DE PULSATIONS
pendant la durée de la circulation.
Chat
Ctieval
Oie
Itibliogprapliie. — L. Herm.\nn : Zw Bestimmung der Umlaufszeit des Blutes (A. de Pfl., t. XXXIII, 1883). — M. SMtTii : The time required bi/ i/ie blood for making one complète circuit of the bodg (Traus. coll. phys. Philad., t. VII, 1884). — E. WoLrF : Ueber die Umlaufsgeschwindigkeit des Blutes im Fieber (Arch. f. exp. Pat., t. XIX, 1885) (1).
§ /. — Bruits vasculaires.
Je ne dirai que quelques mots des bruits vasculaires, leur étude étant surtout du ressort de la séméiologie et de la clinique. Ces bruits peuvent se produire dans les artères et dans les veines.
Bruits mHétnels. — Les uns sont spontanés et ne sont que les prolongements des bruits du cœur (carotide, sous-clavière); les autres sont déterminés par la pression exercée sur un point de l'artère de façon à rétrécir le calibre du vaisseau.
Bruits veineux. — Dans près de la moitié des cas, on entend dans la jugulaire, surtout à droite en la comprimant légèrement entre les deux chefs du slerno-mastoïdien, un bruit tantôt continu, tantôt isochrone à la diastole cardiaque et à la respiration (bruit de diable).
Le mécanisme des bruits vasculaires a été très discuté. Pour Weber, Bouillaud, etc., les bruits sont produits par les vibrations des parois des vaisseaux. Pour Heynsius, Chauveau, Marey, Donders, ils proviennent des vibrations des particules liquides, et les vibrations des parois ne font que renforcer le son; la condition essentielle pour leur production est le passage du sang avec une certaine force d'un endroit rétréci dans un endroit large, la transition brusque d'une haute à une faible pression (Chauveau, Marey).
(1) A co7isulter : Ed. Hering : Versuche die Schnelligkeit der Blutlaufs zu beslimmen (Zeit. fur Physiol., 1829).
PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT
Bibliographie. — J. Schreiber : Entslehung imd Bedeulung der Doppeltune im peripheren Gefusssystem (D. Arch. f. kl. Med., t. XXVIII, 1881) (i).
§ 8. — Circulation pulmonaire.
L'appareil de la petite circulation se trouve compris en entier dans le thorax, et il en résulte des conséquences importantes au point de vue de la circulation générale. En effet, l'artère et les veines pulmonaires sont soumises à la même pression négative et aux mêmes alternatives de pression que le cœur, l'aorte et les grosses veines; mais tandis que les capillaires de la circulation générale, situés en dehors du thorax, sont soumis, par l'intermédiaire des tissus, à une pression extérieure à peu près constante (pression atmosphérique), les capillaires des poumons, situés dans le thorax même, subissent une pression extérieure variable suivant les phases respiratoires. Les conditions de celte circulation pulmonaire sont d'autant plus importantes à étudier qu'elle représente une partie du circuit vasculaire et que tout le sang passe forcément par la voie pulmonaire, de sorte qu'un arrêt ou une gène de cette circulation arrête immédiatement ou gêne la circulation générale.
Les causes de la circulation pulmonaire sont, comme pour toute circulation, les différences de pression des deux extrémités du circuit, ventricule droit et artère pulmonaire, veines pulmonaires et oreillette gauche. Mais la mensuration de la pression dans ces vaisseaux est très difficile; cependant on a trouvé que la pression dans l'artère pulmonaire était de 10 à 30 millimètres de mercure, par conséquent 4 à D fois moindre que la pression dans les grosses artères; la pression dans l'oreillette gauche et les veines pulmonaires n'a pu être évaluée, mais doit se rapprocher de celle des veines caves.
