ABSORPTIONS LOCALES
Les conditions générales de l'absorption ont été étudiées page 323, et la part des membranes connectives et des épithéliums
dans ce phénomène a été indiquée dans les chapitres spéciaux consacrés à ces deux tissus (pages 231 et 243). Ici il ne s'agira que des absorptions locales, et comme les plus importantes au point de vue physiologique ont été étudiées dans les chapitres de la digestion (voir : Absorption alimentaire et Absorption sécrétoire) et de la respiration, il suffira de quelques mots pour les passer en revue.
1° Absorption cutanée. — Il faut distinguer dans la question de l'absorption cutanée, l'absorption des gaz, celle des liquides et celle des solides.
L'absorption des gaz et des substances volatiles par la peau est incontestable. On peut empoisonner un animal en le plongeant jusqu'au cou dans une atmosphère d'hydrogène sulfuré, et en prenant soin que le gaz ne puisse pénétrer par les voies pulmonaires. Bichat avait déjà sur lui-même observé l'absorption de gaz putrides par la peau. Carpenter, dans sa Physiologie, cite des augmentations de poids constatées sur des jockeys soumis à l'entraînement après un séjour dans une atmosphère saturée d'humidité. La voie d'absorption ,des gaz par la peau est encore incertaine (surface épidermique, glandes sudoripares?).
L'absorption des liquides et des substances dissoutes est beaucoup plus controversée. Pour l'eau et les solutions aqueuses, deux causes principales s'opposent à l'absorption : 1° la matière sébacée qui recouvre la peau, empêche l'eau de pénétrer dans l'épaisseur de l'épiderme; ainsi, dans un bain, voit-on les gouttes d'eau glisser sur la peau sans la mouiller, comme sur un vernis, si on n'a pas préalablement enlevé cette couche sébacée; 2° l'imbibition de l'épiderme se fait avec une très-grande lenteur, même sur les parties dépourvues de glandes sébacées (paume des mains, plante des pieds, etc.), et cette imbibition est la première condition de l'absorption. Aussi, l'absorption de l'eau et des substances dissoutes dans l'eau ne se fait -elle qu'en très -petite quantité et seulement par les régions dépourvues de matière sébacée, à moins que des lavages réitérés, des solutions alcalines, ou des dissolvants appropriés (alcool, éther, chloroforme), n'aient enlevé cette matière grasse ou qu'elle n'ait disparu avec la couche épidermique superficielle, à l'aide de frictions énergiques. Les recherches de Parisot, Deschamps, Delore, Oré, et de beaucoup d'autres expérimentateurs, prouvent qu'il ne faut pas compter d'une façon réguUère sur l'absorption des substances contenues dans les bains