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I. — COULEURS SIMPLES ET COMPOSÉES

Couleurs simples. — Le mot couleur a trois significations différentes. Dans le premier cas, il répond à une sensation spéciale due elle-même à une excitation particulière de la rétine; c'est ainsi qu'on dira : la couleur rouge, la couleur bleue. Dans le second cas, on transporte par la pensée le nom, employé pour désigner la sensation, à l'objet extérieur, vibration de l'élher, qui l'a déterminée, et on parle de rayons colorés, rayons rouges, rayons violets, pour dire : rayons qui déterminent en nous la sensation de rouge ou de violet. Enfin, le terme couleur s'applique encore à la façon dont la surface des corps se comporte avec la lumière, c'est ainsi qu'on parle de la couleur d'un objet.

On a vu plus haut que, dans le spectre solaire, on passe par une série de transitions insensibles d'une extrémité à l'autre du spectre, c'est-à-dire du rouge au violet; il y a donc, en réalité, une infinité de couleurs simples, homogènes, correspondant à des durées différentes de vibrations ; seulement, au point de vue physiologique, il n'y a pas une graduation correspondante de nos sensations visuelles. Ces sensations, en efiet, se groupent autour de quatre couleurs principales, rouge, jaune, vert, bleu, auxquelles nous rapportons toutes les autres, et qui occupent des régions déterminées du spectre, tandis que les couleurs intermédiaires nous paraissent n'être que des formes de transition entre les premières et ne nous semblent pas avoir de qualité particulière. ,

Couleurs composées. — Outre ces sensations de couleur déterminées par les couleurs simples du spectre, il peut y avoir des sensations de cou-

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leur produites quand un point de la rétine est frappé simultanément par deux ou plusieurs rayons de durée d'oscillation inégale. Ces nouvelles couleurs diiïèrent, comme on le verra plus loin, par plusieurs caractères, des couleurs simples du spectre, et surtout par cette particularité, que nous ne pouvons distinguer les couleurs simples qui entrent dans la composition de la couleur résultante, et l'œil peut, par conséquent, être impressionné de la même manière par des combinaisons de couleurs constituées d'une manière fort ditférente. Ainsi, la sensation de jaune peut résulter aussi bien de la couleur jaune simple du spectre que du mélange du vert avec l'orangé.

L'action simultanée des couleurs simples du spectre sur le même point de la rétine, ou pour abréger, le nu-lange des couleurs simples donne naissance à deux ordres de couleurs composées, les unes, couleurs mixtes, qui existent déjà dans le spectre solaire, les autres qui donnent des sensations nouvelles que ne produisent pas les couleurs simples du spectre, ce sont le blanc et le pourpre.

Le blanc résidte de la combinaison de différents couples de couleurs simples, et on appelle complémentaires les couleurs qui, mélangées deux à deux, produisent du blanc. Le tableau suivant donne les couleurs complémentaires du spectre, c'est-àdire celles qui, par leur mélange, donnent du blanc; le vert seul n'a pas de couleur complémentaire dans le spectre; mais il donne du blanc avec une couleur composée, le pourpre.

Rouge. Bleu verclàtre.

Orangé. 131eii cyaiiique.

Jaune. Bleu indigo.

Jaune verdàtre. Violet.

Vert. Pourpre.

Le pourpre est produit par le mélange des couleurs simples des deux extrémités du spectre, c'est-à-dire par le rouge et le violet, et son interposition entre les deux complète Ja série des couleurs spectrales de façon qu'on peut alors les disposer sur un cercle et passer, par transitions insensibles, de l'une à l'autre.

Les couleurs mixtes sont produites par le mélange de deux couleurs simples. Le tableau suivant, emprunté à Helmholtz, indique les couleurs composées résultant du mélange des couleurs simples.

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