H. — PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES GÉNÉRALES DU GLOBE OCULAIRE
1° Circulation oculaire.
La circulation oculaire présente des dispositions importantes au point de vue de la physiologie de l'œil. En premier lieu, tous les milieux transparents de l'œil, cornée, cristallin, corps vitré, sont dépourvus de vaisseaux; il en est de même de la couche granuleuse externe et de la couche de bâtonnets de la rétine; les vaisseaux manquent aussi d'une façon absohie dans la fosse centrale. Ces organes écartés, l'appareil vasculaire de l'œil se divise en deux systèmes presque indépendants, le système rétinien et le système choroïdien, qui n'ont de communication qu'au niveau de l'entrée du nerf optique.
Dans le système rétinien, les capillaires sont très-fins, à mailles larges; dans le système choroïdien, au contraire, les capillaires sont -volumineux, très-abondants, et ce riche réseau yasculaire sert non-seulement à la nutrition du globe oculaire, mais contribue encore à maifitenir sa température; il agit comme appareil de caléfaction. Ce dernier système fournit non-seulement la choroïde, les procès ciliaires, l'iris, mais encore la sclérotique, le bord de la cornée et la partie avoisinante de la conjonctive, et presque tout le sang veineux de ce système reflue par les quatre va^a vorticosa, de façon que les modifications de calibre de ces quatre vaisseaux (placés sous une influence nerveuse commune) agissent immédiatement sur l'ensemble du système, sans que les variations de cette circulation choroïdienne qui se présentent très-fréquemment (dans l'effort, par exemple) puissent influencer la circulation rétinienne. (Rouget, Leber.)
Les variations de calibre des vaisseaux rétiniens et choroïdiens peuvent s'observer à l'ophthalmoscope et même se mesurer au micromètre
(Schneller), et on peut ainsi étudier les effets de divers agents sur CjCS vaisseaux ; c'est ainsi que l'atropine dilate les veines clioroïdiennes. La circulaiioii lymphatique est moins connue. D'après .^cliwalbe, il existerait, entre la sclérotique et la choroïde, un espace lymphatique qui communiquerait au niveau des quatre vasa vordcosa avec un nouvel espace lymphatique situé entre la sclérotique et la capsule de Tenon, et d'où la lymphe s'écoulerait dans les espaces sous-arachnoïdiens en suivant la gaine du nerf optique. D'après le même auteur, la chambre antérieure de l'œil représenterait un espace lymphatique et l'humeur aqueuse proviendrait du canal de Petit, du corps ciliaire et de l'iris; seulement ce liquide, au lieu d'être repris par les lymphatiques, passerait dans les veines choroïdiennes par le canal de Schlemm, disposition qui préviendrait la résorption trop rapide de l'humeur aqueuse, la difTèrence de pression n'étant pas très-considérable entre cette humeur et le sang des veines choroïdiennes.
2" Pression intra-oculalre.
La pression intra-oculaire paraît être sous la dépendance immédiate de la circulation : quand la tension augmente dans le système artériel de l'œil, la transsudation du sérum sanguin augmente et la chambre antérieure et les espaces lymphatiques reçoivent plus de liquide, d'où distension du globe oculaire; cette tension intra-oculaire a été mesurée au manomètre et a été trouvée de 22 à 27 millimètres chez le chat, de 15 à 18 chez le chien. Elle subit des variations isochrones au pouls et aux mouvements respiratoires. Elle diminue par la compression de la carotide du même cùté. par l'action de l'atropine, de la quinine, de la digitaline, etc. ; elle augmente par la contraction des muscles de l'œil, par l'action de la calabarine, de la strychnine, etc.
L'influence de l'innervation est controversée. L'extirpation du ganglion cervical supérieur chez le chat, l'augmente: elle baisse, au contraire, par l'excitation du grand sympathique au cou (Hippel, Grîinhageni. Les opinions différent aussi sur les rapports qui existent entre la pression oculaire et l'état de la pupille; habituellement le rétrécissement pupillaire s'accompagne d'une augmentation de pression, la dilatation pupillaire dune diminution de tension oculaire.
On a inventé plusieurs instruments. ophtJialmotonomèîres , pour apprécier la tension oculaire. iDor, Monnik , Donders, Snellen.)