PRODUCTION D'ÉLECTRICITÉ. ÉLECTRICITÉ ANIMALE
Procédés de démonstration des courants musculaires et nerveux. - 1^' Galcanomètre. - L'appaieil est disposé de la façon sui-
S'ocAr/: d--^'
F^g. i:-2. - Appareil de Du Bois-Reymond pour démontrer les courants nerveux et musculaire.
vante ifio 172). Deux vases en verre, V, V, contiennent une solution de snlfate'de zinc; dans ces vases plongent : ,!<> d'une part, des lames de zinc z portées par des supports isolants, s, et reliées par des tils avec les deux bornes d'un galvanomètre, G ; 2° d'autre part, des coussinets de papier à tiltrer, p, sur lesquels on place le muscle ou le nerf en expérience, comme dans les figures 173 et 174, p. 725. Le courant qui traverse le muscle ou le nerf de a en b, courant indiqué par la direction de la flèche, traverse le circuit du galvanomètre et produit une déviation de l'aiguille, dont le sens indique la direction du courant
ÉLECTRICITÉ AMMALE.
(Du Bois-Reymond'. On peut, au lieu du galvanomètre ordUiaire, employer le galvanomètre à miroir.
Fig. 173. — Muscle à surface naturelle placé sur les coussinets.
F/g. 174. — ^Iiiscle à surface artificielle placé sur les coussinets.
2° Vatte galvanoscopiqiie (fig. 175i. — On donne ce nom à une patte de grenouille détachée du corps et à laquelle on laisse adhérente la plus grande longueur possible de nerf sciafique, n. On peut remplacer la patte galvanoscopique par le gastrocuéniien de la grenouille.
Fig. 175. — Patte galvanoscopique.
en conservant aussi le sciatique. Pour démontrer le courant nerveux, on emploie la disposition suivante. Le nerf de la patte galvanoscopique est placé sur deux coussinets de papier à iiltrer imbibés de chlorure de sodium et supportés eux-mêmes par une lame de verre isolante ainsi que la patte gajvanoscopique. Uu des coussinets répond à la surface de section du nerf on à sa coupe transversale, l'autre à sa surface longitudinale. Si maintenant on réunit les deux coussinets par un troisième coussinet qui sert de conducteur entre les deux premiers, il s'établit un courant dans le circuit fermé, constitué par les trois coussinets et par le nerf, et rétablissement de ce courant détermine une excitation de nerf et une contraction du muscle; le même effet se produit à la rupture du courant quand on enlève le troisième coussinet qui fermait !e circuit. Il suffit quelquefois de croiser les deux nerfs de deux pattes galvanoscopiques, de façon à ce qu'ils se touchent par deux points, pour que la contraction se produise, ou même de laisser tomber un nerf sur l'autre. Un seul nerf replié sur lui-même peut donner aussi une contraction. Ces mômes dispositions s'emploient pour démontrer le courant musculaire. ^Contraction non métaUique.) 3" Procédé chimique. — Dans l'appareil de Du Bois-Reymond, on
peut remplacer le galvanomètre par une solution d'iodure de potassium et d'amidon ; l'iode est mis en liberté à l'électrode positif et bleuit l'amidon.
1° Courant musculaire et nerveux.
Si, comme dans la figure 174, on place sur les coussinets de l'appareil de Du Bois-Reymond un fragment de muscle (au repos), de façon que la section transversale corresponde à un des coussinets et sa sm'face à l'autre coussinet, la déviation de l'aiguille du galvanomètre indique l'existence d'un courant, qui, dans le muscle, va de la coupe transversale à la surface et, dans le conducteur galvanométrique, de la surface à la coupe. La surface du muscle est électrisée positivement , la coupe négativement {fig. 176). Au lieu de prendre la coupe transversale d'un muscle, on peut prendre le tendon du muscle qui constitue ce qu'on appelle la surface transversale naturelle, comme dans la figure i73, et qui est électrisé négativement. Au lieu de la surface du muscle, on peut prendre une section du muscle parallèle aux fibres musculaires, ou ce qu'on appelle encore la surface longitiiclinale artificielle, et qui est électrisée positivement, p,^ j^g, Direction du cou- Chaque muscle ou fragment de muscle rant musculaire, constitue donc un véritable couple électro-moteur, et en associant des tronçons de muscles de grenouilles à la façon des éléments d'une pile à colonnes, on a pu construire de véritables piles musculaires.
