EXCRÉTION URINAIRE
L'urine, sécrétée continuellement par les reins, arrive dans l'uretère et, sous l'influence de la vis à tergo, autrement dit de la pression de sécrétion, coule des uretères dans la vessie, qui se laisse dilater peu à peu. Si sur un animal on ouvre la vessie
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pour mettre à nu les orifices des uretères, si on les examine chez l'homme dans les cas d'exstrophie vésicale, où cette paroi de la vessie est à nu, on voit que l'urine s'écoule goutte par goutte à intervalles réguliers (trois quarts de minute environ). La contractiUté de l'uretère aide cette progression de l'urine, surtout quand la vessie déjà distendue tend à accoler les parois de l'uretère au moment de son passage oblique à travers les parois vésicales. Les contractions de l'uretère se propagent, de haut en bas, avec une vitesse de 20 à 30 millimètres par seconde et, d'après Engclmann, seraient tout à fait indépendantes du système nerveux.
La vessie se dilate peu à peu, à mesure que l'urine arrive par les uretères, tout en conservant sa forme globuleuse. Cette dilatation a pour conditions l'occlusion des orifices des uretères et l'occlusion de l'orifice uréthral. L'occlusion des orifices des uretères est due à l'accotement pur et simple de leurs parois au moment où ces conduits traversent obliquement la paroi vésicale. Le mode d'occlusion du côté de l'urèthre a été très-controversé. Tant que la pression de l'urine dans là vessie ne dépasse pas une certaine limite, cette occlusion est involontaire et inconsciente. Son siège est dans la région prostatique ; c'est là que se trouve l'obstacle à la sortie de l'urine et non, comme on l'a cru, dans la région membraneuse. En effet, si, sur le cadavre, on introduit une sonde dans l'urèthre. tant que la sonde est dans la partie membraneuse il n'y a pas d'écoulement d'urine; elle s'écoule dès que la^sonde arrive dans la partie prostatique; et. du reste, l'expérience chirurgicale montre que l'urine est conservée dans la vessie après l'incision de la partie membraneuse dans l'uréthrotomie externe. L'incision de la prostate, au contraire, est suivie d'une incontinence d'urine. Cette occlusion ne peut, par conséquent, être due aux fibres circulaires de l'orifice uréthral de la vessie, au prétendu sphincter vésical.
Quel est maintenant l'agent de cette occlusion prostatique? Deux conditions entrent enjeu : l'élasticité de la prostate, d'abord, et c'est elle qui maintient l'urine dans la vessie après la mort et qui s'oppose même à sa sortie quand on presse sur cet organe; puis, en seconde ligne, les fibres musculaires de cette région qui constituent un véritable sphincter. Chez la femme, où la prostate n'existe pas, c'est ce sphuicter qui, seul avec le tissu élastique péri-uréthral, s'oppose à la sortie de l'urine; aussi fautil une pression bien moindre pour en amener l'expulsion.
Pendant son séjour dans la vessie, l'urine subirait certaines modifications sur lesquelles les auteurs sont loin de s'accorder; suivant les uns, elle deviendrait plus concentrée (Kaupp); suivant d'autres, au contraire, elle absorberait de l'eau et perdrait un peu d'urée qui serait reprise par le sang (Treskin). D'après Edlefsen, l'urine, à mesure de son arrivée dans la vessie, se répartirait par couches de densité croissante en allant de haut en bas et, par conséquent, les parties émises les premières dans la miction seraient les plus denses.
