Innervation du cœur {figure schématique
(*) M, moelle. — B, bulbe. — P, protubérance. — 0, oreillette. — V, ventricules. — 1, centre d'arrêt. — S, centre accélérateur. — 3, rami communicantes. — 4, grand sympathique. — 0, pneumogastrique. — 7, 8, 9, nerfs centripètes excitant le centre d'arrêt. — 10, nerfs centripètes excitant le centre accélérateur.
plus après sa section ou après la section ou l'arrachement du spinal. Comment le sang veineux excite-l-il le centre cardiaque d'arrêt? Est-ce par l'excès d'acide carbonique ou par l'insuffisance d'oxygène? Pour décider la question, Thiry fait respirer l'animal dans un mélange d'hydrogène, ce qui empêche l'accumulation d'acide carbonique dans le sang, et l'arrêt du cœur ne s'en produit pas moins; cependant, d'après de nouvelles expériences, il se rattache à l'opinion de Traube, qui considère l'acide carbonique comme l'excitateur du centre d'arrêt cardiaque. Le cenlre d'arrêt du cœur est excité aussi par l'interruption de la circulation, par l'augmentation de pression inlracérébrale, etc.
La moelle, dans sa partie supérieure, possède donc deux centres nerveux antagonistes pour les mouvements du cœur, un centre moteur et un centre d'arrêt. Aussi l'indépendance du cœur n'est-elle que relative, et si l'opinion de Legallois, ([ui considérait la moelle comme cenlre unique des mouvements du ca^ur, est infirmée par les faits, il n'en reste pas moins, comme conclusion, une subordination réelle du cœur à la moelle. Les influences qui agissent sur ces deux centres cardiaques se rattachent à deux catégories : état du sang, influences nerveuses. L'excès d'acide carbonique excite le centre d'arrêt; le sang oxygéné excite le cenlre accélérateur. Les influences nerveuses agissent aussi sur les deux centres, mais celles qui agissent sur le centre d'arrêt sont seules bien connues; ce sont : [° les excitations des nerfs sensilifs, tant de la sensibilité générale que de la sensibilité organique, et parmi ces nerfs, un des plus importants est le nerf dépresseur de Cyon; c'est à cette action que se rattache l'arrêt du cœur chez la grenouille par un choc brusque sur le ventre (Goltz), ou par le simple attouchement des intestins enflammées i^Tarchanoff) ; 2° les émotions. Le centre accélérateur peut aussi entrer en jeu par les émotions et peut-être aussi par des excitations faibles ou d'une certaine nature des nerfs sensitifs. D'après Asp, l'excitation du bout central des nerfs musculaires produirait ordinairement une accélération des battements du cœur. La volonté est sans influence directe sur ces deux centres.
Sans pouvoir préciser d'une façon certaine si on a affaire à de véritables centres ou simplement à des lieux de passage de flbres accélératrices, il est certain, comme le fait remarquer François-Franck, que les parties supérieures de l'axe médullaire ont une influence accélératrice remarquable. L'anémie brusque (compression des carotides, injection dans ces vaisseaux de poudres obturantes), l'élévation de température (chauffage du sang des carotides), déterminent l'accélération du cœur. Celle accélération se produit aussi d'une façon réflexe par l'insufflation pulmonaire (Héring), les excitations de l'estomac, de l'utérus, etc., par les irritations douloureuses ni trop fortes ni trop brusques.
Nerfs dynamiques du cœur. — Les nerfs accélérateurs et les nerfs d'arrêt (lu cœur sont des nerfs à fonction rythmique. Mais un certain nombre de physiologistes, Gaskell, Pohl-Pincus, ont remarqué que certains nerfs agissaient plutôt sur la force de contraction du cœur que sur son rythme. Les recherches les plus complètes sur cette question sont dues à Paulow. Il constata sur des chiens qu'il n'y avait pas de rapport entre le ralentissement du cœur produit par l'excitation du pneumogastrique elles variations de la pression sanguine. Chez le chien intoxiqué par le eonvallaria maialis, il vit se produire par l'excitation du pneumogastrique une baisse de pression sanguine sans ralentissement du cœur et en conclut à l'existence de deux espèces de fibres, de fibres d'arrêt du cœur paralysées par le eonvallaria et de fibres dépressives que le toxique n'atteignait pas. II put isoler aussi par l'excitation directe des divers filets cardiaques, des filets accélérateurs et des filets augmentant la pression sanguine, et déterminer le trajet de ces deux ordres
de filets. 11 fut donc conduit à admettre quatre sortes de nerfs cardiaques centrifuf,'es : 1" des yierfs rijthmiqties, nerfs accéléraleurs et nerfs d'arrêt; 2° des nerfs dynamiques agissant direcleinent sur rirrilabilité du cœur et sur l'énergie de sa contraction en déterminant, les uns un afl"aii)lissement de l'aclion du cœur et une baisse de pression, nerfs dépresaeurs, les aulies une augmentation d'énergie cardiaque et une élévation de pression, nerf presseurs, et croit qu'il s'agit là de nerfs spécifiques distincts des nerfs lytbmiques proprement dits.