Quelle est l'influence des deux états du poumon, inspiration et expiration, sur la circulation pulmonaire? La question a été étudiée expérimentalement par un certain nombre d'auteurs, Quincke et Pfeiffer, Funke et Latschenberger, Jager, Mosso, etc., avec des résultats différents; cependant on peut affirmer, d'une façon générale, que pendant l'inspiration la circulation capillaire du poumon est favorisée, et qu'il y a augmentation de capacité des capillaires du poumon; en effet le poumon, au lieu de pâlir, conserve sa coloration rosée au moment de l'inspiration, et comme il a augmenté de volume, il faut donc qu'il y ait eu en môme temps augmentation de la quantité de sang qu'il contenait. Ce fait a du reste été confirmé par les expériences de d'Arsonval, d'Heger et Spehl. Ils ont vu siu^ le lapin, par le procédé colorimétrique (p. 432, 1. 1) que pendant l'inspiration, les poumons contenaient 1/12 à 1/13 de la quantité totale de sang et pendant l'expiration 1/15 à 1/18 seulement. Comme conclusion, on arrive donc à ce résultat important, que dans l'expiration il y a gène de la circulation pulmonaire capillaire, et que plus l'expiration se prolonge, plus cette gène devient considérable, au point môme d'amener dans certaines conditions un arrêt complet de cette circulation; de là la nécessité de prali- (juer la respiration artificielle chez un animal dont on veut entretenir la circulation,
(1) A consulter : Chauvoau : Mécanisme et tliéorie générale des mimmires vasculaires (Comptes rendus, 1858). — Marey : Du pouls et des bruits vasculaires (Jouni. de la physiol., 1859). — Chauveau : Rech. sur le mécanisme des bruits de souffle vasculaires, otc. (id.). BEAUNrs. — Physiologie, 3^ édition. II. — 28
quand les muscles inspirateurs sont paralysés (section du bulbe) ou quand le thorax a été ouvert (1).
Bitiliog:rHpliie. — P. Hegek : Rec/i. sur la circid. ilu sang dans les poumons, 1880. — Tii. Oi'ENCHuwsKi : Ueber die Druckverhàllnisse im kleinen Kreislaufc (A. do Pfl., t. XXVII, 1882i. — S. DE J.EC.ER : Die Lungencirculation undder artérielle Blutdruck (id.). — C. MoKDHORST : Zur Dlulvertheilung des Lungenkreislaufes, etc. (D. med. Woehsch., 1887) (2).
§ 9. — Rapports de la circulation et de la respiration.
Les deux phases de la respiration influencent à la fois la vitesse et la pression du sang.
Pendant l'inspiration, la pression sanguine moyenne diminue dans toutes les parties contenues dans le thorax, cœur et gros vaisseaux; cette diminution de pression tend donc à favoriser l'arrivée du sang veineux dans les veines caves, l'oreillelte droite et le ventricule droit, et à retarder la sortie du sang artériel du ventricule gauche et de l'aorte. Si la dilatation et l'extensibilité des veines caves et du cœur droit étaient égales à celles du ventricule gauche, il y aurait compensation et la circulation n'en serait pas influencée; mais il n'en est pas ainsi; les veines et l'oreillette droite, étant bien plus extensibles que le ventricule gauche et l'aorte, se dilatent beaucoup plus (voir fig. 377, page 307), et par suite l'influence accélératrice sur le sang veineux l'emporte sur l'influence défavorable exercée sur le cours du sang artériel; la circulation est donc en somme favorisée. Dans les veines voisines du thorax, il y a même une véritable aspiration, de façon qu'une fois incisées, au lieu de laisser écouler du sang, on peut voir, grâce aux dispositions anatomiques qui les maintiennent béantes (Bérard), l'air pénétrer dans leur intérieur et amener une mort presque immédiate [Pénétration de l'air dans les veines).
En même temps l'inspiration augmente la grandeur et la fréquence du pouls, car il arrive plus de sang dans le ventricule droit et par suite dans le ventricule gauche; mais ces effets ne se produisent que dans les inspirations profondes. Si l'inspiration est très profonde et qu'en même temps on ferme hermétiquement le nez et la bouche, la pression baisse dans le thorax de 50 à 90 millimètres audessous de la pression atmosphérique; il y a alors réplétion exagérée du cœur et ralentissement du pouls (Donders).
