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SALIVE

Procédés pour recueillir les diverses espèces de salive. — l » Salive paroûidiemie. — Homme. — Fistules parotidiennes. — Aspiration de la salive avec une seringue en verre (fig. 20, page 146) dont rextrémité évasée en forme de ventouse s'applique sur l'ouverture du canal de Sténon (Cl. Bernard). — Introduction directe d'une canule dans le canal de Sténon. (Eckhard et Ordenstein.)

Élablissement iVune fistule parotidienne chez les a7iimaux. — a) Chien. Incision oblique allant de la dépression de la deuxième molaire supérieure à la commissure labiale; le conduit salivaire est blanc nacré et croise la direction du paquet vasculo-nerveux; l'inciser et introduire une canule qu'on doit enfoncer profondément et qu'on fixe par une ligature. — b) Cheval ifig. 21, page 147). Incision cutanée croisant le conduit de Sténon à son passage sur le masséter. — c) Bœitf. Môme procédé que pour le clîeval. — d) Lapin. La petitesse du conduit rend difficile l'introduction d'une canule.

Beaums, Phys. 10

2° Salive sous-maxillaire. — a) Homme.

Introduction d'une canule dans le conduit L'animal est placé sur le dos, la tête renversée; incision sur le bord interne de la mâchoire inférieure; incision du peaucier et du mylo-liyoïdien ; on trouve au-dessous Tartère, la veine, le nerf lingual et le canal de ^N'harton reconnaissable à sa transparence. — c) Cheval. Même procédé.

3° Salive sublinguale. — a) Chien. Même procédé que pour la salive sous-maxillaire. Le conduit sublingual se trouve en dedans du canal de Wharton. — b) Cheval. Même procédé. — c) Bœuf. Incision dans l'espace intra- maxillaire, en arrière de la surface génienne (Colin).

4° Salives artificielles. — Triturer les glandes fraîches avec de l'eau distillée, légèrement phéniquée, et filtrer. Il vaut mieux employer le procédé de V. Wittich qui consiste à traiter le tissu glandulaire par la glycérine; on extrait ainsi complètement les ferments des glandes salivaires.

La salive est sécrétée par trois glandes salivaires paires : parotide, sous-maxillaire et subliDgaale; la réunion de ces trois salives avec une petite quantité de liquide provenant des glandes buccales constitue la salive mixte.

1° Salives ijcirtielles.

l*' Salive parotidienne. — La salive parotidienne est fluide, à peine filante, limpide et claire comme de l'eau (celle du cheval est quelquefois opalescente).

Sa densité oscille entre 1,0031 et 1,0043. Sa réaction est alcaline, mais moins

Seringue aspiratrice. — excréteur. — b) Chien.

Fig. 20, — Seringue aspiratrice.

(Voir page 145.)

Fig. 20. — a, conduit de Sténon venant s'ouvrir à la face interne de la jone. — b, bord évasé de la seringue. '— c, piston. — d, tige du piston. — e, bouchon troué dans lequel glisse la tige du piston.

LIOUIDES DU CORPS Hl'MAIN.

prononcée que celle de la salive sous-maxillaire; on ne trouve la réaction acide qu'exceptionnellement et dans les premières

Fig. 21. — Appareil pour recueillir la salive. (Voir page 145.)

gouttes qui s'écoulent par la canule. A l'air, elle se recouvre d'une pellicule de carbonate de chaux; elle se trouble par la chaleur (albumine); par les acides chauds, elle donne un dégagement de bulles gazeuses d'acide carbonique.

Elle ne renferme, chez l'homme, que 10 à 15 p. 1.000 de parties solides. Les substances organiques, qui sont à peine dans la proportion de 5 p. 1,000, consistent en albumine, globuhne, acides gras volatils et urée. Elle ne contient pas de mucine. L'existence de la plyahne n'y a pas été démontrée d'une façon certaine. Les sels minéraux sont constitués par du bicarbonate de chaux, des chlorures, des sulfates et des phosphates de potasse et de soude; leur quantité est d'environ 5 p. 1,000. On y trouve en outre du sulfocyanure de potassium.

