G. — PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES DES TISSUS COXXECTIFS
La nutrition des tissus connectifs est en général peu active à l'état physiologique, sauf dans la période d'accroissement. Au point de vue de la nutrition, ils peuvent être divisés en deux groupes : les tissus dépourvus de vaisseaux, comme le corps vitré, le cartilage, et les tissus vasculaires, comme les os, les tendons, les ligaments. Les premiers se nourrissent par imbibition pure; le plasma lymphatique et sanguin des tissus sous-jacents pénètre peu à peu, de proche en proche, leur substance, et
PHYSIOLOGIE DE L'LXDIVIDU.
suflit pour la réparation, peu active du reste, de leurs éléments ; aussi se trouvent-ils sous la dépendance immédiate de ces tissus, dont ils reçoivent leurs matériaux de nutrition; tels sont les rapports du cartilage d'encroûtement avec les extrémités osseuses articulaires. Dans les tissus vasculaircs, au contraire, la nutrition se fait directement par le sang.
On ne connaît que très-incomplétement le mode de nutrition des tissus connectifs; on ne sait d'une façon précise ni quels sont leurs produits de déchet ni quels sont leurs matériaux de réparation, et la forme sous laquelle les uns s'éliminent et les autres s'introduisent, nous est à peu près inconnue.
La physiologie des globules blancs sera étudiée à propos des organes lymphoïdes.
La sensibilité des tissus connectifs est en général très-peu marquée. Cependant quelques-uns, moelle osseuse, périoste, etc., sont assez riches en filets nerveux et peuvent, dans certains cas, présenter une sensibilité très-vive.
Ces tissus proviennent tous du feuillet moyen du blastoderme.
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2° PHYSIOLOGIE DES ÉPITHÉLIUMS.
Les tissus épithéliaux sont constitués par une ou plusieurs couches de cellules épithéliales appliquées sur une membrane connective et vasculaire sous-jacente.
(liiandil n'y a qu'une seule couche de cellules ifig. 41, A, Bi, l'épithélium est dit simple; il est stratifié quand ces cellules forment plusieurs couches superposées ifig. 41, Cj.Les cellules épithéhales juxtaposées ou superposées sont agglutinées ensemble par une sub-
Fig. 41. — Épithéliums.
Fig. 41. — A, épitliéliuai paviracnteux stratifié. (Kûss.)
— B, épitliélium cylindrique — • G, épithélimij
PHYSIOLOGIE DES ÉPITHÉLIUMS.
staiice unissante, démontrable par l'action de certains réactifs, spécialement du nitrate d'argent: mais cette substance est toujours en quantité très-faible, de façon \i que les cellules paraissent intimement accolées (fig. 42). Jamais d'ailleurs on ne rencontre, entre les cellules épilhéliales, de la substance fondamentale ou des éléments accessoires, tissu connectif, vaisseaux, nerfs, tels qu'on en voit dans les autres tissus.
La forme des cellules épitliéliales se ratlache à plusieurs types : dans la cellule polyédrique ou sphérique, les trois dimensions sont à peu prés égales ; dans la cellule pavimenteuse (/<./;. 41, A, page 236), deux dimensions prédominent et la cellule prend la forme d'une lamelle plus ou moins mince; dans la cellule cylindrique oucylindro-conique (fifj. 41,B, page 236), une seule dimension, la verticale, l'emporte sur les deux autres. Dans quelques cas, de fins prolongements, ou cils vibratiles. comme dans les voies respiratoires, se placent sur la partie libre de la cellule (fig. 43, page 238). Enfin, les cellules épithéliales peuvent présenter des formes très-irrégulières, qu'il esf difficile de rattacher à une forme-type; tel est, par exemple, l'épithélium de la vessie.
Chacune de ces formes épithéliales correspond à un rôle physiologique différent. L'épithélium pavimenteux qui, avec un petit nombre d'éléments cellulaires i/î^/. 41, A, page 236), recouvre une surface étendue, a surtout un rôle de protection; l'épithélium cylindrique qui permet, à surface égale \fig. 41, B. page 236i, de multiplier les éléments cellulaires, indique une vitalité nutritive plus énergique; cette vitalité est au maximum dans l'épithélium stratifié, qui nécessite une abondante prolifération cellulaire (fig 4I,C, page 236). L'épithélium vibratile est surtout en rapport avec un mode particulier de mouvement, mouvement vibratile. L'éi)itht'lium forme une couche continue à la surface de l'organisme; sur toute l'étendue de la peau et des muqueuses, on
Fig. 42. — Épitliéliums pavimenteux.
Fig. 4*. — Épiderme de la grenouille. (Cb. Robin.)
trouve une couche épithélialo simple eu stratifiée. L'exception qu'on avait cru exister pour la muqueuse des vésicules pulmonaires ne s'est pas confirmée ; il est aujourd'hui prouvé qu'un épithélium tapisse ces vésicules; mais cet épithélium, trèsdéUcat, se détruit avec la plus grande facilité. De la continuité de l'épithélium dérive un fait physiologique très-important, c'est que : toutes les substances qui doivent pénétrer dans l'organisme, comme toutes celles qui doivent en sortir, sont forcées de traverser une membrane épithé Haie.
L'épithélium se présente sous deux formes principales : l'épithélium tégumentaire et l'épithélium glandulaire.
V épithélium tégumentaire est étalé et constitue, comme l'indique son nom, une sorte de couverture qui s'étend sur les parties sous-jacentes ; c'est lui qui revêt toute la surface extérieure du corps (épiderme, tégument externe) et les muqueuses des cavités digestive, respiratoire, génito-urinaire (tégument interne), muqueuses 'qui ne sont que des continuations du tégument externe.
Ijépithéliîim glandulaire ifig. 44) n'est qu'une transformation de l'épithélium tégumentaire. Une glande, sous sa ^
forme la plus simple, n'est qu'une dépression de l'épithélium (fig. 45, E, page 239), dépression qui présente tantôt l'aspect d'un tube terminé par un cul-de-sac de môme dianiètre (fig. 45, B, page 239), comme dans les glandes en tube; tantôt la formeFi^. 44— coiiuies d'une bouteille terminée par un cul-de-sac dilalé ou §'««''"''»''•''«• acinus {fig. 45, C, page 239), comme dans les glandes en grappe. Les cellules épithéliales qui tapissent le cul-de-sac glandulaire offrent souvent des caractères différents de ceux des cellules du
CUK
Fig. 4'3. — Cellules vibraliles.
Fig. 43. — Cellules épitliéliales cutanées d'Axolotl, l'ellule gonflée par l'eau. ((>li. Robin.)
a, b, c, cellule naturelle. — d, e, f.
reste du tube glandulaire; habituellement, les cellules glandulaires sont ovoïdes, sphériqucs ou polyédriques 'fig. 44. pa;-'e 238-, tandis que les autres sont fréquemment cylindriques ou cylindro-coniques.