V. — ABERRATION DE RÉFRANGIBILIÏK DE l'cEIL
On a supposé jusqu'ici que l'œil était absolument achromatique; mais, en réalité, il n'en est rien, même pour l'œil normal ou emmétrope. 11 en résulte
que les difîérents rayon?, étant inégalement réfrangibles, vont former leur foyer sur des points différents.
Soit un faisceau de lumière blanche arrivant sur un système réfringent; les divers rayons, étant inégalement réfrangibles, se dispersent (fig. 497); les rayons
violets, les plus réfrangibles, forment leur foyer en o; les rayons rouges, moins réfrangibles, en c, et les rayons intermédiaires auront leur foyer sur l'axe entre o et c. Si l'on place un écran en o, on aura une série de cercles concentriques dont le centre sera violet et le cercle périphérique rouge, les cercles intermédiaires appartenant aux rayons intermédiaires du spectre. Si au coniJispersion de tiairc On place l'écran en c, le centre sera rouge et le la lumière blanche. ^^^^-^^ extérieur violet. Si, au lieu d'un écran, on suppose la rétine, il en sera de même quand elle sera en o ou en c. Habituellement l'achromatisme de l'œil est assez complet pour que, à la distance de la vision nette, le foyer des différents rayons se fasse sensiblement au môme point; en effet l'intervalle focal des rayons rouges et des rayons violets ne dépasse guère 0'°'",5; mais il n'en est plus de même si l'objet est un peu en deçà ou au delà de la distance de la vision distincte.
Le chromatisme de l'œil explique la fatigue qu'on éprouve quand on veut voir nettement et à la fois plusieurs objets de couleur ditférente, par exemple des lettres ou des dessins rouges sur fond bleu; les lettres ou les dessins paraissent s'agiter {cœurs agités de Wheatstone).
Procédés pour étudier le chromatisme de l'œil. — Si on regarde un point lumineux, une bougie, par exemple, à travers un verre bleu cobalt qui ne laisse passer que les rayons rouges et les rayous violets, ou si on la rapproche, la flamme parait violette et entourée d'un cercle rouge; si on accommode pour les rayons rouges ou qu'on l'éloigné, le centre est rouge et le cercle extérieur violet. Soit encore un objet nettement visible à la lumière blanche; si on l'éclairé avec de la lumière rouge, il faudra le l'approcher de l'œil, pour qu'il soit vu distinctement; il faudra l'en écarter, au contraire, s'il est éclairé avec de la lumière violette. Le meilleur moyen est de prendre comme objet un verre sur lequel sont gravées des divisions et qu'on fixe en l'éclairant par derrière avec de la lumière colorée. La même chose arrive avec la lumière blanche; si on fixe un barreau de fenêtre qui se détache en noir sur un ciel nuageux fortement éclairé, et qu'on couvre la moitié inférieure de la pupille avec une carte, le barreau paraît limité à sa partie supérieure par une ligne jaune orangé, à sa partie inférieure par une ligne bleue; c'est l'inverse si on couvre la moitié supérieure de la pupille avec la carte. — Des surfaces l'ouges paraissent plus rapprochées que des surfaces violettes situées dans le même plan, parce que l'œil accommode plus fortement pour les premières et qu'on en conclut à une moindre distance.