2° Salive sous-maxillaire. — La salive sous-maxillaire de l'homme est filante, visqueuse, limpide et d'une réaction alcaline, sauf les premières gouttes. Par l'application des alcalis et du poivre

Fig. 21. — a, b, c, d, appareil pour l'obtention de la salive parotidienne. — e, f, appareil pour recueillir la salive sous-maxillaire. (Colin.)

sur la langue, cette salive devient très-visqueuse et ne coule que difficilement. On y rencontre alors beaucoup de mucine et des corpuscules salivaires gélatineux (voir : Salive sympathique). Elle contient de la ptyaline et du sulfocyanure de potassium.

Comme on ne peut obtenir cette salive en quantité suffisante pour en étudier les caractères, on est obligé d'avoir recours aux animaux. Chez ceux-ci on reconnaît que la salive sous-maxillaire présente des différences, non-seulement d'une espèce à l'autre, mais aussi pour une même espèce, suivant les influences qui ont déterminé la sécrétion.

Chez le chien, quand on place une canule dans le canal de Wharton, on a un écoulement de liquide trouble, blanchâtre, qui s'arrête bientôt, mais reprend si on irrite la muqueuse buccale. Quand on applique sur la langue des acides, la salive est limpide, peu fdante; quand ce sont des alcalis, elle est trouble, blanchâtre, visqueuse. Mais ces différences de sécrétion s'accusent bien mieux si on isole et si on excite chacun des nerfs qui se rendent à la glande. La glande sous-maxillaire du chien reçoit trois nerfs [fig. 22), une branche de la corde du tympan (c) qui

Fig. 22. — Nerfs de la glande sous-maxillaire du chien.

Fig. 22. — N, glande sous-maxillaire. — G, glande sublinguale. — SM, conduit de Wharton avec sa canule. — SL, conduit sublingual avec sa canule. — T, S, S', nerf lingual. — F, nerf facial. — c, corde du tympan. — • g, ganglion sous-maxillaire. — q, ganglion cervical supérieur. — P, filet sympathique allant à la glande, — j, artère maxillaire profonde. — V, nerf vidien. — l, rameau du lingual allant à la muqueuse buccale.

accompagne le nerf lingual: une branche du grand sympathique (P) qui pénètre dans la glande avec l'artère; une branche qui provient du ganglion sous-maxillaire {g) ; on connaît chez le chien trois espèces de salives correspondantes à chacun de ces nerfs, et une quatrième espèce, salive paralytique qui se produit après la section de tous ces nerfs.

A. Salive de la corde du tympan. — La salive de la corde, appelée autrefois salive du trijumeau, est claire, limpide, sauf les premières gouttes, peu filante, moussant cependant un peu par l'agitation avec l'air, et a une réaction alcaline fortement prononcée. Sa densité varie de 1,0039 à 1,0056. Elle ne renferme pas d'éléments morphologiques. D'après Eckhard, elle contient 12 à 14 p. 1,000 de principes solides dont un tiers est formé par des substances organiques, albumine et mucine. Les substances minérales consistent en chlorures alcalins, phosphates de chaux et de magnésie, et une petite quantité d'acide carbonique libre, comme le démontre le dégagement de bulles gazeuses sous le microscope par l'addition d'acide acétique concentré. Par le repos, elle abandonne des cristaux de carbonate de chaux. On peut en obtenir de très-grandes quantités, surtout si on a soin de faire alterner les périodes d'excitation avec les périodes de repos.

B. Salive du grand sympathique. — La salive sympathique est filante, visqueuse, très-opaque, elle coule souvent en filaments allongés. Sa densité est de 1,0075 à 1,0181. Elle contient un grand nombre d'éléments morphologiques et spécialement des masses gélatiniformes très-pàles, de grosseur variable, qui ne sont probablement qu'un produit de transformation des cellules glandulaires; on y rencontre *en outre des corpuscules salivaires analogues aux globules blancs du sang et des globules granuleux de nature indéterminée. Sa richesse en principes soUdes (15 à 28 p. 1,000] est toujours plus grande que celle de la salive de la corde. Elle est très-alcaline et renferme de l'albumine et une forte proportion de mucine qui se précipite en une masse blanche, adhérente à l'agitateur par faddition d'un excès d'acide acétique. Elle contient les mêmes éléments inorganiques que la salive de la corde. La quantité de salive obtenue par l'excitation du grand sympathique est toujours très-faible; si l'excitation est continuée pendant longtemps, la sécrétion diminue et finit par s'arrêter, et en même temps la glande subit une véritable dégénérescence graisseuse.

