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Racines des nerfs rachidiens

lo Racines 'postérieures (1). — Les racines postérieuj'es sont sensitives (sensibilité à la douleur, sensibilité tactile, transmission des impressions excitoréflexes). Après la section de ces racines, les parties qui reçoivent leurs nerfs des racines sectionnées sont insensibles ; si on excite (électricité, piqûre, etc.) le bout périphérique, aucun phénomène ne se produit; si on excite le bout central, il y a des signes de douleur (cris, mouvements) ou simplement des mouvements réflexes. La transmission dans les racines postérieures est donc centripète. En outre, la section de ces racines n'abolit pas la motilité dans les parties correspondantes. En effet, si, après leur section, on pique la peau d'une autre région, des mouvements se produisent dans la région qui correspond aux racines sectioimées. L'excitabilité des racines postérieures disparaît très vile après la mort.

2" Racines antérieures. — Des expériences analogues montrent que ces racines sont motrices. Après leur section, les parties innervées par elles ont perdu leurs mouvements; l'excitation du bout central ne produit rien, l'excitation du bout périphérique amène des contractions énergiques. Ces contractions peuvent se montrer dans les muscles lisses comme dans les muscles striés. Leur section détermine aussi des troubles de mouvement, mais qui sont dus à l'absence des impressions sensitives qui règlent les mouvements dans les conditions ordinaires (D. Baldi). D'après Steinmann, E. Cyon, etc., l'excitabilité des racines antérieures serait sous l'influence des racines postérieures ; celles-ci enverraient aux racines antérieures des excitations continuelles qui maintiendraient la tonicité musculaire, de sorte que, après leur section, la hauteur de contraction des muscles diminuerait. Si on adapte au myographe de Marey un muscle (gastrocnémien de grenouille) chargé d'un poids (de 20 à 30 grammes), dès qu'on coupe les racines postérieures, la courbe tracée indique un allongement du muscle (E. Cyon). Ces résultats ont été contredits par plusieurs observateurs.

(1) Les fonctions des racines rachidiennes, entrevues par Ch. Bell, en 1811 {Lois de Bell), ont été démontrées par Magendie, en 1822.

D'après Marcacci même, rexcitabililé des racines antérieures augmenterait notablement après la section des racines postérieures. L'excitabilité des racines antérieures persiste assez longtemps après la mort.

Les racines antérieures contiennent en outre une partie des fibres vasomotrices (Voir A^er/s vaso-moteurs), des fibres sécrétoires, des fibres trophiques.

Sensibilité récurrente. — Magendie et Cl, Bernard ont constaté que les racines antérieures sont aussi sensibles ; seulement cette sensibilité présente des caractères particuliers ; elle disparait après la section de la racine postérieure correspondante ; il semble donc que cette sensibilité lui vienne de la racine postérieure ; en outre, elle paraît lui venir des filets récurrents qui partent du ganglion de la racine postérieure et arrivent à la racine antérieure par son bout périphérique; aussi si, la racine postérieure restant intacte, on coupe la racine antérieure, son bout périphérique reste sensible, tandis que son bout central est insensible. L'épuisement fait disparaître très vite la sensibilité récurrente. Le lieu où se fait la récurrence du filet sensitif postérieur pour gagner la racine antérieure est encore indéterminé. D'après Cl. Bernard, la communication des racines se ferait à la périphérie, car la section des nerfs mixtes provenant de la jonction des deux racines abolit la sensibilité récurrente. Le fait a été mis hors de doute par les expériences d'Arloing et Tripier. Ces physiologistes ont démontré que des filets nerveux récurrents associaient à la périphérie, non seulement les nerfs sensibles aux nerfs moteurs, mais encore les nerfs sensibles entre eux. En effet ils ont vu persister la sensibilité du bout périphérique d'un nerf collatéral d'un doigt jusqu'au moment où le dernier collatéral du même doigt a été coupé. Mais cette sensibilité récurrente disparaît en remontant sur les troncs nerveux, parce que ces fibres récurrentes ne remontent que jusqu'à un certain niveau dans le nerf sensitif. A. Bouchard a constaté chez quelques animaux, mouton, lapin, des filets récurrents se rendant directement de la racine postérieure à la racine antérieure. Bert et Marcacci ont constaté, chez le chien et le chat, que chaque racine lombaire innerve un groupe musculaire fonctionnel. Si les différentes parties d'un muscle ont des fonctions différentes, ce muscle est fourni par des racines différentes.

D'après Brown-Séquard, les fibres nerveuses alfectées à la sensibilité musculaire passeraient aussi par les racines antérieures; chez la grenouille les mouvements volontaires persisteraient avec leur précision habituelle après la section des racines postérieures ; mais l'expérience n'a pas donné le même résultat à d'autres physiologistes.

Les lois suivantes régissent la distribution des fibres des racines rachidiennes : 1° Les fibres fournies par une racine ne paraissent pas dépasser la ligne médiane ;

2° Chaque muscle ou chaque région cutanée reçoit ses fibres nerveuses de plusieurs racines, de sorte qu'une section d'une seule racine n'amène pas une paralysie complète ;

.3° Les racines antérieures sont en rapport réflexe avec les racines postérieures correspondantes (1).

Les altérations qui succèdent à la section des racines rachidiennes ont été étudiées page 621 , 1. 1.

(1) Béclard rattache la sensibilité récurrcute à la contraction musculaire brusque et de la nature des crampes produite par l'oxcitation de la racine autérieure.

PHYSIOLOGIE ÛE L'INNERVATION.

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