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CHAPITRE TROISIEME

Le sang, ce milieu intérieur, comme l'appelle CI. Bernard, est le centre de tous les phénomènes de nutrition. En état de perpétuelle instabilité, il reçoit continuellement des principes nou- ^eaux soit de l'extérieur, soit des tissus, et leur en restitue d'autres en échange, et malgré ces mutations incessantes, il y a un tel équilibre, une telle corrélation entre les entrées et les sorties, que sa composition se maintient au même état avec une constance remarquable. Il est essentiel, pour bien comprendre les phénomènes de la nutrition, de les analyser d'une façon rigoureuse et d'étudier à part et en lui-même chacun des actes intimes qui la constituent, et celte élude est d'autant plus nécessaire qu'elle est en général négligée dans la plupart des ouvrages classiques, malgré son importance pour la médecine.

Les échanges entre le sang d'une part et les tissus et Texté-

Beaunis, Phys. 2[

rieur de l'autre portent sur des gaz, des liquides et des solides en dissolution, et pour que ces substances diverses puissent servir à ces échanges, il faut qu'elles soient susceptibles de traverser les membranes animales connectives et épithéliales et qu'elles satisfassent par conséquent à certaines conditions qui out été étudiées plus haut à propos de la physiologie de ces deux espèces de tissus.

a, — Actes intimes de la nutrition.

Si nous prenons d'abord les échanges entre le sang et l'extérieur, nous voyons que :

1» Le sang reçoit de l'extérieur (absorption) :

De l'oxygène: nbsorptiojt respiratoire :

Des substances dérivées des aliments et devenues assimilables par la digestion ; absorption digcstive :

Des produits de sécrétion versés dans les cavités du corps en communication avec 'l'extérieur, comme la cavité digestive, et qui sont repris par le sang; absorption sécrétoire.

2" Le sang élimine et renvoie à l'extérieur {élimination) :

De l'acide carbonique; exhalation respiratoire;

De l'eau et des principes solubles éliminés définitivement; excrétion;

De l'eau et des principes solubles destinés à être repris plus tard par le sang; sécrétion.

Si nous prenons maintenant les échanges du sang et des tissus, nous voyons que :

1" Le sang fournit aux tissus (tr ans sudation interstitielle) :

De l'oxygène ; exhalation gazeuse interstitielle ;

Des matériaux solubles et de l'eau ; transsudation interstitielle.

2" Le sang reçoit des tissus {résorption) :

De l'acide carbonique; résorption gazeuse interstitielle;

Des principes de déchet solubles; résorption interstitielle.

Le tableau suivant présente, d'une façon schématique, la série de ces différents actes et leur corrélation intime. On voit ainsi que leur ensemble constitue une sorte de 8 de chiffre dont le sang occupe le point de croisement et qu'il y a par conséquent une sorte de circulation croisée entre l'extérieur et les tissus,

M'TRITION.

circulation dont le sang forme le centre ; cette circulation otFre deux courants sanguifuges, l'un vers l'extérieur, l'autre vers les tissus, et deux courants sanguipèles, l'un venant des tissus, l'autre de l'extérieur.

îxtérieur.

Absorption respiratoire.

ibsorptiOD digeslire.

Absorption sécrétoire.

Eihalalion respiratoire.

Eicrétion.

Sécrétion.

Sang.

Résorption gazense.

Résorption interstitielle.

Eiiialation iulerstitielle.

TranssuiJation interstitielle.

Tissus.

Ces quatre actes fondamentaux, comprenant dix actes secondaires, sont les éléments essentiels de la nutrition. L'étude isolée de ces divers actes est donc nécessaire et doit précéder l'étude de la nutrition générale ; mais il y a là une très-grande difficulté. En effet, l'absorption gazeuse d'oxygène et l'élimination d'acide carbonique s'accomplissent par la môme membrane et par leur réunion constituent la fonction respiratoire, et quelle que soit leur indépendance, il est presque impossible de les isoler l'une de l'autre pour les étudier à part. Le même organe, le tube digestif, sert à l'absorption alimentaire, à la sécrétion, à l'excrétion, à l'absorption sécrétoire, etc., et les exemples de cette multiplicité de fonctionnements pourraient être multipliés. On peut cependant, malgré ces difficultés, arriver, en les analysant, à des notions précises sur le mécanisme de ces actes intimes de la nutrition.

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