Inspiration et expiration
L'inspiration est essentiellement active, musculaire. Les muscles qui la produisent, muscles inspirateurs, diaphragme, intercostaux, etc., ont à surmonter les résistances suivantes : 1° l'élasticité du thorax ; sa valeur n'a pas été calculée; 2° l'élasticité pulmonaire; elle peut être évaluée à 8 millimètres de mercure dans les inspirations calmes, à 34 millimètres (en moyenne) dans les inspirations profondes ; 3'> la pression négative de l'air inlrapulmonaire dans l'inspiration; pression qui est de 1 millimètre dans les inspirations calmes, de 57 millimètres dans les inspirations profondes.
(l) A consulter : Carson : On the elasticHg of thc lungs (Phil. Trans., 1820). — P. Bert : Sur l'élasticité et la contraclilité pulmonaires (Gaz. inéd ., 1868). — Id. : De la contractilité des poumons (Comptes rendus, 1869). — D'Arsonval : Rech. théoriques et expér. sur le rôle de l'élasticité pulmonaire dans les jjhcnomènes de la circulation, 1877.
(*) Le premier tracé est fourni par l'excitation directe du poumon, le second par rcxcita'.ion du pneumogastrique.
Les muscles inspirateurs auront donc à surmonter, en négligeant l'élasticité thoracique, une résistance de 8 -|- 1=9 millimètres dans l'inspiration calme, de 24 -|- 57 =81 millimètres de mercure dans l'inspiration profonde.
Vexpiration ordinaire est produite uniquement par Télasticité pulmonaire (et thoracique) et sans intervention musculaire. Cependant, d'après Aducco, l'expiration normale serait toujours active.
Dans ïexpiralion forcée (parole, chant, cri, effort, etc.), les muscles expirateurs (muscles abdominaux) interviennent; ils ont alors à surmonter une résistance égale à la pression de l'air intra-pulmonaire dans l'expiration, moins l'élasticité pulmonaire, par conséquent égale à 87 — 24 = 63 millimètres de mercure, et plus forte encore dans les efforts intenses.
La force d'inspiration et d'expiration se mesure, comme on Ta vu plus haut p. 275) à l'aide du pneumatomètre. En général la force d'expiration l'emporte sur celle d'inspiration, la première variant enlre 80 et 130 millimètres de mercure, la seconde entre 70 et 100 millimètres; la différence des deux valeurs peut être évaluée en moyenne à 2o millimètres. Ces valeurs sont plus faibles chez les femmes et les enfants. Waldenburg a montré qu'il n'y a pas de relation entre les résultats obtenus par le spiromètre {capacité vitale) et ceux que fournit le pneumatomètre. Cependant dans les recherches faites dans mon laboratoire, les courbes de la force d'inspiration et d'expiration étaient en général à peu près parallèles à la courbe de la capacité vitale (voir : A. René, Gaz. des hôpitaux, 1880, n*' loi).
La dilatation du thorax varie pour les divers points de la cage thoracique. L'épigastre est la partie qui présente l'excursion la plus considérable ; la plus faible excursion correspondrait, d'après Ackermann, au quatrième espace intercostal gauche. Le tableau suivant de Riegel donne l'excursion relative de quatre points du thorax chez douze individus des deux sexes.
HOMMES
Manche du sternum.
coni'S du sternum.