‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 4)Chapitre 193 sur 296 · GG · texte numérisé non relu

GG

levée par la pulsation arlérielle. Le tracé siiiscril sur une bande de papier mise en niouveraent par un mécanisme d'iioriogcric.

Fig. 155. — Spbygmogiaiilie de Longuet.

Meurisse vient de déciiie. tout réctmnienl, un nouveau sphygmographe. (Société de bioIu.^MC, '.'I novembre cl 19 décembre 1875.)

3° Sphygmographe a mhiouî de Czeilmak. — Czcrmak met en contact avec Tarière la petite extrémité d'un miroir mobile autour d'un axe horizontal ; un rayon de lumière, rélléchi par rexlrémilé opposée du miroir, trace sur un écran eu sur un papier photographique, les mou-

Fig. I5o. — A, tige verti.-ale dont la (ila'|iip teiniinale s'aiipliquc sur i'aili'ie. — B, axe mobile autour du<|uel s'enioule un fil porté par la poti-uce £ qui suinionl<> la lii;;e A. — VA], r. ssorts destinés à empêcher la plaqu-» df (juitler l'ar'ère. — U, pied de linstrinnoni. — N.\, supports mobiles entre !e.-quel« se plaie lavant-bras. — G, plume ('crivante adaptée à la roue H. — F, axe mobile de la loiie M. — M, nucanisme d boilogerie. — K, bouton perm. llanl de faire varier la hauteur de l'appareil.

vements de cette extrémité et par conséquent le graphique de la pulsation artérielle.

4" Sphygmographe électrique de Czermak. — Pour mesurer exactement la durée de la systole et de la diastole artérielles, Czermak a adapté, soit au sphyg-momètre d'Hérisson perfectionné, soit aux appareils de Yierordt et de Marey, des dispositions (fermeture et interruption du courant), qui permettent d'enregistrer, avec exactitude, chacune de ces phases. i(]zermak, Mittheilungen ans dem Physiol. Privatlahoi-atorium, 1864).

5° Sphygmographe a gaz de Landois. — Les pulsations de l'artère se transmettent au gaz renfermé dans un appareil et qu'on allume à sa sortie et, comme dans l'appareil de Kœnig (voir page 600), les variations de la flamme sont isochrones aux battements du pouls.

Quand le sang a été chassé par le yentricule gauche dans l'aorte, il a dû surmonter la pression du sang dans ce vaisseau. Il se passe alors deux phénomènes dans l'aorte : T un refoulement de la masse sanguine qu'elle contenait dans la direction des capillaires : 2° une dilatation de sa cavité, dilatation qui s'arrête dès que la force élastique de ses parois contre-balance la pression sanguine. Dès que le ventricule a cessé de se contracter, la pression sanguine diminue et la force élastique des parois aortiques, étant supérieure, réagit sur le liquide et tend à le refouler, d'une part dans la direction des capillaires, de l'autre dans le ventricule. Mais de ce côté le reflux est empêché par la présence des valvules sigmoïdes; ces valvules, loin d'être tout à fait accolées à la paroi aortique, en sont écartées par une certaine quantité de sang qui existe entre eUes et les sinus de Valsalva ; dès que le ventricule a cessé de se contracter, la pression du sang agit sur leur face artérieUe, tandis que la pression sur leur face ventriculaire est réduite à G ; elles s'abaissent immédiatement et, par l'accolenient de leurs bords libres et des nodules d'Aranzi, ferment hermétiquement l'orifice aortique. La masse sanguine se trouve ainsi poussée dans la direction des capillaires et dilate le segment suivant de l'aorte et ainsi de suite, La transmission de ces dilatations successives, ou autrement dit de l'ondulation positive {forma materiœ progrediens), se fait avec une vitesse de 9"", 240 millimètres par seconde, et ne doit pas être confondue avec le mouvement de progression de la masse liquide {materia progrediens), dont la vitesse est incomparablement moindre (voir : Yitesse du sang).

