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Situation et équilibre du cœur dans le thorax

Le cœur est enveloppé par une membrane fibreuse, le péricarde, membrane résistante, peu extensible et d'une élasticité très imparfaite. C'est dans la cavité péricardique que se meut le cœur, et sa locomotion est facilitée par une séreuse dont le feuillet viscéral tapisse la face extérieure du cœur, et le feuillet pariétal la face interne de la membrane fibreuse péricardique.

Le péricarde est adhérent, en bas, au centre phrénique du diaphragme dont il limite les mouvements d'ascension et de descente ; en haut, il se perd sur les gros vaisseaux de la base du cœur, assez fixes eux-mêmes pour empêcher à peu près complètement tout déplacement de cette partie du péricarde. Les parties latérales du péricarde, tendues du centre phrénique aux vaisseaux de la base, ne sont ni extensibles ni rétractiles, de sorte que la cavité péricardique ne peut changer de dimension, comme un réservoir élastique ou musculaire. La cavité ne peut varier que par l'accolement de ses parois, leur plissement, par la sécrétion d'une plus ou moins grande quantité de sérosité, comme il en existe toujours pendant la vie, et enfin par la vascularité et la turgescence plus ou moins grande des franges vasculo-adipeuses qui naissent, soiUlu feuillet pariétal, soit du feuillet viscéral, soit de la ligne de réflexion des deux feuillets ; en tout cas, on peut dire d'une façon certaine que ces variations ne peuvent jamais être considérables. La forme de la cavité péricardique ne peut varier aussi que dans certaines limites.

Sauf la petite quantité de sérosité mentionnée plus haut, l'accolement est intime entre le cœur et le péricarde, de même qu'entre le poumon et la paroi thoracique, et le volume total du cœur ne peut varier qu'à condition que le volume de la cavité péricardique varie de la même quantité.

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

La situation du péricarde et du cœur dans la cavité thoracique amène pôur cet organe des conséquences comparables à celles qui ont déjà été étudiées pour les poumons (paf^e 276). Tous les organes contenus dans la cavité thoracique ont une tendance à se dilater par suite de la pression négative exercée <à leur surface extérieure. En effet, la paroi interne du cœur et des vaisseaux inlra-tboraciques subit, par l'intermédiaire du sang qu'ils contiennent, une pression égale à la pression atmosphérique = 760 millimètres; à cette pression vient s'ajouter la pression négative exercée par l'élasticité pulmonaire qui peut varier de 6 à 40 millimètres de mercure (inspirations profondes). Les cavités cardiaques sont donc distendues par une pression qui varie entre 766 et 800 millimètres de mercure. Les obstacles à cette distension sont, d'une part : 1" l'élasticité même des parois du cœur, élaslicité très faible surtout pour les oreillettes dont les parois sont très minces et qui, par conséquent, peut être négligée; 2° d'autre part, la pression de l'air intra-puljnonaire; or, cette pression est de 709 millimètres dans les inspirations profondes (voir page 139), de 756 nnilimètres dans les inspirations calmes, de 762 millimètres dans Texpiralion calme, par conséquent toujours inférieure à la pression qui tend à dilater les cavités du cœur. Ce n'est que dans les expirations très profondes, où la pression intra-pulmonaire peut atteindre 847 millimètres et plus, que cette pression dépasse la pression dilatatrice, et nous verrons en effet que dans ces cas il peut y avoir une véritable compression du cœur.

Fig. 377. — Equilibre du cœur duna le thorax (Hermauu)

L'appareil ci-dessus (fig. 377), emprunté à Hermann, éclaircit ces dispositions.

Un flacon, figurant la cage thoracique, communique avec l'extérieur par un robinet, 6. Ce flacon contient deux vessies élastiques, l'une, 3, représente le poumon et communique avec l'air extérieur par un tube, 4; l'autre vessie représente le cœur et communique avec un réservoir rempli d'eau ; celle-ci est divisée en deux segments, l'un, à parois épaisses, 2, figure le ventricule, l'autre, à parois minces, 1, l'oreillette; la membrane 5 représente un espace intercostal. Si maintenant oiî

met le robinet 6 en communication avec une machine pneumatique et qu'on fasse le vide, on voit les deux vessies se distendre et s'accoler l'une à l'autre jusqu'à ce qu'elles aient rempli le flacon; la distension est au maximum pour les poumons, 3, bien moins prononcée pour l'oreillette, 1, et au minimum pour le ventricule, 2, dont les parois sont plus épaisses. Dans cet état, on voit que le ventricule et l'oreillette sont soumis à leur face interne à une pression égale à la pression atmosphérique exercée par l'intermédiaire du liquide du réservoir, et que leur face externe subit une pression égale à la pression atmosphérique (inira-pulmonaire) diminuée de la valeur de l'élasticité pulmonaire dont la direction est indiquée par des flèches sur la figure.

Cette pression négative, due à l'élasticité pulmonaire, favorise la diastole des cavités cardiaques, mais, en revanche, elle met obstacle à leur systole; cependant cet obstacle est peu de chose, la systole étant due à l'action musculaire qui n'a aucune difficulté à vaincre une pression qui varie de 6 à 40 miliimùlres, limite ordinaire de l'élasticité pulmonaire.

La pression dans le péricarde a été mesurée par Adamkiewiecz et Jacobson sur le chien, le mouton, etc. Elle a toujours été négative, de 3 à o millimètres de mercure dans les respirations ordinaires, de 9 dans la dyspnée.

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