Les nerfs sont le siège de courants semblables qui ne se distinguent des courants musculaires que parce qu'ils sont plus faibles.
Ce sont ces courants musculaires et nerveux qui forment par leur réunion ce que Xobili (1825) appelait le courant propre de la grenouille. Dans la grenouille ce courant va de la périphérie des extrémités vers le tronc; dans le tronc il va de l'anus vers la tête. Chez les mammifères, sa direction est inverse; ainsi les membres amputés et dépouillés de la peau montrent un fort courant qui va du tronc à la périphérie.
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Ces courants persistent encore quelque temps, quoique plus faibles, après la perte d'excitabilité des nerfs et des muscles.
Les lois du courant musculaire, dénionlrées en 1840 par Matteucci, ont été déterminées par Du Bois-Rcymond, ainsi que colles du courant nerveux. Du Bois-Reyraond montra que la déviation de raiguille du g-aIvanomè(re varie suivant les points du cylindre nerveux ou musculaire qu'on rénuit par un conducteur. 11 distingue les cas suivants, dont la figure 177 donne la représentation schématique.
Fig. 177. — Force et direction des courants.
l" On a une /or^e déviation de l'aiguille quand le conducteur réunit la surface longitudinale à la surface transversale digne épaisseï, et le maximum de déviation est obtenu quand le milieu de la surface longitudinale léquateun est réuni au milieu de la surface transversale.
2" La déviation est faible (lignes fines» quand on réunit deux points inégalement distants du milieu de la surface (longitudinale ou transversale), ou deux points inégalement distants de deux surfaces opposées. Pour les surfaces longitudinales, le courant marche dans le conducteur du point le plus rapproché du centre au point le plus éloigne; c'est l'inverse pour les surfaces transversales.
3" La déviation est nulle dignes polntilléesi quand on réunit deux points d'une même surface ou de deux surfaces opposées également distants du centre (points symétriques), ou encore les centres des deux surfaces opposées.
La figure 1 78 (page 728) représente schémaliquement l'intensité des courants dans le cylindre nerveux ou musculaire uNi, dont SL est la surface longitudinale, ST/- la surface transversale. La direction des flèches indique la déviation des courants. Les courbes F indiquent la force du courant qui passe dans un conducteur de tension constante pour les différentes positions qu'on lui donne sur l'une quelconque des deux
surfaces. Les points a, b, c, cl, pris sur une des surfaces, considérée comme ligne des abscisses, indiquent le milieu de l'espace compris
Fig. 178. — ScLénia de l'intensité des courants dans le liquide nerveux.
entre les deux points d'application du conducteur, et les ordonnées abaissées sur ces points représentent l'intensité du courant qui traverse le conducteur. On voit qu'en a, le courant = 0, et que le courant est à son maximum (ordonnée c/i quand les deux extrémités du conducteur sont situées, l'une sur la surface longitudinale, l'autre sur la surface transversale.
Il arrive souvent que la partie tendineuse du muscle, au lieu d'êtr« électrisée négativement, soit positive; c'est ce que Du Bois-Reymond a appelé partie parélectronomique du muscle.
Courants d'inclinaison. — Rhombe musculaire. — Si la coupe du muscle, au lieu d'être exactement perpendiculaire à la surface longitudinale, est oblique, les courants ne présentent plus la même disposition; le point le plus négatif de la coupe, au lieu de correspondre au centre de la coupe, se rapproche de l'angle aigu; le point le plus positif de la surface longitudinale au contraire se rapproche de l'angle obtus.
La fatigue diminue la force du courant musculaire.
Les caractères du courant nerveux sont les mêmes que ceux du courant musculaire.
Pour l'inQuence de l'électrotonus sur le courant nerveux, voir Action de l électricité sur l'organisme.
Les autres parties de l'organisme sont aussi le siège de courants