Vexpiration a une action inverse; la pression augmente dans les veines et dans les artères; la capacité de ces vaisseaux et surtout des grosses veines intra-thoraciques diminue; la circulation artérielle est favorisée, la circulation veineuse, au contraire, est ralentie dans les veines caves et dans les grosses veines du cou qui se gonflent; le cœur reçoit moins] de sang, et ses battements deviennent alors moins fréquents et moins énergiques. On peut même, en faisant une forte expiration, la glotte fermée, produire l'arrêt du cœur (Weber), expérience qui n'est pas sans danger. La figure 461 donne, d'après Marey, le tracé du pouls pendant l'elfort.
Les opinions des physiologistes ont beaucoup varié sur cette question si complexe.
(1) Il y a une grande différence au point de vue de la capacité des vaisseaux pulmonaires dans rinsplratiou suivant que l'iuspiration est naturelle ou artificielle (par insuf- Uation); dans ce dernier cas la capacité des vaisseaux pulmouaires est diminuée.
{'2) A consulter : Gréhant : Sur l'arrêt de la circulation produit par l' introduction d'air comprimé dans les poumons (Comptes rendus, 1871). — Quincke et Pfeiffer : Ueber den Blutstrom in den Lungen (Arch. fur Anat., 187l). — Lichthcim : Die SfÔrungen des Lungenkreislaufs, etc., 187G.
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Ludwig avait cru voir d'abord une dimiiuUion de la pression sanguine artérielle au moment de l'inspiration, une augmentation dans l'expiration. Einbrodt, au contrau-e, montra ([ue c'était l'inverse ou du moins que la pression sanguine atteignait son maximum au début de l'expiration et son minimum au début de l'inspiration.
Fig. 401. — Modifications du pouls pendant la durée de l'effort (Marey) (').
Il est très difficile de dégager les divers facteurs qui influencent la pression artérielle dans la respiration. Ces facteurs sont les suivants :
1° Pressvm intra-thoradque. — Cette action a déjà été étudiée pins haut. Son influence n'est pas du reste la même chez tous les animaux. Ainsi chez le lapin et la plupart des animaux, les variations de la pression pleurale et de la pression artérielle se font dans le même sens et montent ou baissent en même temps (Cad), tandis qu'elles sont de sens contraire chez le chien et le porc (Frédericq, Moreau et Lecrénier).
2* Capacité des vaisseaux pulmonaires. — On a vu plus haut que cette capacité augmente au moment de l'inspiration, et cette augmentation de capacité tend à diminuer la quantité de sang qui arrive au cœur gauche au début de l'inspiration et par suite à faire baisser, à ce moment, la pression dans l'aorte et les artères.
3° Obstacles à la circulation pulmonaire. — Dès que la résistance augmente pour une cause quelconque dans les vaisseaux pulmonaires, la pression augmente dans l'artère pulmonaire; elle diminue au contraire dans les veines pulmonaires et les artères, tandis que la pression veineuse augmente; il y a moins de sang envoyé à chaque systole. Cette résistance diminue pendant l'inspiration.
4° Vitesse du courant sanrjuin dans les poumons. — Cette vitesse est augmentée au moment de l'inspiration et doit être favorable à une augmentation de pression.
5° Pression abdominale. — L'influence des variations respiratoires de la pression abdominale sur la pression artérielle a été invoquée principalement par Schweiiiburg qui en a reconnu l'importance. Après la section des nerfs phréniques qui paralyse le diaphragme, les variations respiratoires de la pression sanguine disparaissent. Cette influence ne serait pas due à une action sur les parties sus-diaphragmatiques, mais bien sur les parties sous-diaphragmatiques ; car la section simple des muscles abdominaux les abolit presque complètement. Quant à l'interprétation de cette action abdominale, il est probable que la compression abdominale dans l'inspiratiou, en empêchant le cœur de se vider du côté de l'abdomen, oblige le cœur à augmenter l'énergie de sa contraction.