D'après Weber et Czermak, la vitesse de transmission de l'ondulation sanguine n'est pas uniforme dans tous les segments de l'arbre artériel; elle diminue progressivement du centre à la périphérie; elle augmente avec la résistance et l'épaisseur des parois artérielles. Quand on connaît la vitesse de l'ondulation, il est facile de connaître sa longueur; en effet, le début de l'ondulation a lieu dans l'aorte avec le début de la systole, la fin avec la fin de la systole; sa durée doit donc égaler la durée de la svstole, soit un tiers de seconde; elle aura donc une longueur de 9"° ,240 : 3 = 3,080 millimètres, c'est-à-dire une longueur telle que, dans l'intervalle de deux systoles, il ne peut se former plus d'une onde dans les artères. Une partie de cette ondulation se réfléchit probablement contre les capillaires et les bifurcations artérielles et parcourt les artères en sens inverse (voir : Pouls dicroie).

L'aorte présente donc deux états comparables jusqu'à un certain point à la diastole et à la systole du cœur ; il y a en effet une diastole artérielle isochrone à*la systole ventriculaire et à laquelle succède une systole artérielle isochrone à la diastole Yentriculaire ; mais cette systole, au lieu d'être due à la contractilité musculaire comme celle du ventricule, n'est qu'une rétraction élastique. Chaque segment de l'arbre artériel présente donc tour à tour ces deux périodes alternatives, diastole artérielle, systole artérielle.

Pouls. — Le pouls est constitué par la diastole artérielle. Dans les artères les plus rapprochées du cœur, cette diastole est. comme on l'a vu plus haut, isochrone à la systole ventriculaire ; mais à mesure qu'on s'éloigne du cœur il y a un léger retard sur cette diastole; retard dû au temps nécessaire pour la transmission de l'ondulation (Buisson). D'après les recherches de Czermak, voici le retard que le pouls des artères suivantes a sur le cœ'ur.

Secondes.

Carotide 0,087

Radiale 0,159

Pédieuse 0,193

Marey et Czermak ont constaté un léger retard de la diastole aortique sur le choc du cœur; c'est qu'en efîet le choc du cœur correspond au début de la systole ventriculaire et le maximum de diastole aortique à la fin de cette systole.

Les phénomènes qui se constatent dans une artère au moment de sa diastole ou du pouls sont les suivants :

C72 rHYSI(jL0(3[E F O.XCTI O.X MiLLE.

1° L'arlcre se dilate. Celte dilatalion se fait dans les deux sens, en longueur et en largeur. L'élargissement de l'artère se constate directement par la vue et le loucher: il peut être mesuré si on entoure l'artère dun manchon rigide rempli d'eau et surmonté d'un tube manométrique ; les oscillations du liquide indiquent les dilatations de l'artère (Poiseuillcj. L'allongement de l'artère est la cause des flexuosilés qui se remarquent sur certaines artères du corps. •

2° La pression sanguine augmente dans l'artère et cette augmentation se traduit par une sensation de dureté et par la résistance que l'artère oppose au doigt qui la comprime.

3° Le sang augmente de vitesse dans l'artère.

Caractères du pouls. — Les caractères de la pulsation artérielle peuvent être facilement étudiés sur les graphiques obtenus avec le sphygmograplie.

Soit le tracé sphygmographique 'fig. 156;; le tracé se lit de

Fi'g. lo6. — Analyse Jii tracé s] lijtrmograjiljiqne.

gauche à droite; la ligne d'ascension AE correspond à la diastole, la ligne de descente EDC à la systole artérielle, la longueur AG, prise sur la ligne des abscisses, mesure la durée totale du mouvement; celte longueur AG est divisée en deux par la perpendiculaire EB abaissée du sommet de la courbe sur la ligne des abscisses; la longueur AB mesure la durée de la diastole, la longueur BG celle de la systole. Les faits principaux qui ressortent de l'étude des courbes sphygmographiques Ifig. 154 et 156) sont les suivantes :

r En premier lieu, les durées totales des pulsations sont en général égales, et cette durée est en rapport inverse du nombre des pulsations dans l'unité de temps. Le pouls est rare quand le

nombre de pulsations est au-dessous de la moyenne (65 à 75 par minute), fréquent quand il est au-dessus.

