AIR EXPIRÉ
L'air expiré a la composition suivante que je rapproche de celle de l'air inspiré :
Air expiré. Air inspiré.
Oxygène 15,4 20,8
Azote 79,3 79,2
Acide carbonique . . 4,3 »
Il se distingue donc par les caractères suivants de l'air inspiré :
r 11 contient moins d'oxygène;
2" 11 contient plus d'acide carbonique; la présence de cet acide carbonique dans l'air expiré se démontre d'une façon trèssimple; il suffît de souffler par un tube dans de l'eau de chaux ou de baryte; l'eau se trouble immédiatement par formation d'un carbonate insoluble qui se précipite;
3" Il contient un peu plus d'azote;
4° Il est saturé de vapeur d'eau qui provient des muqueuses pulmonaire et bronchique. Aussi quand cet air expiré arrive dans un air extérieur à température basse comme en hiver, la vapeur d'eau se précipite-t-elle sous forme d'un nuage de vapeur vésiculaire.
Gréliant a indiqué un procédé pour déterminer l'état hygrométrique de l'air expiré. On remplit d'eau à -h 38" un cube de Leslie qui offre
une face argentée et contient un thermomètre voisin de la paroi brillante; on agite légèrement le cube dont l'eau se refroidit peu à peu; on souffle alors obliquement sur la paroi argentée, et il arrive un moment où un dépôt de rosée se forme sur cette surface; pour éviter le refroidissement du courant d'air expiré et de la surface argentée, l'expiration se fait par un tube ûxé dans une cloche appliquée sur le cube de Leslie et entourée d'ouate. Dès qu'il se forme un dépôt de rosée persistant, on note îa température du thermomètre. On constate ainsi que l'air expiré est sensiblement saturé de vapeur d'eau.
L'air expiré contient en outre de i^etites quantités d'ammoniaque, qu'on a supposé provenir de la décomposition de substances dans la cavité buccale, mais qui, d'après Lossen, se retrouveraient dans l'air de la trachée; en 24 heures on en exhalerait O'^OlOi. On y a constaté aussi des traces d'hydrogène carboné et sulfuré passés de l'intestin dans le sang, de substances volatiles, alcool, camphre, etc. La présence du chlorure de sodium , du chlorhydrate d'ammoniaque , de l'acide urique , des urates de soude et d'ammoniaque, signalés par Wiederhold, est plus que douteuse.
La température de l'air expiré est à peu près constante, de -\- 36" environ; il y a cependant de légères différences suivant la température extérieure; ces ditférences peuvent atteindre 1 degré entre l'été et l'hiver. (Valentin.)
Le volume de l'air expiré est à peu près égal au volume de l'air inspiré, mais s'il en est ainsi, c'est à cause de la dilatation de l'air expiré due à l'augmentation de température et à la vapeur d'eau. En réahté, si on suppose les deux airs réduits à la même température et desséchés, le volume de l'air expiré est un peu moindre que celui de l'air inspiré, comme 99 : 100. Ceci tient à ce fait, déjà reconnu par Lavoisier, que dans la respiration il disparaît plus d'oxygène qu'il n'en revient sous forme d'acide carboni({ue.