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OVULATION ET MENSTRUATION

L'ovaire de la femme contient, depuis 15 ans jusqu'à 46 ans environ, des ovules susceptibles d'être fécondés. Tous les vingthuit jours, en moyenne, un ovule s'échappe de l'ovaire par la rupture de la vésicule de de Graaf qui le contenait, et cet o^-ule est recueilli par la trompe. Cette rupture de la vésicule de de Graaf et cette chute de l'ovule s'accompagnent, du côté de l'utéms. de phénomènes particuliers et spécialement d'un écoulement sanguin qui constitue la menstruation proprement dite (règles, période menstruelle).

1" Rui^ture de la vésicule de de Graaf et chute de l'ovule.

La structure et le développement des vésicules de de Graaf et de l'ovule sont étudiés dans les traités d'anatomie. (Voir : Beaunis et

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Bouchard : Anaiomie, 2^ édition, pages 874 et suivantes.) A cliaque période menstruelle, l'ovaire devient plus vasculaire, la vésicule de de Graaf se dilate et fait peu à peu saillie à la surface de l'ovaire jusqu'à ce qu'elle atteigne à maturité la grosseur d'une cerise; bientôt la paroi de la vésicule s'amincit au niveau de la partie saillante, tandis que les parties profondes au contraire s'iiyperémient et deviennent plus vasculaires ; enfin , sous la pression excentrique du liquide de la vésicule, une petite fente se produit sur la partie amincie et l'ovule s'échappe, entouré par les cellules du cumulus proligère. Les causes qui déterminent la maturité et la rupture de la vésicule de de Graaf sont encore très-obscures. Cette rupture paraît se faire principalement à la fin des règles (Sappey); le coït peut la déterminer et l'accélérer sans cependant que son intervention soit nécessaire pour la produire.

Les modifications que subit la vésicule de de Graaf et la formation du corps jaune sont étudiées en anatomie.

2° Menstruation.

Pendant la période menstruelle, l'utérus est le siège d'une fluxion temporaire et de phénomènes particuliers. Il augmente de volume ; sa muqueuse s'épaissit considérablement et se vascularise ; elle prend un aspect criblé dû aux orifices élargis des glandes utérines hypertrophiées ; son adhérence au tissu utérin diminue, son épithélium se détache et même, dans quelques cas, une partie de l'épaisseur de la muqueuse tombe avec lui sous forme de membrane continue; en même temps ses capillaires se déchirent et fournissent le sang menstruel. Cet écoulement sanguin, qui est le phénomène caractéristique extérieur de la menstruation, dure en moyenne de trois à cinq jours et la quantité de sang peut varier de 100 à 200 grammes. Les trompes et le vagin participent aussi à cet état congestif de l'utérus.

La menstruation s'accompagne de phénomènes locaux et généraux ; la femme éprouve une sensation de pesanteur et de chaleur dans la région pelvienne et des douleurs abdominales (crampes utérines); les seins sont gonflés et tendus; le pouls est, fréquent, le choc du cœur plus fort, la respiration accélérée; la sueur a une odeur spéciale ; la miction est plus fréquente ; la

lanlité d'urée est diminuée; les traits sont fatigués; il y a un n'iment de lassitude générale; l'excitabilité ncrveusi' et psyiii[ue est augmentée.

li y a une relation intime entre la menstruation et l'ovulation ; idant les deux actes ne sont pas liés indissolublement l'un litre ; il peut y avoir, en effet, exceptionnellement, ovulation ..- menstruation et menstruation sans ovulation ; ainsi on a )servé des cas de menstruation après l'extirpation des deux aires ; mais ces cas exceptionnels ne peuvent infirmer la loi :nérale, quoique le lien qui rattache ces deux actes l'un à mtre nous échappe <'sang. système nerveux ?). Pfluger comire la menstruation à une greffe chirurgicale ; la surface interne ! l'utérus, dénudée et saignante, représenterait une véritable aie d'inoculation par laquelle la nature greffe l'ovule fécondé r l'organisme maternel ; mais il y a plutôt là une comparaison génieuse qu'une explication réelle.

