A. — PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES TISSUS ÉPITHÉLI.AUX
La consistance du tissu épithélial, très-variable pour les diverses formes de ce tissu, augmente en général à mesure que l'épithélium est plus exposé aux influences extérieures et principalement à la pression; aussi, c'est à la surface de la peau que cet épilhélium acquiert le plus de dureté, comme on le voit dans les ongles, l'épiderme du talon et, accidentellement, dans les callosités qui" se produisent dans la paume des mains chez les hommes astreints aux travaux manuels. L'épithélium intestinal, au contraire, offre une mollesse très-grande et se détache par le raclage de la muqueuse sous forme de gelée filante.
Fig 44. — A, épithéliiini tégumentaire. — B, dépression épilbéliale; glandes en tube. — C, dépression avec cul-de-sac dilaté; glandes en grappe.
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La cohésion des tissus épilhéliaux est en général assez faible, sauf pour le tissu corné ; les ongles, les poils, présentent une assez grande résistance à la distension ; mais cette résistance à la distension est bien plus faible pour l'épiderme cutané; aussi k voit-on se fendiller quand la distension de la peau est portée trop loin, comme dans la grossesse ou les ca's de tumeur abdominale. La résistance à la pression est plus marquée ; ainsi l'épiderme du talon supporte tout le poids du corps sans diminution notable de son épaisseur.
Vélasticité des tissus épidermiques, comme les poils elles ongles, les seuls pour lesquels on puisse l'apprécier, est très-imparfaite.
Les tissus épithéliaux sont transparents et laissent passer assez facilement les rayons lumineux : cette propriété optique acquiert une importance exceptionnelle dans le cristallin et sera étudiée avec la vision.
Ils sont mauvais conducteurs de la chaleur et de l'électricité et constituent à ce point de vue une véritable barrière qui diminue la déperdition de chaleur par rayonnement qui se produit à la surface de l'organisme. Les poils surtout jouent un rôle très-important sous ce rapport, spécialement chez certaines espèces animales.
La capacité cVimhibitiàn des tissus épidermiques est assez marquée, à moins que ces tissus ne soient recouverts d'un vernis gras, comme sur presque toute la surface cutanée ; on sait avec quelle facilité l'épiderme de la paume de la main ou de la plante des pieds (dépourvues de glandes sébacées) se gonfle dans un bain, et l'emploi du cheveu dans l'hygromètre de De Saussure prouve immédiatement le pouvoir hygroscopique des tissus épilhéliaux.
Les lois physiques de \ endosmose, applicables (ou à peu près), comme on l'a vu plus haut, aux membranes connectives, ne le sont plus exactement aux membranes épithéliales. C'est qu'en effet, ici, un facteur- nouveau intervient, l'activité spéciale de la cellule épithéliale, qui modifie les phénomènes de filtration et d'osmose. Il semble y avoir une sorte d'action élective par laquelle certaines substances sont arrêtées au passage, tandis que d'autres traversent facilement les membranes épithéliales. Comme
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ces membranes forment une couche limitante à la périphérie de l'organisme, cette action élective a la plus grande influence sur l'introduction et lélimination des sujjstances qui se trouvent en contact avec l'épithélium, soit du côté de l'organisme, soit du côté du milieu extérieur.