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plus, la pièce E se relève par l'élasticité du ressort gui va toucher la vis î;, et le courant passe de nouveau. En même temps, à chaque fermeture et ouverture du courant dans la bobine primaire, il se produit dans la bobine secondaire B' des courants instantanés qu'on peut recueiUir à l'aide de deux bornes invisi-
Fig. IX. — Appareil à chariot de Du Bois Reymond.
bles dans la figure. La bobine secondaire glisse dans deux rainures et peut être rapprochée plus ou moins de la bobine primaire qu'elle peut même coiffer complètement, et plus on éloigne les deux bobines, plus on diminue l'intensité du courant induit. Enfin deux bornes I permettent de recueillir l'extra-courant.
3° Des appareils pour ouvrir et fermer le circuit ; en effet, il importe de placer les électrodes avant de fermer le circuit. Le meilleur appareil est le levier-clef de Du Bois Reymond {fig. X). Il se compose d'une tablette en caoutchouc durci, sur laquelle sont fixées deux bornes métalliques A et B. Un prisme en laiton qu'on fait basculer à l'aide d'une poignée isolante G, établit la communication entre les deux bornes quand on l'abaisse, ou l'interrompt quand on le relève, comme dans la figure; quand on relève la clef, le courant de la pile passe dans le circuit dérivé A I B, quand on l'abaisse, le courant passe en entier à travers le prisme en laiton, et le circuit A I B ne reçoit rien du courant, à cause de sa résistance bien plus considérable.
4° Des appareils ou commutateurs qui permettent, non-seule-
LE L.VBORATOIRE DE l'HYSIOLOGIE.
ment d'interrompre et de rétaljlir à volonté le courant, mais encore d'en changer instantanément le sens.
Fig. X. — Levier-clef de Du Bois Reymond.
La flgure XI représente un des plus usités, le commutateur de
Ruhmkorff. Sur un cylindre d'ivoire i, tournant autour d'un axe à l'aide du bouton E, sont fixées deux bandes longitudinales de cuivre qui communiquent, l'une, a, parlesup- J port m, avec le pôle positif de la Jp pile, l'autre, c, par le support m', ^ avec le pôle négatif. Sur le cylindre ^ appuient les extrémités de deux
F.j. XL — Commutateur de Ruhmkorff. reSSOrtS fixéS à dCUX bOmCS OppO-
sées, e et e', d'où partent les fils qui forment le circuit. Si les extrémités des ressorts tombent dans les intervalles des lames métalliques et sont en contact avec l'ivoire, le courant est inter-
XXVI LE LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE
rompu; si le ressort s appuie sur le cuivre, le courant entre par cl, va dans la lame de cuivre a, de là dans le ressort s et dans la borne e, parcourt le circuit dans le sens de la flèche, revient à la borne e\ va dans le ressort correspondant dans la lame c, et sort par w'. Pour changer le sens du courant, on fait tourner le cylindre de 180% de façon que la lame c vienne toucher le ressort s.
5° Des appareils pour graduer l'intensité des courants constants, rhéostats, et pour la description desquels je renvoie aux traités de physique.
G° Des électrodes dont la forme et la disposition varient suivant le but qu'on veut obtenir. Pour éviter la polarisation, on se sert habituellement d'électrodes dits impolarisables; ils sont constitués essentiellement par des lames de zinc amalgamé plongeant dans une solution de sulfate de zinc. On peut leur donner diverses formes; on peut placer la solution où plonge le zinc amalgamé dans un tube de verre fermé à sa partie inférieure par un bouchon d'argile plastique; on place, comme dans la figure 172, page 724, les parties dans lesquelles doit passer le courant sur des coussinets de papier à filtrer plongeant dans une solution de sulfate de zinc. Donders a figuré et décrit, dans les Archives de Pfli'iger, t. V, page 3, une forme très-commode d'électrodes impolarisables. Les deux électrodes doivent être réunis (en maintenant naturellement leur isolement) et doivent jouir d'une certaine mobilité de façon qu'on puisse leur donner la position qu'on désire; cette mobilité s'acquiert soit en les reliant à leur support par une articulation dite genou à coquille, soit, comme le fait Marey, en les rattachant à un tube de plomb qui, grâce à sa flexibilité et à son peu d'élasticité , prend et garde toutes les positions qu'on lui donne.
7° Un galvanomètre ordinaire et un galvanomètre à miroir avec sa lunette. Je renvoie pour leur description aux traités de physique.
