‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 4)Chapitre 148 sur 296 · A. — ABSORPTION D'OXYGÈNE · texte numérisé non relu

A. — ABSORPTION D'OXYGÈNE

Chaque inspiration d'un demi-litre fait pénétrer dans les poumons 100 centimètres cubes d'oxygène qui, par la diffusion, pénètrent peu à peu jusque dans les parties profondes des bronches et dans les vésicules. Cette diffusion se fait assez rapidement pour que 34 centimètres cubes ou un tiers seulement de l'oxygène introduit soient éliminés avec l'air expiré; deux tiers, ou 66 centimètres cubes d'oxygène, restent dans les poumons, et une fois dans les vésicules, cet oxygène se trouve en contact avec la muqueuse et les capillaires sanguins. Nous absorbons ainsi en 24 heures 516,500 centimètres cubes (à 0° et 760 mill. de pression) équivalant à 744 grammes d'oxygène.

Deux conditions interviennent dans l'absorption de l'oxygèjie, l'alTmité chimique et la pression. C'est par l'afîinité chimique que l'hémoglobine des globules rouges s'empare de l'oxygène au fur et à mesure que cet oxygène est absorbé par le plasma sanguin; mais cette absorption par le plasma est elle-même sous l'influence des lois physiques; il est probable, en effet, que l'oxygène, pour arriver aux globules rouges, doit d'abord se dissoudre dans le plasma sanguin, et si ce plasma ne dégage que des traces d'oxygène par le vide, c'est que les globules le débarrassent rapidement de l'oxygène absorbé. La pression joue donc ici un rôle

442 PHYSIOLOGIE FO>'CTIO>'XELLE.

essentiel, et le tableau suivant, qui donne les pressions de l'oxygène dans Fair des vésicules et dans le sang, indique sous quelle pression se fait l'absorption de ce gaz par le sang dans les divers actes respiratoires.

TENSION DE l'oXTGÈNE

dan

5 les capillaires

dans rair

Dififérence

es poumons.

des vésicules.

Inspiration calme . .

44 mill.

129 mill.

85 mill.

Inspiration profonde .

Expiration calme . .

Expiration profonde.

On voit par ce tableau que l'absorption de l'oxygène se fait dans l'inspiration comme dans l'expiration, mais plus faiblement dans cette dernière. Il faut cependant remarquer que, dans ce tableau, la pression de Foxygène dans les capillaires a été supposée la même dans l'inspiration et dans l'expiration (voir: Circulation). L'affinité des globules rouges pour l'oxygène explique comment il se fait qu'on puisse continuer à respirer dans une atmosphère très-raréfiée, et comment, lorsqu'on fait respirer un animal dans un espace clos, l'oxygène finit par disparaître, même quand cet espace clos était primitivement rempli d'oxygène pur.

L'absorption d'oxygène augmente par le mouvement ; Hirn a trouvé les chiffres suivants pour les quantités d'oxygène absorbées par heure dans le repos et dans le mouvement :

Homme . . .

Homme . . .

Homme . . .

Homme . . .

Femme . . .

Le froid augmente aussi l'absorption d'oxygène.

B. — ELIMIXATIOX D'ACIDE CARBOMQUE.

Une expiration d'un demi-litre renvoie 21,5 centimètres cubes d'acide carbonique êiiviron , ce qui donne pour 24 heures 'i 55,500 centimètres cubes ou 900 grammes d'acide carbonique.

L'élimination de Facide carbonique du sang par la surface pulmonaire se fait, pour la plus grande partie, en vertu des lois

Age.

aids du corps.

Repos.

Mouvement

42 ans

G3 kilogr.

physiques de la diffusion, et la pression réciproque de l'acide carbonique dans le sang et dans l'air des vésicules pulmonaires joue le principal rôle. Le tableau suivant donne ces tensions:

TENSION DE l'acide CARBONiorE Différence

dans le sang dans 1 air tension,

des capillaires. des vésicules.

Inspiration calme. . . 82 mill. 30 miH. 52 mill.