2" Dans les tracés normaux, il n'y a pas de repos de l'artère ; la systole et la diastole succèdent immédiatement et sans interruption l'une à l'autre ; l'angle formé par le passage de la ligne d'ascension à la ligne de descente et de la ligne de descente à la ligne d'ascension est toujours un angle aigu ; ces caractères disparaissent cependant quand la pression du sang dans l'artère devient très-forte.

o° La durée de la diastole est à peu près le tiers (quelquefois moins) de la durée de la systole ; il n'y a qu'à comparer les longueurs qlii les mesurent, AB et BC. Les tracés de Yierordt ne donnent pas le même résultat, et si l'on s'en rapportait à eux, la différence serait seulement de 100 à 107. La vitesse et la lenteur du pouls dépendent du rapport de durée de chacune de ces périodes ; le pouls est vite quand la durée de la diastole artérielle diminue, lent quand cette durée augmente.

4" La ligne d'ascension AE se rapproche de la verticale ; elle est régulière, presque droite; autrement dit la diastole est brève, rapide, presque instantanée.

5" La ligne de descente EG, au contraire, est beaucoup plus inclinée et, au lieu d'être rectiligne, elle présente toujours un ou plusieurs soulèvements, D, plus ou moins prononcés avant d'atteindre son point maximum d'abaissement [dicrotisme on polycrotisme du pouls).

La signification de ces soulèvements a été très-controversée. Vierordt, qui ne les rencontre pas sur ses tracés, les attribue à l'imperfection de l'instrument de Marey. Mais aujourd'hui on s'accorde à considérer ce dicrotisme comme un caractère normal du pouls. La preuve qu'il n'est pas dû aux oscillations du levier enregistreur, c'est que les courbes de la contraction muscolaire obtenues avec le sphygmographe ne présentent pas de dicrotisme, et d'un autre côté le dicrotisme existe dans les tracés obtenus par le procédé hémautographique de Landois (voir : Pression sanguine), dans lesquels la courbe est formée parle jet sanguin qui sort de l'artère et sans l'intervention d'aucun appareil. A l'état normal, ce dicrotisme est trop faible pour être senti par le doigt qui palpe l'artère ; mais dès qu'il s'exagère, comme dans certains cas pathologiques, il devient très-appréciable et on sent distinctement la pulsation artérielle se dédoubler en deux.

Beaunis, Phys. 43

Le dicrotisme est plus marqué sur les artères moyennes que sur les gros troncs.

La cause du dicrotisme et du polycrotisme est encore incertaine. Sont-ils dus à une réaction de l'artère contre l'impulsion du ventricule et à l'oscillation consécutive ou à une réflexion de l'ondulation contre les capillaires et à une deuxième réflexion contre les valvules semi-lunaires ?

6" L'amplitude de la pulsation, mesurée par la hauteur EB, correspond, la part faite à l'amplification due au levier, au maximum de dilatation artérielle; cette amplitude est en général en rapport inverse de la pression du sang dans l'artère; elle diminue quand cette pression augmente. Les termes de pouls dur et mou indiquent l'état de tension de l'artère et la pression du sang dans son intérieur.

7" Enfin le pouls est grand ou petit suivant le volume de l'artère, volume qui est, en grande partie, en rapport avec la quantité de sang lancée par le ventricule.

On voit donc que les caractères de la pulsation artérielle dépendent de trois facteurs principaux : l'action ventriculaire (énergie cardiaque), le sang (quantité et pression) et la paroi artérielle (élasticité et contractilité), et que ces trois facteurs interviennent chacun pour modifier dans un sens ou dans l'autre les caractères de la pulsation. Aussi l'étude des caractères du pouls, et surtout leiu" analyse à l'aide des tracés sphygmographiques est-elle de la plus grande importance en médecine.

Fick a constaté, en plaçant son bras dans un vase fermé muni d'un tube en U, une augmentation du volume du bras au moment de la pulsation artérielle et a obtenu, en adaptant à l'appareil un système enregistreur, une courbe très-analogue à celle du sphygmographe.

2*^ Contractilité artérielle.

La contractilité n'est guère marquée que pour les petites artères dont la tunique musculaire est très-développée. Cette contractilité est complètement indépendante du pouls ; c'est une propriété de la paroi artérielle, qui se trouve sous la dépendance immédiate du système nerveux.

