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III. Actions ctiinuques | chaleur

Chauvean qui admet aussi, contrairement à l'opinion courante, la transformation directe de l'énergie chimique en contraction musculaire ou en ce qu'il appelle vail physiologique du muscle, va même beaucoup plus loin. Pour lui, la chaleur, loin d'être l'intermédiaire entre l'énergie chimique et la contraclion, n'est que le terme final de l'évolution de l'énergie. Voici ses conclusions: Tout travail physiologique (contraction musculaire, activité nerveuse, etc.) a pour origine première l'énergie que l'animal emprunte, par ses ingesta, au monde extérieur, et pour origine directe ou immédiate la force vive développée par les réactions chimiques intérieures du tissu au sein duquel s'accomplit ce travail. On doit le considérer comme équivalent à cette énergie chimique.

Tout travail physiologique aboutit à une restitution tolale, au monde extérieur, de l'énergie que ce travail lui a empruntée. Cette restitution s'effectue intégralement sous forme d'une quantité de chaleur sensible qui représente l'équivalence exacte du travail physiologique, quand celui-ci reste tout à fait intérieur. Si le travail physiologique s'accompagne de travail mécanique extérieur, la quantité de chaleur sensible qu'il produit est diminuée dans une proportion exactement équivalente à la quantité du travail mécanique. En résumé, la chaleur n'apparaît ja-

(1) D'après le principe de Carnot (deuxième principe de la thermo-dynamique), une machine thermique ne peut fonctionner sans chute de chaleur, c'est-à-dire sans qu il passe de la chaleur d'un corps chaud à un corps froid.

PHYSIOLOGIE DU MOUVEMENT

mais que comme une fin, dans la série des transformations de l'énergie ; elle affecte le caractère d'une excrétion.

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§ 3. — Répartition de la chaleur clans l'organisme.

On a vu dans les paragraphes précédents que la production de chaleur dans l'organisme est loin d'être uniforme, quelques régions, comme les muscles, produisant beaucoup de chaleur, quelques autres beaucoup moins, quelques-unes enfin, comme le tissu corné, pas du tout. L'organisme peut donc être comparé à une masse hétérogène dans laquelle se trouvent disséminés çà et là un grand nombre de foyers de chaleur d'étendue et d'intensité variables. Les tissus qui composent cette masse sont, en général, mauvais conducteurs du calorique, et l'équilibre s'établirait difficilement s'il n'y avait des dispositions particulières qui facilitent la répartition de la chaleur. C'est le sang qui joue le rôle de distributeur et de répartiteur du calorique dans l'organisme ; il s'échaufTe dans les organes qui produisent beaucoup de chaleur, comme les muscles, les glandes, le cerveau, et va transporter cette chaleur dans les autres organes qu'il échauffe en se refroidissant. Le système vasculaire représente ainsi un véritable appareil à circulation d'eau chaude dont les muscles et quelques autres organes seraient les calorifères. Cette influence du sang se voit surtout bien dans certaines parties, comme les oreilles, par exemple, qui par ellesmêmes ne produisent à peu près aucune chaleur et dont la température dépend, toutes choses égales d'ailleurs, de la quantité de sang qu'elles reçoivent.

La température du sang artériel joue donc le rôle principal dans cette répartition du calorique, et cette température est assez uniforme, tandis que celle du sang veineux varie suivant l'organe que le sang a traversé. On a vu plus haut que deux conditions essentielles influent sur la température du sang artériel ; en premier lieu la température même du sang veineux; en second lieu la vonlilalion pulmonaire. Toutes les fois qu'un ou plusieurs des foyers de chaleur de l'organisme fonctionneront plus activement, la température du sang veineux et consécutivement, celle du sang artériel augmenteront proportionnellement ; d'un autre côté, la ventilation pulmonaire refroidit le sang à son passage à travers le poumon, et comme

cette ventilation s'accroît quand s'accroît l'activité musculairo, l'augmentation detempérature du sang se trouve en partie compensée par l'augmentation du refroidissement pulmonaire.

De ce que le sang perd de la chaleur dans un organe, il ne faudrait pas en conclure que cet organe est par cela même incapable de produire de la chaleur; cela prouve simplement que sa production de chaleur est relativement faible.

La température d'un organe dépendra donc de trois conditions principales : 1° de la quantité de chaleur produite dans l'organe même; 2° de la quantité de chaleur cédée ou prise à l'organe par le sang qui le traverse ; 3» de la température des organes voisins et de leur conductibilité. Enfin, pour les organes superficiels, il faut ajouter une quatrième condition, celle de l'état physique du milieu ambiant.

§ 4. — Déperdition de chaleur par l'organisme.

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