PHYSIOLOGIE DES TISSUS CO N.XECTIFS
tives (aponévroses, membranes fibreuses, etc.) que certaines actions physiologiques trouvent un adjuvant et un régulateur. iEx. : rôîe de l'aponévrose supérieure du périnée dans la défécation; rôle de la membrane du tympan dans l'audition.)
La résistance à la pression (') est surtout prononcée dans le squelette osseux, dans les cartilages qui revêtent les surfaces articulaires, dans les disques intervertébraux, etc. Elle joue un rôle incessant dans la station et dans la marche ; elle agit surtout dans le saut au moment où les pieds touchent le sol et où le calcanéum se trouve pris entre le sol résistant et l'astragale supportant le poids du corps animé d'une vitesse en rapport avec la hauteur de la chute.
Les résistances à la flexion et à la torsion ne s'exercent que dans certaines circonstances déterminées. Ainsi, quand la main soulève un poids, le bras étant horizontal, les os tendent à se fléchir sous l'influence du poids. Dans l'inspiration, les côtes et les cartilages costaux sont légèrement tordus et cette torsion cesse pendant l'expiration, les cartilages et les os revenant à leur forme naturelle dès que les puissances musculaires inspiratrices ont cessé d'agir.
La structure des tissus connectifs est presque toujours en rapport avec leur fonction mécanique, c'est-à-dire avec la manière dont leur cohésion est mise en jeu et avec la direction des forces qui tendent à rompre cette cohésion. Quand les forces agissent habituellement par traction, la cohésion doit être plus forte dans le sens longitudinal, et les organes prennent la structure fibrillaire comme les tendons et les ligaments; quand la traction s'exerce non plus dans un seul sens, mais dans plusieurs, comme dans la distension des membranes fibreuses et des aponévroses, la structure est encore hbrillaire, mais les fibrilles, au lieu d'être parallèles comme dans les tendons, sont entre-croisées et dirigées dans plusieurs sens. Quand la résistance à la pression doit dominer, on trouve, comme dans la tête du fémur ou le calcanéum, une disposition spéciale des lamelles du tissu spongieux qui rappelle le mécanisme des voûtes, ou une forme tubuleuse, comme dans la diaphyse des os longs, etc.
(') On peut employer, pour apprécier la résistance à la pression, Vaigui/le eslhésioiuHrique qui est figurée et décrite daus le chapitre des sensations' tactiles.
Les tissus connectifs interviennent aussi dans la cohésion des organes composés; ainsi le foie, le poumon, le cerveau doivent leurs degrés différents de cohésion, d'abord à la cohésion môme de leurs éléments propres, glandulaires, nerveux, etc., et en second lieu à la présence et à la cohésion du tissu connectif qui entre dans leur composition; ainsi le foie, si pauvre en tissu connectif, le cerveau, dans lequel on ne trouve guère que du tissu réticulé, ont une cohésion très-faible, tandis que le poumon, très-riche en tissu élastique, présente une cohésion plus considérable.
^élasticité des tissus connectifs joue un rôle essentiel dans beaucoup d'actes physiologiques. Dans la mise en jeu de cette élasticité, on doit distinguer avec soin deux phases successives : 1" le changement de forme du corps élastique sous l'influence d'une force quelconque; 2" le retour du corps à sa forme naturelle ou primitive lorsque cette force a cessé d'agir. 11 faut donc distinguer la force élastique d'un corps, qui se mesure par la force nécessaire pour changer sa forme primitive, et la facilité avec laquelle ce corps revient à sa forme primitive ou la perfection de son élasticité. Ainsi, la force élastique du caoutchouc est faible, mais son élasticité est parfaite (').
Les causes qui modifient la forme naturelle des corps élastiques sont les mêmes que celles que nous avons vues à propos de la cohésion; elles agissent par traction (extensibilité), par pression (compressibilité), par flexion (flexibinté) et par torsion. On aura donc, pour les tissus connectifs comme pour les autres corps, une élasticité de traction, une élasticité de pression, etc., et cette élasticité sera plus ou moins forte et plus ou moins parfaite.
Pour que l'élasticité se manifeste, il faut déjà que le tissu présente une certaine consistance-, aussi ne peut-on guère parler de l'élasticité du corps vitré, par exemple. On peut diviser les tissus connectifs en deux grands groupes : le premier groupe est constitué par le tissu jaune élastique, faiblement mais parfaitement élastique; il change de forme sous l'influence d'une force trèsfaible, mais il revient exactement à sa forme naturelle; le second groupe comprend les tissus connectifs proprement dits, comme
* ('j On voit que, à ce point de vue, le langage scientifique ne s'accorde pas avec le langage usuel.