Cette contractilité se montre sous deux formes principales :

MÉCAMOUE ])!-: LA CIUCUL ATI 0 .\. 675

tantôt les contractions sont successives et l'artère est le siège de mouvements alternatifs de resserrement et de relâchement ; tantôt la modification (contraction ou dilatation artérielle) a une certaine durée ; elle est persistante.

Les contractions successives se montrent sur les petites artères ; ces contractions sont souvent rhythmiques. Ainsi Schiff les a observées sur l'oreille du lapin; on les a rencontrées dans les artères de l'iris, du mésentère, etc.; les contractions rhythmiques ne sont isochrones ni au pouls ni à la respiration et leur nombre par minute est très-variable (3 à 7 par exemple). Quelques auteurs ont voulu faire de ce fait un phénomène général et constant. La cause et le rôle de ces contractions rhythmiques sont assez obscures; peut-être jouent-elles le rôle de régulatrices de la circulation capillaire. Les dilatations artérielles sont dues au relâchement de la tunique contractile, et il est difficile d'admettre avec Schiff une dilatation active des vaisseaux.

Les modiftcations persistantes du calibre artériel ('contraction ou dilatation) ont une importance physiologique beaucoup plus grande. La contraction d'une artère a pour etfet immédiat d'augmenter la pression en amont de l'artère, d'accélérer la vitesse du courant sanguin dans son intérieur et de diminuer la quantité de sang qui arrive au réseau capillaire fourni par l'artère. Quand cette contraction porte sur une circonscription vasculaire étendue, la réaction se fait sentir sur tout le système artériel; le calibre total de ce système diminuant notablement, il en résulte une augmentation de pression, et il y a diminution de pression dans le cas contraire.

En outre, cette diminution de calibre a une influence immédiate sur les circulations voisines. Supposons, par exemple, que les artères des membres inférieurs se rétrécissent, pour une cause ou pour une autre (froid, etc.), une partie du courant sanguin de l'aorte descendante qui aurait passé dans ces artères, ne pouvant plus y trouver place, sera dérivée et passera dans les artères des organes abdominaux qui recevront alors beaucoup plus de sang que d'habitude. Ce balancement des circulations locales joue un rôle important et trop méconnu en physiologie et en pathologie. Ce balancement explique l'origine anatomique de beaucoup d'artères et peut se formuler ainsi : toutes les fois que plusieurs artères naissent d'un tronc commun ou au voisinage l'une de l'autre, il y a balancement des circulations corres-

676 PHYSIOLOGIE FO^'CTIONNELLE.

pondantes -, quand l'une diminue , l'autre augmente ; c'est ainsi qu'on observe ce balancement, pour ne citer que quelques exemples, entre la circulation thyroïdienne et la circulation cérébrale, la circulation gastro-hépatique et la circulation splénique, etc., et d'une façon plus générale, entre la circulation abdominale et celle des membres inférieurs, entre celle de la tête et celle des membres supérieurs, entre la circulation cutanée et la circulation profonde.

La contractilité artérielle peut être mise en jeu par les excitants ordinaires du tissu musculaire (actions mécaniques, électri-, cité), que l'excitant soit porté directement sur l'artère ou n'agisse que par l'intermédiaire des nerfs vaso-moteurs. Cette contractilité persiste quelque temps après la mort (quelquefois une à plusieurs heures).

Les variations de calibre des artères sont soumises à deux influences principales, riniluence nerveuse vaso-motrice, l'influence de Tactivité cardiaque.

Le rétrécissement des artères pourra donc résulter :

1° D'une excitation des centres vaso-moteurs; dans ce cas, le rétrécissement sera actif, musculaire, et s'accompagnera d'une augmentation de pression sanguine ;

2° D'une diminution d'activité du cœur; dans ce cas, le rétrécissement est passif, élastique, et s'accompagne d'une diminution de pression.

La dilatation artérielle pourra être produite par :

1° Une paralysie vaso-motrice ;

2° Une exagération de l'activité cardiaque.

Dans ces deux cas, la dilatation est passive, élastique, mais s'accompagne dans le premier cas d'une diminution, dans le deuxième, d'une augmentation de pression.

Si l'on admet les nerfs vaso-dilatateurs, il y aurait encore :

Dilatation par activité des centres vaso-dilatateurs,

Rétrécissement par paralysie vaso-dilatatrice.

Page 1