart environ de la chaleor produite s'est transformé en travail mécanique et on recoanalt immédiatement quel avantage présente, au point de vue du reodemeat, la machine animale sur les meilleures machines industrielles.
Une autre conclusion ressort du tableau de Hirn : si on compare la période de mouvement à celle du repos, on voit que la production de forces vives (chaleur et travail mécanique) ne fait guère que doubler, tandis que la consommation d'oxygène est presque quadruplèe (rapport de 30,72 à 119,84).
La quantité de chaleur ainsi produite dans la contraction musculaire suffirait pour élever la température du corps humain de 1*,2 pendant le repos, de 5» à 6° pendant le mouvement, si de^ causes, qui seront étudiées plus loin, n'intervenaient pour arrêter cette élévation de température. Cependant, Davy a observé une augmentation de température de 0<>,3 à O^J pendant l'exercice musculaire. La privation d*exercice produit l'effet inverse ; si on lie un animal de façon à empêcher ses mouvements, sa température s'abaisse.