8° Un interrupteur électrique de Marey pour obtenir les secousses en imbrication latérale et oblique. (Voir Marey : Du Mouvement dans les fonctions de la vie, p. 321.)
9" Des aiguilles thermo-électriques de forme et de disposition Yariabbs (voir page 7Ô3), etc.
Les autres appareils spéciaux sont décrits et la plupart figurés
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dans le courant du livre, ou décrits dans les traités de physique et de chimie, et il est inutile de les mentionner ici.
Enfin le laboratoire doit posséder une bibliothèque spéciale, de façon que les recherches bibliographiques puissent être faites immédiatement et sans perte de temps. Celte bibliothèque comprendra les traités de physiologie humaine et animale, les mémoires et traités particuliers les plus importants, et surtout les collections des recueils de physiologie.
6° Personnel du laboratoire.
Tout ce qui vient d'être mentionné peut s'acquérir facilement et de suite; il suffit de pouvoir faire les dépenses nécessaires; mais il n'en est pas de même du personnel. 11 faut du temps pour avoir un personnel exercé, et le goût des études physiologiques est encore trop nouveau en France pour qu'il ait pu se former un personnel physiologique analogue à celui qui existe pour la chimie , par exemple , ou pour la clinique. Pour un laboratoire installé comme celui qui vient d'être supposé dans les pages précédentes, le nombre des préparateurs devrait correspondre à peu près aux principales catégories de travaux physiologiques, et sans les parquer étroitement dans une spécialité, il devrait y avoir pour les travaux de vivisection, de micrographie, de chimie et de physique, autant de préparateurs distincts.
Quant aux servants de laboratoire, leur nombre est toujours insuffisant; un seul individu ne peut évidemment suffire à tous les besoins, et dans un laboratoire bien outillé il faudrait au moins trois servants, un pour la chimie et la physique, un pour les vivisections, un pour les soins à donner aux animaux. Mais dans les laboratoires français, nous sommes bien loin de ce nombre.
7° Laboratoire de Vétudiant.
Dans les Facultés de médecine, quelques étudiants seulement peuvent être admis dans les laboratoires de physiologie ; mais si ces laboratoires sont à peine suffisants dans de petites Facultés, comme celle de JXancy, par exemple, il en est à plus forte
Beaunis, Phys. c.
XXVIII LE LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE
raison de même dans celle de Paris. Là, en effet, l'immense majorité des étudiants ne sait pas ce que c'est qu'un laboratoire de physiologie, et dans les écoles secondairesil en est de même, vu l'absence complète de laboratoire. On ne peut nier cependant que la physiologie ne soit aussi nécessaire au médecin que l'anatomieet la chimie; on ne comprendrait pas l'étude de l'anatomie et de la chimie sans travaux pratiques, et n'en est-il pas de même pour la physiologie? 11 m'a semblé qu'il y avait quelque chose à faire dans cet ordre d'idées, et que dans l'impossibililé de trouver accès dans des laboratoires qui sont insuffisants ou n'existent pas, chaque étudiant pourrait avoir chez lui et à peu de frais son laboratoire de physiologie.
Ce laboratoire pourrait comprendre :
r Les réactifs et les substances les plus nécessaires, eau distillée, acides azotique, sulfurique, chlorhydrique, acétique, suifhydrique, de l'ammoniaque, de la soude, de la baryte, du chlorhydrate d'ammoniaque, de la teinture d'iode étendue, de l'iodure de potassium, de l'alcool, de l'éther, du chloroforme, du chloral, la liqueur de Barreswill, le réactif de Millon, du papier de tournesol.
2° Les appareils de chimie indispensables, une lampe à alcool avec un support, une douzaine de verres à pied, deux douzaines de tubes à essais, quelques petits ballons, quelques entonnoirs, des agitateurs, quelques tubes de verre de diamètre différent, une fiole à jet, une éprouvette graduée, quelques verres de montre, trois ou quatre capsules en porcelaine de grandeur différente, quelques soucoupes en porcelaine, du papier à filtrer, des bouchons en liège et un perce-bouchons, des tubes en caoutchouc de diverses grandeurs, etc.; deux grands bocaux servant daquarium pour les grenouilles, quelques vases et bocaux pour les préparations, un pèse-urine, un bain de sable, etc.
