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De quelques actes respiratoires spéciaux

Les mouvements respiratoires se modifient de façon à produire certains actes spéciaux qui concourent à l'accomplissement de la fonction respiratoire et d'autres fonctions, ou qui correspondent à des influences nerveuses parti-

(*) Cette figure montre l'étendue des mouvements antéro-postérieurs dans la respiration ordinaire et dans la respiration forcée, chez l'iiomme et chez la femme. Le trait noir indique par ses deux bords les limites de l'inspiration et de l'expiration ordinaires. La ligne pointillée répond à l'inspiration forcée, le contour de la silhouette à l'expiration forcée.

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT. 287

culières. Eu égard à leur mécanisme, ces actes jDeuvent être classés en trois catégories : efforts, actes inspirateurs et actes expirateurs. Le mécanisme de la voix et de la parole rentrerait aussi dans cette dernière catégorie, mais leur importance mérite une étude à part qui sera faite dans les chapitres suivants.

A. Effort. — L'efTort n'est pas autre chose que le déploiement à un moment donné d'une contraction musculaire intense pour vaincre une résistance considérable. Cet effort a pour première condition la fixation de la cage Ihoracique, fixation q*ui donne un point d'appui solide aux muscles des membres supérieurs, de l'abdomen et des membres inférieurs. Pour fixer la cage thoracique, on fait une inspiration profonde, puis la glotte se ferme et les muscles expiraleurs se contractent alors énergiquement. Cette occlusion de la glotte a été constatée directement chez les animaux; chez l'homme elle est prouvée par ce fait d'observation journalière que l'émission des sons s'arrête au moment de l'efTorl. Cependant l'occlusion absolue de la glotte ne paraît pas être indispensable, et les animaux ou les hommes porteurs de fistules de la trachée peuvent encore faire des efforts, mais moins énergiques et moins soutenus.

B. Actes inspirateurs. — Ces actes inspirateurs sont tantôt simples, comme l'action de humer ou de renifler, tantôt plus complexes, comme le bâillement.

Fig. 312, — Graphique du rire (').

Dans le humer, l'air passe par la bouche en entraînant le liquide en contact avec l'orifice buccal. Dans le renifler, le courant d'air inspiré passe par le nez, et on aspire en même temps les corps placés à l'orifice des narines, comme dans l'action

(') Le graphique ?e lit de droite à gaucho ; la croiv indique le début du graphique ; la ligne ascendante E correspond à l'expiration, la ligne descendante 1 à l'inspiration ; la première courbe donne la respiration normale; il y a dans ce cas une pause expiratoire. Le trait horizontal indique le début du rire.

de priser. Le bâillement consiste en une inspiration profonde, la bouche largement ouverte, avec contraction de certains muscles de la face et suivie d'une expiration bruyante ou insonore. Le sanglot est une inspiration ou une série d'inspirations diaphragmatiques, brèves, spasmodiques, douloureuses avec production de son glottique à l'inspiration et à l'expiration. Dans le soupir l'inspiration est lente, profonde et suivie d'une expiration courte et forte avec émission d'un son particulier. Le hoquet est une contraction spasmodique du diaphagme, avec inspiration brusque arrêtée subitement par l'accolement des cordes vocales.

C. Actes expirateurs. — La toux consiste en une ou plusieurs expirations avec rétrécissement de la glotte et production d'un son assez fort; le courant d'air expiré passe en grande partie par la bouche. V! expectoration n'est que l'expulsion par la toux des mucosités contenues dans la trachée et le larynx. Dans Vexcréation {hem des Anglais), les mucosités accumulées dans l'arrière-gorge et le pharynx sont entraînées par le courant d'air expiré; dans le crachement, il entraine celles qui se trouvent dans la cavité buccale; dans le moucher, le courant d'air, au lieu de passer par la bouche, passe par les fosses nasales. L'^ernuement consiste en une inspiration profonde suivie d'une expiration brusque se faisant par le nez. Le rire se compose d'une série d'expirations successives la bouche ouverte et avec production d'un bruit spécial à la glotte; pendant le rire, l'épiglotte est relevée, ce qui facilite le passage des aliments et des boissons dans le larynx.

La méthode graphique permet d'étudier dans tous leurs détails le mécanisme de ces divers actes respiratoires. Je donnerai comme type le graphique du rire, pris par le procédé indiqué page 272.

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