6" Enfin il faut faire la part des influences nerveuses qui agissent soit sur le cœur, soit sur les vaisseaux périphériques. Ainsi pendant l'inspiration, il y aurait minimum d'action des centres vaso-moteurs et du centre modérateur du cœur (Frédéricq).
Variations respiratoires de la pression veineuse. — L'action de la pression intra-
(*) De a en fi, pouls normal. — b, commencement de l'cflorf. — c, maximum de tension. — d, fin de l'efTart.
thoracique a été mentionnée plus haut (p. 435). Les résistances dans les vaisseaux pulmonaires font baisser la pression artérielle, mais elles augmentent la pression veineuse. L"augnientalion de capacité des vaisseaux pulmonaires a au contraire une action de même sens sur la pression artérielle et sur la pression veineuse; toutes les deux subissent une diminulion (de Jager).
En résumé, la respiration et spécialement l'inspiration ont une action favorable sur la circulation ; ceci est tellement vrai qu'un des meilleurs moyens d'activer la circulation consiste à faire des mouvements respiratoires énergiques, et que l'interruption de la respiration amène nécessairement en très peu de temps un arrêt de la circulation (1).
Bibliog^raphiH. — J. Gad : Ueber Athemschwankungen des Bluldrucks (Arch. f. Phj'siol., 1880). — Pli. Knoll : Ueber den Einfluss modificiler Alhembewegungen auf den PuU beim Mensclien, 1880. — R. Lenzmann : Ueber den EinfLuss dcr Anwendung (ransportabler pneumat. Apparate auf die Circulation (Cbl. f. kl. Med., 1881). — L. Sciiweinburg : Die Bedeutung der Zwerchfellconlractionen fiir die respirulorischen Bluldruckschtrankungen (Arcti. f. Physiol., 1881). — P. Heger et E. Speiil : Rech. sur la fistule péricardique chez le lapin (Arch. de biol., t. IT, 1881). — L. Fhédéricq : Sur les oscillations respiratoires de la pression artérielle (Acad. de Belgique, t. II, 1881 et 1882). — L. Frederick et F. Henrijean : De l'influence de la respiration sur la circulation (id., t. III, 1881).
— L. Frédéricq : Sur la discordance entre les variations resjnratoires de la pression intracarotidienne et intrathoracique (G. rendus, t. XCIV, 1882). — Id. : De l'influence de la respiration sur la circulation (Arch. de biol., t. 111, 1882). — J. Moreau et A. Lecré.nier : Sur les variations respiratoires de la pression sanguine (id.). — L. Sch weiïnbl'RG : Weil. ab. die Entstehung der respiratoriscJien Blutdruckschrcankungen (Arch. f. Physiol., 1882j. — S. Talma : Beitr. zur Kenntniss des Einflusses der Bespiration auf die Circulation (.A. de Pfl., t. XXIX, 1882). — E. Grunmach : Ueber den Einfluss der verdûnnten und verdic/iteten Luft auf die Bespiration und Circulation (Zeitsch. f. kl. Med., t. V, 1882). — S. DE J.CGER : Welchen Einfluss hat die abdomiyial Respiration auf den arteriellen Blutdruck? (A. de Ptluger, t. XXXIII, 188-3 et : Arch. néerland-, t. XIX ; en français). — E. Legros et M. Griffé : 'Sole sur l'influence de la respiration sur la pression sanguine (Acad. de Bruxelles, t. Vf, 1883). — Pu. Kxoll : Ueber period. At/imung, etc. (Wien. Sitzungsber., 1885). — Gréiiant et Quinquaud : Mesure de la quantité de sang qui traverse les poumons, etc. (Soc. de biol., 1886j. — Blake : Sur les rapports entre la respiration , les mouvements du cœur et la pression aortique (Soc. de biol., 1887) (2).
