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DIFTÉEENTS MODES DE SEXSATIOXS TACTILES

Les sensations tactiles peuvent être rapportées à l'état normal à deux espèces : aux sensations de pression et aux sensations de traction.

1° Sensations de 2>^'<^ssion.

Les sensations de contact et de pression ne difTèrent pas de nature et ce sont, en réalité, deux degrés de la même sensation. Elles paraissent cependant avoir leur point de départ dans des éléments anatomiques dilTérents. La sensation de contact est abolie dans les cicatrices après la destruction de la couche papillaire du derme et semble résider dans les corpuscules du tact; la sensation de pressipn persiste au contraire et dépendrait des corpuscules de Pacini situés dans le tissa cellulaire sous-cutané.

Sensation de contact. — La sensation de contact peut varier d'intensité, de nature et d'étendue.

Les variations d'intensité sont très-limitées et la sensation de contact se transforme presque immédiatement en sensation de pression dès que l'intensité de la cause mécanique augmente un peu ; c'est surtout sensible pour les corps solides, et, pour ces derniers, on pourrait dire que la sensation de contact est une et invariable comme degré; en deçà, c'est l'absence de sensation, au delà, c'est la sensation de pression.

La sensation de contact diffère de nature suivant les corps ; la sensation est difTérente suivant que le doigt touche (eu les supposant à la température du doigt) un métal, du bois, un corps gras, un liquide, ou reçoit un jet de gaz ; il y a là quelque chose de comparable au timbre des sons. C'est surtout pour certaines muqueuses que cette différence de nature se fait sentir; telle est l'aslringence déterminée par une solution de tannin. Quand deux régions de la peau se touchent, la plus sensible sent l'autre; ainsi, si on applique le doigt sur le front, le doigt sent le front; si au contraire le doigt frotte rapidement le front, c'est le front qui sent le doigt.

Létendue de la région impressionnée augmente l'intensité de la sensation. Il est dilïicile de préciser le minimum de pression nécessaire pour déterminer une sensation de contact, ce minimum variant suivant les régions. Le tableau suivant, emprunté à Aubert et Kammler, donne ce minimum pour quelques régions; les poids sont exprimés en milligrammes et pressaient tous sur neuf millimètres carrés de surface cutanée :

Front, tempes, nez, joues 2 milligr.

Paume de la main. 3 —

Paupières, lèvres, ventre; paume de la main. 5 — Face palmaire de l'index 15 —

Au lieu de poids placés directement sur la peau, on peut employer une balance dont un plateau est muni à sa face inférieure d'une pointe qui appuie sur la peau (Dohrn), ou la pression d'une onde liquide (tube de caoutchouc rempli d'eau qu'on soumet à des pressions rhythmiques, Goltz).

En général, la fint3sse de la sensation de contact diminue régulièrement des doigts au coude ; elle est plus marquée à la face palmaire qu'à la face dorsale, au côté radial qu'au côté cubital, à gauche qu'à droite.

Sensations de pression. — La sensation de pression succède toujours à une sensation de contact, mais elle présente toujours une échelle d'intensité bien plus étendue que cette dernière, et il y a une foule de degrés intermédiaires jusqu'au moment où elle se transforme en douleur.

Par contre, la nature de la sensation de pression offre bien moins de variété et les caractères de poli, de rugueux, de gras, etc., disparaissent pour le toucher dans une sensation une et

liBBIBS

Fig. 228. — Aiguille aîslliésioinélrique de l'aiilcur.

identique pour tous les corps, bois, métal, etc., pourvu que la pression qu'ils déterminent soit suffisante. L'étendue de la région

pressée diminue l'intensité de la sensation et en émousse la

netteté.

Le minimum de pression nécessaire pour déterminer la sensation de pression varie suivant les régions ; il en est de même ; du maximum de pression au delà duquel la sensation fait place à la douleur.

Pour étudier ces sensations de pression (et de douleur) à tous leurs degrés, je fais usage d'un appareil, aiguille œsthésiométrique , qui permet de graduer, dans les limites les plus étendues, la pression' sur une région déterminée de la peau. L'appareil, dont la figure 228 rend toute description détaillée superflue, se compose essentiellement d'une aiguille munie d'un plateau qu'on peut charger de poids et qui peut s'abaisser ou s'élever à volonté en glissant, sans frottement, dans un tube vertical. L'aiguille et son plateau peuvent, suivant le but qu'on se propose, être construits en bois, en liège, en métal, etc., et, par conséquent, il est facile de leur donner le poids voulu pour les expériences, suivant les régions sur lesquelles on opère (').

2' Sensations de traction.

Les sensations de traction passent par des phases analogues à celles que parcourent les sensations de pression : contact, traction, douleur. La sensation de contact n'a qu'une très-faible durée et se transforme très- vite en sensation de traction qui, elle-même, devient très-rapidement douloureuse.

En suspendant des poids aux cheveux ou aux poils, il est facile de mesurer, dans les diverses régions, les minima nécessaires pour déterminer ces diverses sensations de simple contact, de traction et de douleur, et on voit de suite que ces minima descendent bien au-dessous de ceux qui sont nécessaires quand les poids agissent par pression. ^

3° Sensations tactiles des muqueuses.

Les sensations tactiles des muqueuses sont de môme nature que celles de la peau; mais, tandis que la peau présente la sen-

(') L'aiguille peut servir aussi à apprécier le degré de cohésion des tissus et des organes.

sibilité tactile sur toute son étendue, il n'en est plus de même des muqueuses. Beaucoup d'entre elles, comme la trachée, la vessie, etc., en sont dépourvues ; d'autres, au contraire, sont douées d'une sensibilité exquise, supérieure même à celle de la peau ; telle est celle de la pointe de la langue. La sensibilité tactile de beaucoup de muqueuses a quelque chose de spécial qui les différencie des sensations cutanées; ainsi, dans la cornée, la conjonctive, les muqueuses du gland, du clitoris, etc.

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