La menstrSîition peut être rapprochée des phénomènes du rut lez les animaux. C'est en effet à l'époque du rut que se fait chez

IX l'ovulation et la rupture de la vésicule de de Graaf , et chez jaucoup d'espèces animales, cette rupture s'accompagne d'un oulement sanguin par les parties génitales.

La menstruation est suspendue pendant la grossesse et l'allaiment ; cette suspension coïncide avec un arrêt de l'ovulation. aand la femme n'allaite pas, les règles reparaissent en général

X semaines après l'accouchement.

3'^ Puberté et ménopause.

L'apparition de la fonction menstruelle et l'ovulation qui l'ac- «npagne ne se font qu'à la puberté, et habituellement vers l'âge 3 15 à 16 ans ; la disparition de ces deux actes, ou la ménopause, lieu vers iO ans environ. La période de fécondité de la mme comprend donc 30 à 31 ans en moyenue, et est par conquent beaucoup moins étendue que chez l'homme. La puberté, chez la femme, modifie non-seulement les organes initaux, mais réagit aussi sur presque toutes les.parties de l'orinisme, système pileux, mamelles, larynx, etc., et sur la pluirt des fonctions. La puberté est plus précoce dans les villes le dans les campagnes, dans les climats chauds que dans les

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climats froids : on cite même des cas exceptionnels de jeu filles réglées à 8, 4 et 2 ans (menstruations enfantines), san qu'on puisse affirmer cependant qu'il y ait là une véritabl ovulation ; Haller a cependant observé un exemple de grossess chez une fille de 9 ans.

La ménopause a lieu entre 42 et 50 ans (46,35 en moyenne) Dans la plupart des cas (70 fois sur 100), la ménopause s'établi peu à peu; les règles cessent, puis reviennent pour disparaît! définitivement, et cette période de transition dure de 6 à 11 mois Cette cessation des régies et de l'ovulation retentit sur tout l'or ganisme. et spécialement sur les organes génitaux; les ovaire s'atrophient, ainsi que l'utérus; les parties génitales externes s flétrissent et perdent leur excitabilité ; les poils du pubis blan chissent et tombent: les seins s'affaissent: la voix prend u timbre plus accentué; le système pileux extra-génital se dév€ loppe, etc.; en somme, les caractères de la sexualité tendent s'affaiblir et à disparaître. ^

4" Excrétion oviilaire.

L'excrétion ovulaire comprend deux stades : la chute del'ovul dans le pavillon de la trompe, et la progression de cet ovui depuis le pavillon de la trompe jusqu'à l'utérus.

A sa sortie de la vésicule de de Graaf. l'ovule est recueilli pa la trompe ; mais le mécanisme de ce phénomène est encore loi d'être bien expliqué. Il est probable que le pavillon vient s'appli quer sur la surface de l'ovaire, soit par une sorte d'érection d la trompe (Haller;, soit plutôt par l'action des fibres fisses tubain ou tubo-ovariennes (Rouget); mais l'ouverture du pavillon d peut embrasser toute la surface de l'ovaire, et il est assez difficil d'expliquer comment le pavillon va juste se placer sur le point o va se rompre la vésicule de de Graaf arrivée à sa maturité, à moir d'admettre que les franges de la trompe ne parcourent la surfac de l'ovaire par une sorte de mouvement de reptation etnedétei minent ainsi, par cette excitation mécanique, la rupture de 1 vésicule de de Graaf. Il est encore plus difficile d'expliquer les ce dans lesquels il n'a pu y avoir d'application du pavillon si l'ovaire, ainsi quand un ovule provenant d'un ovaire est recueil par la trompe du côté opposé.

La progression de l'ovule, du pavillon de la trompe jusqu'à itérus, se fait sous l'influence des cils vibratiles de la trompe, int les mouvements le dirigent vers la cavité utérine. Quoique durée de ce parcours soit presque impossible à déterminer, L peut cependant, en réunissant les observations, l'évaluer 1 deux à dix jours en moyenne (Sims).

bliosraphie. — Coste '.Embryogénie comparée, lis37. — Négrier : Recherches matoiniqnes et physiologiques sur les ovuires, 1840. — Pouchkt : Théorie positive de ^ovulation spontanée, 184=7. — Raciborski : Traité de la menstruation, 186S. *

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