3° Des instruments, instruments ordinaires de dissection, pinces, scalpels fins, ciseaux, etc.; des planchettes de liège pour fixer les grenouilles, un thermomètre ordinaire et un petit thermomètre médical à échelle fractionnée, une seringue à injection sous-cutanée ou simplement une petite seringue en verre à bout efiilé ; la pointe s'introduit par une piqûre faite à la peau de la grenouille avec les ciseaux; — un sabUer marquant la demiminute; une balance-trébuchet; — une pince de Pulvermacher; — une petite pile au bichromate; — un compas ; — un diapason avec une pointe écrivante.
LE LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE. XXIX
A° Un appareil enregistreur constitué par un disque rotatif, comme les disques rotatifs de Newton, sur lequel on fixe un papier enfnmé. Peut-être arrivera-t-on à construire des cylindres, enregistreurs faits avec moins de précision et qui sufliraient cependant pour les recherches et pourraient, à cause de leur prix, être abordables aux étudiants.
5° Un levier myographique simple, comme celui dumyographe de Marey. Ici encore, il serait désirable que les constructeurs pussent en fabriquer à meilleur marché.
6** Un tambour à levier du poly graphe de Marey.
7° Un microscope avec tout l'outillage nécessaire et les réactifs indispensables, tels qu'ils sont indiqués dans tous les traités de micrographie.
Avec cette installation sommaire dont le total ne dépa.sse certainement pas 500 fr., l'étudiant peut étudier pratiquement les principales questions physiologiques et répéter les expériences fondamentales, même en se restreignant à un seul animal, la grenouille. II pourra étudier le sang, la lymphe, l'urine, la bile, la salive et les principaux liquides de l'organisme; les digestions naturelles peuvent être faites facilement dans l'estomac vivant chez la grenouille; on peut chez elle pratiquer des fistules gastriques, l'extirpation des poumons, de la rate, la ligature du foie, etc. Les mouvements du cœur et les conditions diverses qui les influencent, les mouvements de l'intestin, de lavessie, etc., y sont d'une observation facile ; les expériences fondamentales sur les muscles, les nerfs, la moelle, l'encéphale, peuvent être répétées sur elle; le microscope montrera la circulation capillaire dans la membrane interdigitale ou dans le mésentère de la grenouille ; la patte galvanoscopique permettra de déceler les courants électriques des muscles et des nerfs; enfin, le développement des œufs et des têtards de grenouille fournira un vaste champ d'observations curieuses et instructives. D'un autre côté, l'étudiant peut étudier sur lui-même ou sur ses camarades les mouvements respiratoires et un certain nombre d'autres fonctions; quelques appareils trèssimples, qu'il peut fabriquer lui-même, lui permettront de répéter une partie des expériences de la vision, et l'habitueront aux observations délicates sur les sensations. Enfin, avec un bain de sable placé l'hiver dans un poêle, il pourra faire des digestidTis artificielles et étudier facilement l'action de la salive et du suc gastrique.
XXX LE LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE
Il serait à désirer qu'un constructeur intelligent prît l'initiative de fabriquer ainsi et de réunir dans une caisse portative et peu volumineuse tous les appareils indiqués ci-dessus; on aurait ainsi le laboratoire de l'étudiant.
Appendice. — Anatomie de la grenouille. — C'est en vue du paragraphe précédent que je donne les six figures suivantes destinées à guider l'étudiant dans la connaissance de la constitution anatomique de la grenouille. Les deux premières figures, qui représentent le squelette de la grenouille, n'ont pas besoin de légende explicative; l'étudiant retrouvera facilement dans l'ostéologie de l'homme les noms des divers os du squelette ; les deux figures suivantes représentent l'appareil musculaire ; la cinquième, empruntée à Cl. Bernard, figure le système circulatoire, la dernière représente , d'après Ecker, l'ensemble du système nerveux.
Bibliographie. ^ Cl. Bernard : Infroductinn à l'étude de la médecine expérimeri' taie, 18C5, et : Leçons sur les ane.tthésiques et l asphyxie, 187.5. — Marev : Du Mouvement dans les fonctions de la vie, 186 •<. — Eckek : Die Anatomie des Frosches, 1864. — Krause : Anatomie des Kaninchens, 18(;8. — Buktox-Saxderson : Handlook for the physiological lahorafory, 1873. Voir aussi les traités de micrographie, de physique et de chimie médicale.
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Fig. XII, — Squdclte do grenouille; face dorsal.'