Bibliog^raphie g^énérale «le la circulation. — Marey : Sur un nouveau schéma imitant à la fois la circul. générale et la circul. puhiionaire (Trav. du labor., 1878-1879).
— S. Talma : Ueber collatérale Circulation (A. de Pil., t. XXIII, 1880). — A. Mosso : Ueber den Kreislauf des Blutes im menschlichen Gehirn, 1881 (id., en italien). — Marey : La circulation du sang, 1881. — G. Hasse : Ueber die Ursachen der Bewegung der Ernuhrungsfliissigkeiten im thierischen Kôrper{A. dePfluger, t. XXXIII, 1883). — \V. H. Howelu et Fr. Donaldsox : Exp. vpon the heart of the dog. etc. (Phil. Trans., t. I, 1884). — R. Turro : La circulation du. sang; trad. franc., 1883. — J. Cohnstein et N. Zumz : Uni. ub. dus Blut, etc. (A. de Pfl., t. XXXIV, 1884). — F. Donaldson et H. Howell : Exp. upon the isolated heart of the dog (Phil. Trans., 1884). — R. Blumberg : Ueber den Einfluss der Schwere auf Kreislauf und Athmung, Diss. Kônigsb., 1884. — A. Mosso : Applicat. de la balance à l'étude de la circidation chez l'homine (Arch. ital. de biol., t. V, 1884). — D. J. Hamilton : On the circul. of the blood-corpuscles, etc. (Journ. of physiol., t. V, 1884). — P. Bourceret : Circul. locales, 1885. — A. Landerer : Die Geivebespannung, etc., 1885. — S. de J^eger : Exp. and consider. on hsemodynamics (Journ. of physiol., t. VII, 1886). — Stolnikow : Die Aichung des Dlutslromes in der Aorta des Ilundes (Arch. f. Physiol., 1886). — M. v. Frey : Sur un appareil de Ludwig permettant de tne-
(1) Le résultat n'est plus le même comme on l'a vu quand au lieu de l'inspiration naturelle on considère l'inspiration artificielle, comme dans Vinsufflation pulmonaire.
(2) A consulter : Einbrodt : Ueber den Einfluss der Alhembewegungen auf Herzschlag tmd Blutdruck (V/ïen. Sitzungsber., 1860). — Funke et Latschenberger : Ueber die Ursachen der respiratorischen Blutdruckschvjankungen im Aoriensystem (.Arch. de Pfluger, t. XV, 1877 et t. XVII, 1878). — Gad : Ueber AÏhemschvmnkungen des Bluldruckes (Arch. fiir Physiol., 1881).
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siirei' la quantité de sauf) qtii traverse l'aorte en un temps donné (Soc. de biol., 1886). — Oz.\N.\M : La circulation et le pouls, 188(J (I).
Article II. — Circulation lymphatique.
La circulation lymphatique présente beaucoup d'analogie avec la circulation veineuse ; c'est en effet sous l'influence de la pression sanguine que le plasma sanguin transsude à travers la paroi des capillaires pour constituer la partie essentielle de la lymphe, et c'est encore sous l'influence de celte pression que celte lymphe progresse jusqu'aux gros troncs lymphatiques pour se jeter dans le système veineux. Les lymphatiques constituent donc un véritable appareil de drainage chargé de faire rentrer dans la circulation sanguine l'excès de plasma transsudé non employé pour la nutrition des tissus et pour la sécrétion. Le sang artériel, en arrivant dans les capillaires, prend donc, sous l'action de la pression qui le pousse, deux routes diflerentes et se partage en deux courants de retour, l'un, le courant veineux, qui revient directement au cœur en suivant la voie toute tracée des canaux veineux, l'autre, indirect, qui traverse les parois des capillaires, se répand dans les tissus, est repris par les lymphatiques et revient entin, par une voie détournée, se réunir au courant direct et au liquide dont il était sorti (voir fîg. 89, page 383, t. 1).