150 CHIMIE rHYSIOLOGIOUE.

C. Salive du ganglion sous-maxillaire. — Si on COUpe le lingual au-dessous de l'anastomose de la corde et le grand sympathique, certains excitants (électricité, éther, etc.), appliqués sur la langue, déterminent un écoulement de salive qui cesse immédiatement si on coupe le lingual entre la glande et le ganglion sous-maxillaire. Les excitants simplement gustatifs ne la produisent pas (Cl. Bernard). Cette salive n'a pas été étudiée. D'après ScliifT (Leçons sur la physiologie de la digestion, 1. 1", p. 283), il faudrait donner à ces faits, dont il ne nie pas l'exactitude, une tout autre interprétation.

D. Salive paralytique. — Si on coupe tous les nerfs de la glande, on a un écoulement continu de salive un peu trouble, liquide, très-peu concentrée, qui s'arrête quand la dégénérescence, qui fait suite à la section, atteint la périphérie des nerfs. Cette même salivation se produit dans l'empoisonnement par le curare. Cette sécrétion se produit des deux côtés, même quand les nerfs d'une seule glande ont été coupés (Heidenhain); seulement, la salive de la glande intacte se rapproche de la salive de la corde du tympan.

3° Salive sublinguale. — La salive sublinguale est transparente, visqueuse et coule en un filet fin non interrompu qui peut aller de l'orifice de la fistule jusqu'à terre. Elle est alcaline et présente une grande quantité de corpuscules salivaires à mouvements amœboïdes. Elle se dislingue des autres salives par sa forte proportion de mucine. D'après Heidenhain, elle contiendrait 27,5 p. 1,000 de parties solides ilapinj; chez l'homme, le chiffre des principes sohdes irait jusqu'à 99,8 p. 1,000 (Kûhne). On y a constaté la réaction du sulfocyanure de potassium. La glande subhnguale offre aussi le phénomène de la sécrétion paralytique.

4° Liquide des glandes buccales. — Ce liquide, qu'on peut obtenir à part en détournant la sécrétion des trois glandes salivaires, est très-visqueux, filant, fortement alcalin, et ressemble beaucoup à celui de la glande sublinguale.

2° Salive mixte.

La salive mixte est un composé des quatre espèces de salives qui viennent d'être étudiées, et ses caractères varient suivant la proportion de chacune des salives partielles. A l'état ordinaire^

c'est un liquide transparent ou légèrement opalin, spumeux et un peu filant. Par le repos, elle se divise en trois parties: une partie supérieure, spumeuse, filante; une couche moyenne, limpide, peu visqueuse, et une partie inférieure constituée par un sédiment blanc grisâtre (cellules épithéliales et corpuscules salivaires). Sa densité est de 1,004 à 1,009. Sa réaction est normalement alcaline; l'alcalinité est due au phosphate de soude tribasique. Dans quelques cas, elle peut être acide, spécialement le matin ou dans l'intervalle des repas; mais cette acidité tient à la décomposition de parcelles alimentaires avec fermentation lactique. Les éléments morphologiques de la salive mixte consistent en cellules épithéliales, corpuscules salivaires et corpuscules gélatiniformes.

La quantité de salive mixte sécrétée par jour chez l'homme, impossible à évaluer exactement, peut varier entre 300 et 1,500 grammes. La sécrétion salivaire est continue, mais la quantité de salive sécrétée dans les vingt-quatre heures se répartit inégalement sur les diverses heures de la journée; elle diminue dans l'intervalle des repas, mais elle ne cesse jamais, et la salive ainsi formée à jeun et qui provient surtout des glandes sous-maxillaires et sublinguales, est déglutie instinctivement toutes les minutes à l'état de veille et à de plus rares intervalles pendant le sommeil. L'augmentation de la quantité de salive au moment du repas est due surtout à l'augmentation de la salive parotidienne.