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les tendons et les ligaments : leur limite d'élasticité est vite atteinte et seulement à l'aide de forces puissantes, et ils ne reviennent ensuite qu'imparfaitement à leur forme naturelle; le cartilage et les os représentent une sorte de groupe intermédiaire entre les tissus connectifs proprement dits et le tissu jaune.
Du reste, l'élasticité des tissus connectifs diffère non-seulement suivant la nature du tissu, mais encore suivant le genre d'élasticité. L'élasticité de traction est plus marquée dans les os, les ligaments, les tendons; l'élasticité de pression dans les cartilages articulaires, etc.
L'élasticité des tissus connectifs a deux fonctions principales :
1" C'est une force permanente qui lutte contre des actions permanentes (ex. : pesanteur) ou temporaires (action musculaire). .Ainsi l'élasticité de compression des disques intervertébraux et l'élasticité de traction des ligaments jaunes maintiennent la rectitude de la colonne vertébrale continuellement inclinée en avant par le poids des viscères. Dans l'expiration, Eélasticité de torsion des cartilages costaux et des côtes intervient pour rendre iiii thorax sa forme naturelle dès que les muscles inspirateurs ont cessé d'agir.
2° Elle transformé un mouvement intermittent en mouvement continu ; ainsi l'élasticité des parois artérielles transforme le courant saccadé du sang artériel en un courant continu, comme on le voit dans les capillaires.
L'élasticité des tissus connectifs maintient donc à la fois et la forme des organes et la forme môme du corps entier, et contrebalance continuellement les actions continues ou temporaires (pressions, pesanteur, actions musculaires, etc.) qui tendent à chaque instant à en changer la forme naturelle.
Les propriétés optiques des tissus connectifs n'ont d'importance que dans deux organes appartenant à ce groupe et qui se trouvent dans l'œil, la cornée et le corps vitré ; ces propriétés seront étudiées avec la vision.
B. — ROLE DES TISSLS COXXECTIFS DANS L'ENDOSMOSE.
Les tissus connectifs sont en rapport de tous côtés avec les liquides de l'organisme, sang, lymphe, transsudations séreuses,
liquides qui, au point de vue chimique, peuvent être considérés comme des solutions salines de substances albumineuses, ou, au point de vue de l'endosmose, comme des solutions de colloïdes et de cristallo'ïdes. Ces liquides imbibent donc les membranes connectives, et les lois de cette imbibition paraissent être à peu près les mêmes que celles de Timbibitioa des corps poreux, cependant avec quelques restrictions. En effet, si l'histologie démontre dans certains tissus connectifs, par exemple les tendons, de véritables pores et des canalicules capillaires comparables aux pores des membranes artillcielles, il. en est d'autres dans lesquels ces pores sont loin d'être démontrés. Il faut donc distinguer ïimbibition capillaire, dans laquellele liquide d'imbibition pénètre dans des espaces préformés, et Y imbibition inoléculaire, comparable au gonflement des collo'ides dans un liquide, et dans laquelle le liquide péiiftre dans les espaces qui séparent les molécules de la membrane imbibée. Cette imbibition moléculaire présente certaines conditions importantes à connaître. La première, c'est que ces tissus, en s'imbibant, augmentent de volume; mais l'augmentation de volume ne correspond pas à la quantité d'eau introduite, et H. Quincke a démontré que cette imbibition s'accompagne d'une contraction. Une seconde condition, c'est que les tissus s'imbibent plus dans l'eau distillée que dans l'eau saline et que, par conséquent, le liquide qui imbibe une membrane sera moins concentré que le liquide dans lequel la membrane est plongée ; ceci explique pourquoi les transsudalions séreuses sont en général moins concentrées que le plasma sanguin.
L'imbibition est la condition essentielle des phénomènes endosmotiques. Pour que des liquides puissent traverser une membrane, il faut que cette membrane puisse s'imbiber, puisse être mouillée par ces liquides. Aussi les membranes connectives. dépourvues de pores, ne se laissent traverser que par l'eau, les solutions aqueuses et les liquides miscibles à l'eau ; elles opposeront donc une barrière insurmontable aux hquides gras ou aux émulsions graisseuses, quelque finement divisées qu'elles puissent être.
Les liquides peuvent traverser les membranes connectives sous deux influences diverses : par filtration et par endosmose.
Dans la filtration, le liquide traverse la membrane sous une certaine pression ; c'est ainsi que le plasma sanguin transsude à