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Action des muscles sur les os

Quand deux os sont réunis par une articulation et qu'un muscle va de l'un à l'autre, il peut se présenter deux cas : ou bien le muscle est rectiligne ou bien il est réfléchi.

Dans le premier cas, si le muscle est rectiligne, le muscle, en se contractant, tendra à rapprocher ses deux points d'insertion, et la résultante du raccourcissement de toutes ses fibres pourra être représentée par une ligne idéale qui figurera graphiquement le muscle lui-même et sa direction. Les os peuvent aussi être représentés par des lignes idéales figurant l'axe de l'os. Le muscle, en se contractant, exerce une traction égale sur ses deux points d'insertion, et tend à les déplacer l'un vers l'autre d'une quantité égale ; mais les obstacles qui s'opposent à ce déplacement peuvent différer à chacun des deux points d'insertion, de façon que l'un d'eux peut se déplacer seulement d'une quantité très faible ou même rester immobile; de là la distinction des insertions d'un muscle en insertion fixe et insertion mobile; mais ces mots n'ont en réalité qu'une valeur toute relative ; l'insertion fixe pourra dans certaines circonstances devenir insertion mobile et vice versa; cependant pour la plupart des muscles, une des insertions joue le plus habituellement le rôle de point lixe, et c'est en général celle qui est la plus rapprochée de l'axe du tronc ou de la racine des membres.

Si le muscle est réfléchi, il pourra arriver deux cas : 1° ou bien le point de réflexion est molùleet les insertions sont fixes; alors ce point de réflexion se rapprochera d'une droite joignant les deux points d'insertion du muscle; c'est de cette façon qu'agissent les muscles curvilignes à insertion fixe qui compriment les organes contenus dans une cavité ; 2" ou bien le point do réflexion est fixe; alors chacune des insertions se rapproche du point de réflexion, et nous rentrons dans le cas des muscles à direction rectilignc; ici du reste, comme ci-dessus, une des insertions du muscle peut être fixe, et l'autre se rapproche seule du point de réflexion ; dans ce cas, le muscle peut, au point de vue physiologique, être considéré comme partant de son point de réflexion.

Si maintenant nous examinons les différentes positions qu'un muscle en état de contraction peut imprimer à un os mobile par rapport à un os fixe, nous trouverons les cas suivants (fîg. 273):

1° Le muscle fait avec Vos mobile un angle aigu, MM'A (fig. 273, 1). Le muscle MM'

Fig. 213. — Positions d'un os mobile par rapport à un os fue.

tire le point mobile M' dans la direction M'M; il représente une force qu'on peut décomposer en deux composantes: 1° l'une M'a, parallèle à l'os mobile et se confondant avec son axe, tend à presser cet os contre l'os fixe dans l'articulation A ; celle partie de la force est donc complètement perdue pour le mouvement; 2° l'autre composante M'6, perpendiculaire à l'os mobile, entraîne le point mobile M' dans la direction M'6; celle-là est seule utile. En comparant les deux figures I etf, on voit que plus l'angle intercepté par les deux os est obtus, plus il y a de force perdue, et qu'à mesure que cet angle se rapproche d'un angle droit, la quantité de force utilisée M'ô devient plus grande ;

2° Le muscle fait avec l'os inobileun angle droit (II). Dans ce cas toute la force est utilisée, et le point mobile M' est tiré dans la direction même du muscle M'M ; c'est ce qu'on appelle le moment d'un muscle.

3° Le muscle fait avec Vos mobile un angle obtus ÂM'M (III). Nous retrouvons là encore les deux composantes comme dans le premier cas: 1° l'une M'a tire le point mobile M' dans la direction M'a, et tend à écarter l'os mobile de l'os fixe dans l'articulalion A; c'est donc l'inverse de ce que nous avons vu précédemment; mais son effet est toujours perdu pour le mouvement de l'os; l'autre composante M'6 tire le point M' dans la direction M'6 et possède seule un effet utile. On comprend maintenant futilité des saillies articulaires sur lesquelles les tendons se réfléchissent ;

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

en augmentant l'angle d'incidence du muscle sur l'os mobile, elles favorisent d'autant l'action delà force motrice.

Il est facile de trouver, avec cette construction, l'intensité de la force utilisée à chaque instant de la contraction quand on connaît la force du muscle. Il suffit en eilot de donner à la ligne MM' la valeur de la force du muscle et de construire le rectangle des forces comme dans les ligures ci-joinles ; on aura immédiatemenl la valeur des deux composantes M'a et M'6 en comparant leur longueur à celle de la diagonale du rectangle M'M.

Il est important de remarquer que, suivant qu'un muscle sera au début ou à la lin de sa contraction, il y aura pression des surfaces articulaires les unes contre les autres ou tendance à l'écartement de ces surfaces. Beaucoup de muscles ne passent pas parles trois positions que nous avons étudiées, et cessent d'agir avant d'avoir atteint leur moment, c'est-à-dire le point où leur traction s'exerce perpendiculairement à l'os mobile. Quoi qu'il en soit, tous les mouvements imprimés à un os par la contraction d'un muscle peuvent être ramenés à un des trois cas précédents.

Nous avons supposé un muscle tendu sur une seule articulation et allant d'un os à l'os contigu ; mais il y a des muscles tendus sur plusieurs articulations et dont les contractions peuvent par conséquent s'exercer sur plusieurs os à la fois. Ici le problème est plus complexe ; on peut toujours, il est vrai, apprécier l'action d'un muscle sur une articulation donnée, en supposant toutes les autres fixes; mais on n'a pas là ce qui se passe en réalité, et ces mouvements, que nous supposons se faire successivement, se font simultanément et se modifient les uns les autres. Dans tous ces mouvements, l'os mobile représente un levier dont le point d'appui est à l'articulation avec l'os fixe, la puissance au lieu d'insertion du muscle moteur, la résistance, en un point quelconque variable où vient s'appliquer la résultante des actions de la pesanteur et des obstacles au déplacement de l'os mobile (résistance des antagonistes, tension des parties molles, etc.), et, suivant les positions respectives de ces trois points, l'os mobile représentera un levier du premier, du deuxième ou du troisième genre.

Dans le levier du premier genre, le point d'appui se trouve entre la puissance et la résistance. C'est ce qui arrive, par exemple, dans l'équilibre de la tête sur la colonne vertébrale (fig. 274) ; le point d'appui A correspond à l'articulation occipito-atloïdienne ; la résistance R se trouve en avant de l'articulation sur une perpendiculaire abaissée du centre de gravité de la tête qui par son poids tend à s'incliner en avant ; la puissance P est en arrière, au point d'insertion des muscles de la nuque. La colonne vertébrale, dans ses différentes pièces, le tronc sur le bas- l'''g-2"'i. — Levier du pre-

sin, la jambe sur le pied, représentent un levier du même f "'« {<-Y'^iàre de

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