Les excitations gustatives (surtout par des corps acides ou amers, vinaigre, coloquinte, etc.), les émotions morales (vue des aliments, certaines odeurs, etc.), l'abord des aliments dans l'estomac, les mouvements de mastication augmentent la quantité de salive et cette augmentation est bien plus marquée quand plusieurs de ces excitations se trouvent réunies, ainsi quand les impressions sapides coexistent avec les mouvements de mastication (SchitT). Le sens de la mastication a une influence marquée sur la quantité de salive sécrétée du même côté i Colin); le phénomène est facile à observer chez le cheval, chez lequel le sens de la mastication change toutes les demi-heures.

Les difl'érentes excitations n'agissent pas de la même façon sur les diverses espèces de salive. Ainsi les impressions visuelles et le sens de la mastication ne paraissent pas agir sur la sécrétion sous-maxillaire. Elle parait, par contre, plus sensible aux impressions gustatives (Schifif).

Composition chimique de la salive mixte. — La salive mixte de l'homme contient environ 5 p. 1,000 de principes solides. Les substances organiques de la salive mixte sont l'albumine, la globuline, de la mucine (en quantités variables), et une substance spéciale à la salive, la pîyaline qui a la propriété de transformer l'amidon en sucre. Ld. ptyaline ou diasîase salivaire peut être obtenue par divers procédés de préparation; celui qui donne la ptyaline la plus pure paraît être celui de Cohnheim. On recueille une certaine quantité de salive fraîche en excitant la muqueuse buccale parles vapeurs d'éther; on l'acidifie fortement avec l'acide phosphorique ordinaire et on ajoute de l'eau de chaux jusqu'à réaction alcaline; il se produit un précipité de phosphate de chaux basique qui entraîne mécaniquement toutes les matières albuminoïdes et la ptyaline. On filtre et on traite le résidu par l'eau qui enlève la ptyaline en laissant les substances albuminoïdes sur le filtre. L'eau de lavage, avec l'alcool, donne un précipité floconneux, blanchâtre, qu'on dessèche dans le vide avec de l'acide sulfurique. On obtient ainsi une poudre blanc grisâtre, constituée par de la ptyaline mélangée de phosphates. On l'isole de ces derniers en la dissolvant dans l'eau, précipitant par l'alcool absolu, lavant le précipité à l'alcool étendu, puis avec un peu d'eau et desséchant à une basse température.

La ptyaline ainsi obtenue est une substance azotée; elle est facilement soluble dans l'eau et rentre dans la catégorie des ferments solubles. Elle transforme très-rapidement l'amidon en glycose, et cette propriété persiste, qu'elle soit neutre, faiblement acide (acide chlorhydrique à 0,1 p. 100) ou alcahne; cependant un excès d'alcali ou d'acide la lui enlève; la présence d'une trop forte proportion de sucre (1,5 à 2,5 p. 100) s'oppose à la continuation de la transformation et, pour qu'elle reprenne, il faut étendre la hqueur. En prenant ces précautions, on peut, avec une quantité très-petite de ptyaline, transformer d'énormes quantités d'amidon en sucre. La ptyaline agit donc comme un ferment. La propriété saccharifiante de la ptyahne n'est pas altérée par les autres sucs digestifs, et elle est le seul principe saccharifiant qui existe dans la salive. Elle se rapproche de la diastase de l'orge germée et de l'émulsine des amandes; mais elle s'en distingue en ce que ces substances ont leur maximum d'action à 66°, tandis que la ptyahne se détruit à 60°.

Contrairement à l'opinion de quelques auteurs, la salive du

nouveau-né a aussi le pouvoir sacchariflant, mais il est moins prononcé que pour la salive de l'adulte et n'atteint son maximum que vers l'âge d'un an.

La salive mixte contient encore du sulfocyanure de potassium, du bicarbonate de chaux qui, par le repos, se précipite sous forme de membrane cristalline de carbonate de chaux, des chlorures alcalins et des phosphates de chaux et de magnésie. On y a constaté la présence de gaz en dissolution, de l'acide carbonique et des traces d'oygène et d'azote. (Pfluger.)

