PRODUCTION DE TRAVAIL MÉCANIQUE
Le travail mécanique est produit dans l'organisme par les muscles, qui constituent les organes actifs du mouvement. Les conditions générales de la contraction musculaire ont déjà été étudiées dans la Physiologie générale ; il ne s'agira donc ici que des muscles considérés comme moteurs mécaniques et des effets qu'ils produisent, comme forces motrices, par leur application aux parties mobiles du corps et en particulier aux diverses pièces du squelette qui constituent les organes passifs du mouvement. La mécanique animale n'a pas, en réahté. d'autres lois que la mécanique ordinaire, seulement la complexité des organes actifs ou passifs qui entrent en jeu dans un acte déterminé rend trèsdifEcile le calcul des puissances et des résistances, et exphque
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pourquoi, malgré les remarquaLles travaux des frères Weber, d'Helmhoitz, de Marey, de Giraud-Teulon, et de quelques autres physiologistes, la théorie mathématique des mouvements dans l'organisme animal reste encore à faire. Ainsi, pourne citer qu'un exemple, il est bien démontré aujourd'hui que les surfaces articulaires n'appartiennent jamais à des courbures parfaitement déterminées et mathématiquement calculables ; elles ne sont qu'approximativement sphériques, cylindriques, hélicoïdes, etc., et il est par conséquent à peu près impossible de les faire rentrer dans une formule générale.
Les puissances musculaires s'apphquent non-seulement sur les leviers solides constitués par les os pour produire les mouvements partiels ou totaux du corps, mais ils s'appliquent encore soit sur des liquides, comme dans la circulation du sang, soit sur des masses gazeuses, comme dans la ventilation pulmonaire, de sorte que la môme puissance, la contraction musculaire, détermine des effets très-différents suivant la disposition de l'appareil sur lequel la puissance est appliquée.
L'organisme humain est composé en grande partie d'organes et de tissus mous, peu résistants, incapables par eux-mêmes de maintenir la forme du corps contre les puissances extérieures et en particuher contre la pesanteur. Cette rigidité, cette persistance de la forme, indispensables aux diverses manifestations de l'activité vitale, le corps les doit aux os dont l'ensemble constitue le squelette. Ces os sont articulés entre eux de façon à permettre des déplacements partiels où totaux de l'organisme (mouvements partiels des membres, mouvements de locomotion, etc.), sans que la résistance et la soUdité du tout soient compromises.
La mécanique du squelette et la mécanique articulaire sont donc essentielles à connaître quand on veut étudier le mécanisme de la station et de la locomotion. Mais la physiologie des os et des articulations est si intimement liée à l'anatomie de ces organes qu'il est impossible de les étudier à part, et cette étude est faite dans les traités d'anatomie auxquels je renvoie, tant pour la physiologie générale des articulations que pour celle des diverses
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articulations prises en particulier. (Voir : Beaunis et Bouchard, Anatomie, 2* édition, page 128.)