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DESASSIIVIILATION

La désassimilation porte sur tous les tissus et tous les organes, mais tous n'y prennent pas une part aussi active les uns que les autres. Dans cette désassimilation, les divers groupes de principes immédiats de l'organisme, albuminoïdes, hydrocarbonés,

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graisses, sels, participent à cette usure, à cette décomposition qui est une des conditions de la vie; mais il est diflicile de dire, en présence d'un produit de désassimilation , si ce produit dérive de tel groupe ou de tel autre; il n'y a que pour les principes azotés et pour certains sels que la provenance ne peut être douteuse; mais pour les principes non azotés, il n'en est plus de même, car ils peuvent être fournis indistinctement par la décomposition des graisses, des hydrocarbonés ou des albuminoïdes. Aussi nous contenterons-nous de classer ces produits en produits azotés, produits non azotés et sels, quitte à rechercher pour chacun d'eux son origine et son mode de formation.

1° Produits de désassimilation azotés.

A. Matières colorantes. — 1" 3Iaiiè?^es colorantes biliaires. — La bilirubine, C*''H'*'Az"-0\ paraît provenir d'une décomposition de Thémoglobine des globules rouges. Ce qui le prouve d'abord, c'est son identité, à peu près sinon tout à fait absolue, avec l'hématoïdine qui se rencontre dans les extravasations sanguines et dont l'origine de la matière colorante du sang ne peut être mise en doute. En outre, tout ce qui amène la destruction de l'hémoglobine du sang fait apparaître dans l'urine la matière colorante biliaire (injection de bile décolorée dans le sang, injection d'acides biliaires; on sait que les acides biliaires ont la propriété de détruire les globules sanguins). L'injection d'eau dans le sang produirait le môme effet; pourtant le fait n'a pas été confirmé par Kaunyn et Steiner. Cependant, jusqu'ici on n'a pu obtenir artificiellement cette transformation d'hémoglobine eu bilirubine en dehors de l'organisme.

Quant au lieu de cette transformation dans l'organisme, deux opinions sont en présence: les uns admettent qu'elle a lieu dans le foie, les autres dans le sang.

La formation dans le foie paraît plus probable. En effet, on trouve cette matière colorante dans l'intérieur des cellules hépatiques, et on trouve dans le foie lui-même et dans les cellules hépatiques les conditions nécessaires à la destruction de l'hémoglobine, c'est-à-dire la présence des acides biliaires. Une seule difficulté existe, celle desavoir ce que devient le fer mis en liberté dans la transformation de l'hémoglobine en bilirubine. On ne trouve, en effet, ni dans la bile, ni dans le sang des veines sus-hépatiques, l'équivalent du fer disparu. Ce fer est-il employé à la formation nouvelle de globules sanguins, formation qui, comme on l'a vu plus haut, est très-probablement une des fonctions du foie?

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L'origine liématogène de la bilirubine est plus controversée, et les expériences pour décider cette question sont très-contradictoires. D'après quelques auteurs, l'hémoglobine, une fois passée des globules dans le sérum sanguin, se transformerait immédiatement en bilirubine; cependant >'auuyn, en injectant dans le tissu cellulaire sous-cutané ou dans le sang une solution d'hémoglobine, n'a pas retrouvé la bilirubine dans l'urine et n'a pu y constater que la présence de la matière colorante du sang. Il est vrai que Tarchanoff, dans des expériences récentes, est arrivé à des résultats opposés.

L'opinion de Frerichs, qui faisait provenir la bilirubine d'une transformation des acides biliaires, ne peut plus se soutenir aujourd'hui. Un fait à mentionner, quoique sa signiGcafion théorique ne puisse encore être déterminée, c'est que, dans les cas de bile incolore, on constate la présence des acides biliaires. iRitter.)

La hiliverdine, C"'H-"A2"-0', n'est qu'un produit d'oxydation de la bilirubine.

2^^ Matières colorantes de Vurine. — Ces matières colorantes sont l'urobiline et l'indican.

Vurobiline, C^-H'^Az^O', ou hydrobilirubine, est un produit de transformation de la birilubine. R. Maly a transformé arliflciellement la bilirubine en urobiline par l'action de l'hydrogène à l'état naissant :

2C'«H'Uz-0' 4- H- + H-0 = C^-H'OAz'O".

Cette transformation a lieu dans Tintestin; l'urobiline ainsi formée est résorbée, passe dans le sang dans le sérum duquel on peut la reconnaître par l'analyse spectrale, et de là dans l'urine.

L'indican, C-*^H^'AzO'', om uroxanthine, ne provient pas de la matière colorante du sang, comme on l'avait d'abord supposé; mais il provient de l'indol, C^H'Az, que nous avons vu se former dans l'intestin sous l'influence du suc pancréatique. En effet, Jatfé a vu l'indican apparaître dans l'urine à la sui(e d'injections sous-cutanées d'indol. L'indol est donc résorbé dans l'inteslin et transformé en indican en s'unissant probablement à une substance du groupe des sucres.

Il est possible que l'indican provienne aussi, pour une certaine quantité, des substances aromatiques. Kletzinsky a constaté l'apparition de l'indican dans les urines après l'ingestion d'essences d'amandes amères et de créosote.

Enfln Vuroértjthrine, qu'on trouve quelquefois dans les urines et surtout dans les sédiments urinaires auxquels elle donne leur couleur rouge, parait provenir de la matière colorante du sang.

B. Acides biliaires. — Les acides biliaires sont probablement formés par l'union d'un acide non azoté, l'acide cholalique, C-^H'"'0% avec

deux substances azotées, la glycocollo, C"-II"AzO-. et la taurine, C"-irAzSO\ comme l'indiquent les équations suivantes :

C24H''fO^ -f- Cm'kzO- = G"-«H^-^AzO« -4- H-0

Acide GlycocoUe. Acide

cholaUque. glycocholique.

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