La salive mixte se trouble par la chaleur; elle précipite par l'alcool, l'acide nitrique, l'acétate de plomb, l'acide tannique et le bichlorure de mercure.

La salive peut contenir accidentellement de l'urée, de la leucine, de l'acide lactique; la présence de la glycose est plus que douteuse, même dans les cas de diabète.

Analyse de la salive. — 1° On prend la densité du liquide;

2^ On évapore à 105° un poids donné de salive; on a ainsi la quantité d'eau ;

3° L'incinération de ce résidu donne le poids des matières inorganiques et par différence le poids des matières organiques;

4° Pour doser la mucine et répithélium, un évapore un poids donné de salive à consistance sirupeuse, on ajoute de Tacide acétique et on filtre sur un filtre taré;

5" On précipite le liquide précédent par l'alcool; le précipité, lavé et desséché, donne le poids de la ptyaline et des matières albuminoïdes.

Voici plusieurs analyses de saUve mixte de l'homme :

Pour 1,000 parties.

Fr. Simon.

Berzélius.

Frerichs.

Jacubowitsch.

Lehmanu

Eau

Matières solides.

Ptyafine. . . .

Mucine ....

Sulfocyanure . .

Sels

Certaines substances, introduites dans le sang, passent dans la salive; tels sont l'iode, les iodures et les bromures; on constate alors qu'il manque dans la salive une proportion équivalente de chlore; il y a donc substitution d'une substance à l'autre. Le mercure n'y passe pas.

Pour l'influence du système nerveux sur la salive, voir: Sécrétions et Innervation.

Physiologie comparée. — La salive sous-maxillaire du chien a été étudiée à propos de la salive sous-maxillaire. La salive mixte est visqueuse, filante, limpide, et contient peu de débris épithéliaux et de corpuscules salivaires. — La salive du cheval est trouble, gris jaunâtre, peu visqueuse et contient des débris d'épitbélium. — La salive sous-maxillaire du mouton est peu filante, fortement alcaline. — La salive du la^pin est claire, jamais filante, alcaline; elle ne contient pas de mucine. — Le sulfocyanure de potassium ne paraît pas exister dans les salives animales.

Voici des analyses comparatives de la salive chez plusieurs animaux :

Pour 1,000 parties.

Mucus et albumine .

Carbonate alcalin .

Chlorures alcalins . .

Phosphates alcalins .

Phosphates terreux. .

Cheval. Vache. Bélier. Chien.

Traces.

Traces.

1,00 3,00 6,00 1,00 Traces.

Les trois premières sont dues à Lassaigne, la dernière à Jacubowitsch.

Rôle physiologique de la salive. — En dehors de la digestion, la salive agit en empêchant la sécheresse de la muqueuse buccale, sécheresse qui serait incompatible avec l'intégrité du goût. Par son sulfocyanure de potassium, elle s'oppose peut-être à la décomposition des parcelles alimentaires restées entre les dents. En outre, la salive étant sécrétée incessamment, même pendant le sommeil, est déglutie instinctivement, et comme, à chaque mouvement de déglutition, la trompe d'Eustache s'ouvre et met en communication l'air de la caisse et l'air extérieur, cette sécrétion salivaire sert ainsi indirectement à l'audition en maintenant la pression normale de l'air de la caisse.

Pendant la digestion, la saUve a trois usages principaux : — J° elle dissout les parties solubles des ahments et même, par son alcahnité, peut dissoudre certaines substances albuminoïdes. —

2° Elle imbibe les substances alimentaires et facilite ainsi leur mastication et surtout leur déglutition; plus l'aliment est sec, plus il y a de salive sécrétée; et la ligature des conduits salivaires chez un animal rend la mastication plus lente et la déglutition presque impossible. Aussi la quantité de salive est-elle beaucoup plus considérable chez les herbivores que chez les carnivores. Le cheval donnerait par jour 42 kilogrammes de salive, le bœuf, 56 kilogr. ^Golin). — 3° La salive transforme l'amidon en glycose. Celte dernière action sera étudiée avec la digestion.

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