‹ Nouveaux éléments de physiologie humaine (volume 4)Chapitre 274 sur 296 · Z. NARCOTIQUES · texte numérisé non relu

Z. NARCOTIQUES

L'opium et la plupart de ses alcaloïdes ont une double action: une action excitante, convulsive, qui les rapproche de la strychnine, et une action somnifère, soporifique, qui les rapproche des anesthésiques. Si on classe ces alcaloïdes d'après leur action soporifique, ou aura, d'après Cl. Bernard, en allant du plus au moins, la série suivante : uarcéine, morphine, codéine; si on les range d'après leur action convulsivante, on a : thébaine, papavérine, narcoline, codéine, morphine; si on les classe d'après leur toxicité, on aura : thébaine lû^''", l tue un chien), codéine, papavérine, narcéine, morphine (il faut plus de 2 grammes pour tuer un chien», narcotine.

Morphine, C''H'''AzO". — Chez la grenouille, son action ressemble à celle de la strychnine; il y a d'abord un stade d'agitation; bientôt le moindre contact détermine une crampe tétanique (ce stade manque souvent); enfin les appareils réflexes, puis le cœur et la respiration sont paralysés. — Chez le chien, une injection intra-veineuse de 0''",02 à

0-'",05 de morphine produit le sonimeil au bout d'une minute d'agita-tion; les réflexes sont abolis, à Texceplion du clignement par Tattoucliement delà conjonclive; le pouls et la respiration sont ralentis; l'action sur le cœur paraît, du reste, peu marquée; les petites artères (pour de fortes doses) sont rétrécies('), ce qui amène une augmentation de pression sanguine; la pupille est ordinairement rétrécie; quelque- ' fois cependant on observe un élargissement pendant le coma; l'excitabilité et les mouvements de rintestin sont augmentés. Lorsque la dose atteint plus de 2 à 3 grammes chez le chien, la mort arrive avec des convulsions. — Chez les lapins, le sommeil est moins profond et les convulsions se présentent plus facilement; il faut, chez eux, une dose relativement plus forte que chez les chiens. — Les oiseaux et spécialement les pigeons possèdent une immunité remarquable pour la morphine; il en faut pour tuer un pigeon, 0-'',05 à Qs'", 1 , en injection souscutanée.

La morphine parait porter son action principalement sur les appareils sensilifs.

L'association de la morphine et du chloroforme est excellente, chez le chien surtout, pour produire Tanestliésie et éviter la période d'excitation. Il suffit de donner de la morphine quelque temps avant les inhalations de chloroforme.

La narcéine, G-^H-^VzO^, produit l'action hypnotique pure; le sommeil est très-profond, sans convulsions, et s'accompagne d'un ralentissement notable du pouls. La codéine, G'*H-'xVzO^ a une action analogue à celle de la morphine; le sommeil est beaucoup plus léger qu'avec la narcéine.

La thébaine, G'^H-'AzO^ détermine des convulsions analogues à celles de la strychnine. Il en serait de même, quoiqu'avec moins d'intensité, de la narcotine, C-^R'-'AzO', cl de \sl papavérine, C-^W-KKzO'^ ; cependant Baxt considère la papavérine comme exclusivement somnifère.

Un dérivé de la morphine, l'apomorpldne, G''H^'AzO-, n'a aucune des propriétés essentielles de la morphine et agit surtout comme vomitif.

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