TEMPE lî AT U RE DU CD EPS HUMAIN
Les organismes vivants, au point de vue de la température, se divisent en deux classes : les animaux à sang chaud, ou mieux à température constante; les animaux à sang froid, ou mieux à tem,pérature variable.
Les animaux à sang chaud (mammifères, oiseaux) ont une température constante, uniforme, dont la moyenne oscille entre 3(3" et 40° pour les mammifères, 40° et 43° pour les oiseaux, et cette température constante se maintient, quelle que soit la température du milieu ambiant, du moins dans de certaines limites.
Les animaux à sang lïoid (poissons, amphibies, reptiles, etc.) ont une température propre, qui oscille dans des limites beaucoup plus étendues et qui suit à peu près les variations de température du milieu ambiant.
Quand la température extérieure est basse ou peu élevée, leur chaleur propre est un peu plus élevée que la température extérieure ; ainsi les grenouilles, dans un milieu à 0", marqueront 7° à 8°, et en marqueront i5°3 à 15°8 dans un miheu à 13°; mais si le milieu qui les entoure est trop chaud, leur température propre n'atteint plus celle du milieu, et elles finissent bientôt par tomber dans un état soporeux. dès que la chaleur dépasse certaines limites. De même, au-dessous de 4" à 5° elles s'engourdissent peu à peu.
La température moyenne de l'homme est, dans l'aisselle, de 37° (entre 36°G et 37°4), et les oscillations, à Uétat normal, ne dépassent jamais Vs degré. Mais si, au lieu de l'aisselle, on prend les différentes régions du corps, on arrive à des résultats tout autres. A ce point de vue , on peut distinguer la surface même du corps, les organes et le sang. A la surface du corps, la température est très-variable, sauf dans les parties protégées,
comme l'aisselle, et peut descendre assez bas, par exemple aux extrémités des membres. La température des organes est en général d'autant plus élevée qu'on s'éloigne de la surface du corps; le maximum se rencontre, d'après Cl. Bernard, dans le foie (40''6 à 40°9), puis dans le cerveau, les glandes, les muscles, les poumons. La température du sang a donné lieu à de nombreuses recherches et à de nombreuses discussions, surtout en ce qui concerne le sang du cœur gauche et le sang du cœur droit. Cependant d'après les recherches récentes de Cl. Bernard, Kôrner, la température du cœur droit serait plus élevée de quelques dixièmes de degré. Kôrner attribue cette augmentation au voisinage du foie qui transmettrait sa chaleur au sang à travers les parois minces du ventricule droit, mais il est plus probable que le sang du cœur droit se refroidit un peu à son passage cà travers le poumon. Le sang artériel diminue de température à mesure qu'il s'éloigne du cœur; le sang de la carotide est plus chaud que celui de la crurale (Becquerel) ; le sang du bout central d'une artère est plus chaud que le sang du bout périphérique (Cl. Bernard). La température du sang veineux est très-variable; tandis que celle du sang des veines superficielles est plus basse que celle du sang des artères correspondantes, le sang veineux des glandes et des muscles (au moment de leur activité) est plus chaud que le sang artériel de ces organes. A partir de l'embouchure des veines rénales, le sang veineux est plus chaud que celui de l'aorte, au même niveau, et la température augmente dans la veine cave inférieure à mesure qu'on se rapproche du cœur; c'est que celte veine reçoit le sang de la veine hépatique, qui est le plus chaud du corps et dépasse deT le sang de l'aorte. Aussi le sang de la veine cave inférieure a-t-il une température plus élevée que celui de la veine cave supérieure, et l'oreiltette droite reçoit ainsi deux courants sanguins de température différente qui vont se réunir dans le ventricule droit.