Les expériences de Ludwig, Noll, Weiss, Ranvier, etc., semblent en effet indiquer que l'écoulement de lymphe est en rapport avec l'augmentation de pression dans les vaisseaux et spécialement dans les artères, et quoique les recherches de Paschutin et Emminghaus conlredisent ces résultats, il me paraît difficile de les mettre en doute jusqu'à vérification nouvelle. La pression sanguine est donc la cause essentielle et de la pénétration de la lymphe dans les radicules lymphatiques
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Fig. 46'2. — Mouvements des cœurs lymphatiques de la coideuvre (Ranvier).
et de la progression de cette lymphe dans les canaux. Mais à cette cause principale viennent s'ajouter d'autres causes accessoires, qui sont en grande partie les mêmes que pour la circulation veineuse; telles sont la présence des valvules vasculaires les compressions extérieures, musculaires ou autres, et surtout la respiration • en effet l'inspiration s'accompagne d'une accélération de la circulation dans le canal thoracique, accélération qui se traduit par une diminution dans la colonne manométrique, et l'expiration a un effet inverse; tous les mouvements musculaires qui peuvent exiger l'effort et entraver la circulation veineuse feront donc sentir leur contre-coup sur la circulation lymphatique.
La contractUité des vaisseaux lymphatiques paraît jouer un certain rôle dans la circulation de la lymphe. On sait que chez les amphibies et les ophidiens se trouvent des cœurs lymphatiques (2); mais chez les animaux qui en sont dépourvus, la
(1) A consulter : Harvey : Exercitationes anatomiae de motu cordis et sannuinis circulo 1661. - Doiiders : Weit. Deitr. zur Physiologie der Respiration und Circulation (Zeit fuirat. Med., 1854). — Marey : Physiol. médicale de la circulation du sang, 18(i.3
(2) Chez la greuouiile, il en existe quatre, un à la racine de chaque îueni'bre chez les ophidiens, deux. Ranvier, Blix, ont imaginé des cardiographes pour prendre les mouve
contractilité des parois de ces vaisseaux peut en tenir lieu jusqu'à un certain point. Colin a constaté des contractions rythmiques sur les lymphatiques du mésentère chez le bœuf, et Heller les a vues chez le cobaye ; ces contractions peuvent même être excitées par le galvanisme, comme plusieurs physiolopîistes s'en sont assurés sur l'homme après la décapitation. Cependant un certain nombre d'auteurs, et en particulier Schiff, nient cette contractilité.
Il est probable, en outre, que, dans les chylifères, la pénétration du chyle dans le chylifère central de la villosité et la circulation du chyle sont favorisées par la contraction des fibres musculaires lisses de ces villosités.
La circulation dans les glandes lymphatiques paraît plus compliquée, et il doit y avoir très probablement dans ces organes un ralentissement du courant lymphatique favorable à leur fonctionnement.
La pression de la lymphe dans les vaisseaux a été étudiée expérimentalement par NoU, Weiss et quelques autres physiologistes. Leurs recherches ont porté en général sur le tronc lymphatique droit de chiens et de poulains anesthésiés par l'injection d'opium dans les veines. Ils ont trouvé que la pression manométrique variait de 18 à 30 millimètres de hauteur d'une solution saline du poids spécifique de 1,080. Dans le canal thoracique, Weiss obtient en moyenne une pression de M™"", 59 de mercure.
Quant à la vitesse du courant lymphatique, Weiss, en se servant de l'hémodromomèlre, l'a trouvée de 4 millimètres en moyenne par seconde.
Uibliog^raphie. — M. Blix : En lymphkardiograf (Upsal. lakiir. fôrhandl., t. XVI, 1881). — Kr. Boll et 0. Lakgendohkf : Beifr. zur Kenntniss der Lijmphherzen (Arch. f. Physiol., 1883). — A. Landereh : Die Geiccbsspatmujig inilirem Einfluss auf die ortlichen Blid-und Lymphbewegungen, 188i (1).
DEUXIÈME SECTION