IRIS ET PUPILLE
1° Mouvements de Viris.
L'iris représente un véritable diaphragme qui règle la quantité de lumière qui pénètre dans l'œil et arrive à la rétine. La pupille n'est pas située exactement au milieu de l'iris ; elle se trouve un peu en dedans de son point central, ce qui s'accorde avec la direction de l'axe visuel, qui fait, comme on l'a vu plus haut, un angle de 5 degrés avec l'axe optique (voir fig. 191, p. 767). Le diamètre de la pupille est de 6 millimètres environ sur le cadavre; il faut remarquer à ce sujet que l'iris et la pupille paraissent plus grands qu'ils ne le sont en réalité; pour les voir dans leurs dimensions exactes, il faut placer l'œil sous l'eau.
Le rétrécissement de la pupille est produit par des fibres circulaires lisses (sphincter pupillaire), son élargissement par des fibres radiées niées par quelques auteurs. Chez les oiseaux, les fibres musculaires de l'iris sont striées. Ces mouvements de l'iris, plus rapides en général que ceux des muscles lisses ordinaires, présentent pourtant une certaine lenteur, et le rétrécissement de la pupille est toujours plus rapide que sa dilatation.
Les variations de diamètre de la pupille reconnaissent pour
cause principale l'excitation de la rétine par la lumière ; cette excitation amène une contraction de la pupille, non-seulement sur l'œil excité, mais encore sur l'œil du côté opposé ; cependant la contraction pupillaire de l'œil non excité est un peu moins marquée, à moins que la lumière ne soit très-intense. Chez le lapin, au contraire, le rétrécissement pupillaire ne porte que sur l'œil excité. Le rétrécissement de la pupille, à la suite de la lumière, commence en moyenne 0,49 secondes après l'excitation et atteint son maximum au bout de 0,58 secondes.
La rotation de l'œil en dedans ou une forte convergence des deux yeux produisefit un rétrécissement de la pupille ; c'est probablement à cette cause qu'est due la contraction de la pupille observée pendant le sommeil. Le même effet se remarque dans l'accommodation pour les objets rapprochés; la pupille se dilate au contraire dans la vision au loin.
Une forte excitation des nerfs sensitifs amène, par action réflexe, un élargissement de la pupille (Cl. Bernard) ; il en est de même des contractions musculaires énergiques, spécialement des mouvements respiratoires. La dyspnée dilate la pupille ; cette dilatation, qui disparaît au moment de l'asphyxie, est due à l'excitation du centre dilatateur, car elle ne se produit pas si on a coupé auparavant le grand sympathique.
Certaines substances, comme les narcotiques et surtout l'atropine, dilatent la pupille {mydriatiques}: d'autres, comme la nicotine et surtout la calabarine, la rétrécissent {myotiques) ; les anesthésiques produisent d'abord une contraction qui est suivie plus tard d'un élargissement.
Brown-Séquard a montré que la lumière agit directement sur l'iris et fait contracter la pupille sans l'intervention du système nerveux. Les variations de température assez considérables pourraient aussi agir comme excitants directs des fibres musculaires de l'iris.
D'après le même auteur, c'est l'iris qui, de tous les organes musculaires, conserverait le plus longtemps son irritabilité. {Journal de physiologie, 1859.)
2^ Innervation de rii'is.
L'innervation de l'iris est très-compliquée et présente encore beaucoup d'obscurités.
Les nerfs moteurs de l'iris viennent du moteur oculaire commun et du grand sympathique.
Le nerf moteur oculaire comimm innerve le sphincter de la pupille ; son excitation rétrécit la pupille ; après sa section, la pupille se dilate et ne peut plus se rétrécir sous l'influence de la lumière. A l'état physiologique, la contraction de la pupille a lieu par action réflexe, à la suite d'une excitation transmise par le nerf optique; l'excitation chimique, mécanique, etc., du nerf optique ou de son bout central, quand il a été coupé, produit le rétrécissement pupillaire; par contre, la section du nerf optique entre lœil et le chiasma dilate la pupille du même côté. Quand la section est faite en arrière du chiasma, sur la bandelette optique, c'est la pupille du côté opposé qui se dilate chez le lapin, chez lequel le croisement des bandelettes optiques au chiasma est complet; chez Fhomme, il n'en est plus de même, Tentre-croisement n'étant que partiel; aussi, dans les cas de tumeurs comprimant une bandelette optique, la dilatation pupillaire existe des deux côtés. Le centre nerveux, qui transmet l'excitation du nerf optique au moteur oculaire commun, est encore indéterminé; l'extirpation de la couche optique est sans influence sur la réaction de la pupille à la lumière. Flourens place ce centre dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs; après leur extirpation, la pupille reste immobile; chez le lapin, la section de la moitié interne du tubercule quadrijumeau antérieur (d'où naît la bandelette optique; est suivie de la dilatation et de l'immobilité de la pupille. (Knoll.)
Le sijmpathique innerve les fibres radiées de l'iris ; son excitation dilate la pupille (Valentin, Biffi), sa section la rétrécit (Petit). Les fibres dilatatrices viennent de la partie inférieure de la moelle cervicale et de la partie supérieure de la moelle dorsale; en effet, l'excitation des cordons antérieurs de ces régions amène un élargissement de la pupille, qui se rétrécit après leur destruction. Cependant, d'après Knoll, le centre dilatateur de la pupille devrait être placé plus haut, dans les tubercules quadrijumeaux antérieurs; leur excitation élargit, en effet, la pupille des deux côtés et surtout du côté excité, et cette dilatation ne se produit pas quand les sympathiques ont été coupés. En tout cas, cqs fibres dilatatrices passent de la moelle, par les racines antérieures, dans les rami co7mnunicantes et, de là, remontent par le cordon cervical du grand sympathique.
Le tiHjumeau a aussi une action (indirecte ?) sur la grandeur de la pupille. L'excitation de la branche ophthalmique ou du ganglion de Gasser dilate la pupille; leur destruction produit l' effet inverse (Magendle). Ces fibres dilatatrices ne sont probablement que des fibres vasomotrices et naissent dans le ganglion même, car la section du trijumeau avant le ganglion de Gasser ne modifie pas le diamètre de la pupille (voir trijumeau).
Le trijumeau fournit aussi les nerfs de sensibilité de Tiris.