Inspiration profonde . 82 — 7 — 75 —

Expiration calme. . . 82 — 38 — 44 —

Expiration profonde. . 82 — G7 — 1.5 —

L'élimination de l'acide carbonique se fait donc principalement au moment de l'inspiration, et plus la pression de l'acide carbonique. extérieur diminuera, plus l'élimination sera rapide. C'est à quoi on arrive par des inspirations profondes qui, produisant une énergi(|ue ventilation, chassent l'air vicié des vésicules et le remplacent par de l'air pur presque dépourvu d'acide carbonique. Quand, au contraire, la ventilation pulmonaire s'arrête, l'acide carbonique s'accumule dans les poumons, sa pression augmente dans les vésicules pulmonaires, et il peut même arriver un point où, sa pression équilibrant celle de l'acide carbonique du sang, ce dernier n'est plus éliminé. On peut même artificiellement, en faisant respirer un animal dans une atmosphère d'oxygène contenant 30 p. 100 d'acide carbonique, voir une absorption d'acide carbonique par le sang, la pression de l'acide carbonique dans les vésicules dépassant alors celle de l'acide carbonique du sang.

Le dégagement de l'acide carbonique dans la respiration a-t-il lieu uniquement sous l'influence de l'excès de pression ou bien intervient-il d'autres conditions? Des recherches récentes tendent à prouver que l'oxygène n'est pas sans influence sur ce phénomène. Si on agite du sang avec de l'oxygène, il dégage plus d'acide carbonique que si on l'agite dans le vide ou avec un autre gaz. L'acide carbonitjue ainsi éliminé est probablement celui qui se trouve fixé dans les globules rouges (Mathieu et Urbain) et qui se trouve déplacé par l'oxygène. On a admis aussi dans le tissu même du poumon un corps [acide pneumique (?) deRobin et Yerdeil, taurine i?)] qui chasserait l'acide carbonique.

A. Influence des mouvements RESPmATomES sur l'élimination DE l'acide CARBONIQUE. — Cette influence a été surtout étudiée par Vierordt, auquel sont empruntés les tableaux suivants

Nombre

de respirations

par minute.

Quantité d'air

expiré

en centimètres cubes.

Quantité d

carbonique

en cent, ci

444 PHYSIOLOGIE FOXCTIO>\\ELLE.

1" Nombre des respirations. — Si on augmente le nombre des respirations en leur conservant la môme profondeur (un demi-litre environ), la quantité absolue d'acide carbonique exhalé s accroît, mais pas dans la même proportion que le nombre des respirations.

le Acide carbonique iré pour 100 volumes d'air expiré.

2*^ Profondeur de la respiration. — Si l'on augmente la profondeur des respirations, à fréquence égale (12 par minute), la quantité absolue d'acide carbonique augmente, mais pas dans la même proportion que la profondeur.

Quantité d'air expiré Acide carbonique expiré Acide carbonique

en centimètres cubes. en centimètres cubes. pr lOO volumes d'air expiré.

1,000 36 ZS

3° Durée de la pause expiratoire. — Quand les respirations s'arrêtent pendant un certain temps, l'air des poumons se charge de plus en plus d'acide carbonique. Cette augmentation d'acide carbonique est d'abord rapide, puis plus lente, et varie en outre suivant la profondeur des respirations. Dans la première série, A. la quantité de l'air expiré était de 1,800 centimètres cubes, dans la seconde, B, de 3,600 centimètres cubes.

A — Air expiré = 1800 c. cubes. B — Air expiré zr 3600 c cubes. Durée de l'arrêt

de la respiration en secondes.

Quantité c

l'acide carbonique expiré

:iantité d

'acide carbonique expiré

en cent, cubes.

en cent, cub^

es.

RESPIRATIOX.

4iO

B. Influence de l'âge et du sexe. — L'exhalation d'acide carbonique parait augmenter jusqu'à 30 ans et diminuerait ensuite. Le tableau suivant, d'Andral et Gavarret, donne la quantité dacide carbonique exhalé en 24 heures pour diCférents âges :

Age.

8 ans . . .

18 à 20 ans

Quantitéfd'acide carbonique exhalé en grammes.

D'une façon générale, l'élimination d'acide carbonique est plus considérable chez l'homme que chez la femme. La différence serait surtout marquée à l'époque de la puberté où elle serait presque du double. (Andral et Gavarret.) Le tableau suivant de Scharling fait saisir ces différences, en même temps que celles dues à ràae :

ACIDE CARBOXIOIE ELIMINE PAR HETRE.

Sexe.

Age.

ir-oias en

au corps kilogr.

Quantité absolue.

P du

ir P

kilogramme oids du corps

Masculin. .

. 35 ans

Page 1