Quand la vessie a acquis un certain degré de distension, ses nerfs sensitifs sont excités, et il se produit par action réflexe des contractions des fibres musculaires vésicales {detrusor iirinse) qui chassent quelques gouttes d'urine dans la partie prostatique de l'urèthre; nous éprouvons alors une sensation particulière : le besoin d'uriner, auquel nous pouvons céder ou contre lequel nous pouvons lutter. Dans ce dernier cas, les fibres striées de l'urèthre (sphincter volontaire des parties prostatique et membraneuse) se contractent et refoulent l'urine dans la vessie. Puis, au bout de quelque temps, les mêmes phénomènes se reproduisent et le besoin d'uriner reparait avec plus de violence. Lorsqu'enfin nous cédons à ce besoin, la miction se produit par le mécanisme suivant : Les fibres musculaires de la vessie se contractent, en même temps que le sphincter volontaire se relâche, et chassent peu à peu l'urine dans l'urèthre. Kiiss admet au début de la miction un léger effort, avec occlusion de la glotte ; alors la contraction seule de la vessie suffit pour expulser l'urine ; puis, à la fin de la miction, un nouvel effort est nécessaire pour chasser les dernières gouttes qui se trouvent dans la partie uréthrale de la vessie. Celle-ci prendrait alors sous la pression des viscères abdominaux la forme d'une cupule à concavité supérieure , comme on le voit dans la figure 131. Cependant, chez les animaux, la vessie peut se vider complètement sous l'influence de la galvanisation, sans l'intervention des muscles abdominaux. La contraction
Fig. 131
miction. (Kûss.)
Fig. 13 J. — 1, contour de la vessie distendue par l'urine; par leur propre conlractiou, ses parois prennent successivement les positions 2, 3, 4, 5; puis la poussée des viscères abdominaux les refoule dans la position 6.
des fibres circulaires de l'urètlire et du bulbo-caverneux achève l'expulsion de la colonne d'urine qui se trouve dans l'urèlhre après la vacuité de la vessie.
Innervation — Le centre nerveux de la miction se trouve dans la moelle lombaire. (Gollz.)
a. — Circulation sanguine.
J-ig. 13.!. — Schéma de l'appareil vasculaire.
Le sang est contenu dans un système de canaux élastiques dont l'ensemble forme un tout continu et constitue l'appareil vasculdire. Cet appareil, dont il a déjà été donné une idée générale {voir page 81), est disposé de la façon suivante chez l'homme et les animaux supérieurs (fig. 132) :
L'aorte (a) , partie du ventricule gauche, va se ramifier (artères) et fournir les capillaires de tous les organes (c), à l'exception de ceux des vésicules pulmonaires; ces capillaires, appelés aussi capillaires généraux, donnent naissance à des veines [vc] qui finissent par se réunir en deux gros troncs (veines caves supérieure et inférieure) qui s'ouvrent dans l'oreillette droite; de l'oreillette droite le sang passe dans le ventricule droit et de là dans l'artère pulmonaire
(ap), par laquelle il arrive aux capillaires du poumon (P) ; à ces capillaires font suite des veines {vp) constituant quatre troncs (veines pulmonaires) qui s'ouvrent dans l'oreillette gauche, et la communication de cette oreillette gauche avec le ventricule gauche complète le circuit vasculaire. La partie du circuit qui va du ventricule gauche à l'oreillette droite constitue l'appareil de la grande circulation; celle qui va du ventricule droit à l'oreillette gauche, l'appareil de la petite circulation ou circulation pulmonaire ; les cavités gauches du cœur, les veines pulmonaires et l'aorte et ses branches (artères) contiennent du sang rouge ; les veines, les cavités droites du cœur et l'artère pulmonaire contiennent du sang veineux.
Le sang remplit l'appareil vasculaire de manière à distendre les parois des vaisseaux, autrement dit les vaisseaux contiennent plus de sang qu'il n'en faut pour leur calibre normal, pour leur forme naturelle ; le sang se trouve donc, grâce à la force élastique de la paroi vasculaire, sous un état de tension permanente, tension sujette à varier, du reste, avec les variations du calibre total du système vasculaire.
Le sang n'est pas immobile dans les vaisseaux; il y circule, c'est-à-dire qu'il^s'y meut et toujours dans le même sens, de façon qu'une molécule sanguine prise en un point quelconque de l'appareil vasculaire revient, au bout d'un certain temps, à son point de départ. La découverte de la circulation a été faite, en 1628, par Harvey.
La circulation du sang se fait d'après les mômes lois que le mouvement de tous les liquides ; la cause de ce mouvement n'est autre que la ditférence de pression du sang. dans les divers segments du circuit vasculaire, et si le cœur peut être considéré comme l'organe principal de la circulation, c'est que son rôle essentiel est précisément de maintenir celte inégaUté de pression.