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CHAPITRE II

PHYSIOLOGIE DE l'eNCÉPHALE

Procédés. — A. Excitation de régions circonscrites de l'encéphale. —

l» Piqûre. — La piqûre se lait avec une aiguille fine qu'on fait pénétrer plus ou moins profondément dans le cerveau. Si l'on vont se borner à une simple excitation, il faut prendre garde de ne pas dilaeérer la substance cérébrale.

2« Électrisation. — L'excitation peut se faire soit par les courants constants, soit par les courants interrompus et en particulier par les courants d'induction. Ce procédé sera étudié à propos de la physiologie des hémisphères cérébraux.

3° Hijperhémic et inflammation. — L'application de substances irritantes sur la substance cérébrale, la piqûre, etc., déterminent une hyperhémie et de l'inflamination qui s'accompagnent de phénomènes d'excitation cérébrale.

On a employé aussi l'excitation thermique (Dupuy), l'excitation chimique (Landois), etc.

15. Abolition de fonction. — 1» Section. — La section a pour but d'interrompre la cuntiuuité dans la Iransmissinn nerveuse, soit seusitive, soit motrice. Ce procédé a surtout sa raison d'être pour l'étude expérimentale des fibres nerveuses conductrices.

S" Ablation ou destruction. — L'ablation avec le bistouri, le fer rouge, les aiguilles, etc., ne peut guère être employée que pour les parties superliciellcs du cerveau, les parties profondes ne pouvant être atteintes qu'au prix de délabi'ements considérables. Cependant on a imaginé quelques instruments pour atteindre les parties profondes sans léser d'une façon trop intense les parties superliciellcs (instrument à lame tranchante de Veyssière, ressorts de Nothnagel, etc.).

3" Procédé des ir\jections causlifjues intersiitielles de Vaiderir. — Ce procédé, employé pour la première fois par l'auteur en 18C8, et appliqué depuis par Nothnagel et Fournie, permet d'atteindre les parties profondes en ne faisant aux parties superficielles que des lésions insignifiantes. Le procédé opératoire est très simple : la peau étant incisée, on fait au crâne, avec un perforateur, un trou très fin; on introduit par ce trou une petite canule à trocart qui pénètre plus ou moins profondément dans la substance céré- Itrale; on retire le trocart et on visse sur la canule restée en place le corps d'une seringue à injection sous-cutanée chargée du liquide qu'on veut injecter. On tourne doucement le piston de façon à faire pénétrer un nombre déterminé de gouttes et on. retire ensuite la canule. Les lésions cérébrales ainsi produites peuvent être localisées avec une précision remarquable. (Voir : Beaunis, Note sur Fappliccàion des injections interstitielles à l'étude des fonctions des centres nerveux., dans Gazette médicale de Paris, 1872) (1).

(1) Je crois devoir donner ici la note adressée par moi à l'Académie de médecine le 17 mai 18G8 :

Des injections interstilielles et de leur emploi en physiologie et en pathologie expérimentales.

'< L'extirpation physiologique, partielle ou totale, des organes et spécialement des organes nerveux centraux, s'accompagne en général de si grands désordres, que les conclusions tirées de ces expérimentations sont presque toujours entachées d'erreur et que ces expérimentations ne produisent aucun résultat. D'autre part, les lésions produites par les simples piqûres ne sont ni assez profondes ni assez étendues pour donner des résultats positifs.

« Le but des injections interstitielles est de remédier à ces inconvénients. Grâce à ce procédé, on peut détruire sur place tout ou partie d'un organe, localiser la lésion autant que possible et la limiter à volonté.

« Ce procédé, applicable à tous les organes, trouve son utilité toute spéciale dans l'élude des centres nerveux, puisqu'il permet d'atteindre les parties profondes inaccessibles jusqu'ici à l'instrument, ou accessibles seulement au prix des plus graves mutilations. Ce procédé peut aussi recevoir, comme on le verra plus bas, une plus grande extension.

'( Le manuel opératoire est très simple. Comme instruments, un perforateur, s'il y a des os à traverser; une canule à trocart qu'on enfonce à une profondeur déterminée d'avance dans une direction donnée, et une seringue à injection sous-cutanée.

« Le choix de la substance à injecter varie évidemment suivant le but à atteindre. Les liquides injectés peuvent être :

— PHYSIOLOGIE SPÉCULE

Procéda des aspii-ations interstitielles de raideur. — Ce procédé, déjà décrit dans ma deuxième édition (p. 1298) a été employé depuis (en 188G) par C. Lehmaun et plus tard par ses élèves, Ascii et Neisser; dans ces divers travaux la découverte du procédé est attribuée h, C. Lehmaun. Il consiste à détruire par aspiration une région localisée de la substance cérébrale. Le procédé est le même que celui des injections interstitielles; sculeuu'ut la seringue s'emploie comme seringue aspiratricc; le vide ainsi produit par la traction brusque du piston détermine, par l influcncc de la pression hémisphérique, une rupture des capillaires suivie habituellement d'une hémorrhagie plus ou moins lolisée; on obtient ainsi une lésion identique aux lésions de l'apoplexie. Dans un certain nombre de cas, l'hémorrhagie est peu intense ou presque nulle, et la lésion se borne à une désorganisation partielle de la substance nerveuse. Au bout de quelque temps on observe quelquefois des abcès localisés. Au lieu d'une seringue, on peut employer un récipient iballon) dans lequel on a fait préalablement le vide et qu'on réunit à la canule inti'oduite dans le cerveau. Comme mon procédé des injections interstitielles, le procédé des aspirations interstitielles peut s'appliquer à tous les organes; ainsi je lai employé plusieurs fois utilement dans le fuie.

5° Procédé de Gollz. — Ce procédé consiste à enlever, à l'aide d'un courant d'eau d'une pression suffisante, la substance grise de la couche corticale des atmosphères. Pour cela, on pratique sur le crâne d'un chien deux couronnes de trépan à une certaine distance l'une de l'autre et on introduit obliquement dans la substance grise une canule de forme particulière par laquelle arrive un jet d'eau sous forte pression. On peut ainsi, en recommençant plusieurs fois l'expérience sur divers points du crâne, décortiquer un hémisphère entier et même la presque totalité des hémisphères en conservaul la vie de l'animal.

6* Cautérisation éleclrolytique. — J'ai employé dans quelques cas la cautérisation électrolytique.

7° Interruption de ta circulation. — L'interruption de la circulation peut se faire soit sur des régions étendues (ligatures artérielles et veineuses), soit sur des régions circonscrites (injection dans les vaisseaux de poudres obturantes, spores de lycopode, grains de tabac, d'air, etc. ; embolies expérimentales). Dans ce cas on observe un ramollissement des parties correspondantes de la substance cérébrale.

8° Réfri(jération[Richardson). — L'application de la glace ou de mélanges réfrigérants, l'anesthésie localisée par l'éther, la rigolène, etc., sur une région déterminée du crâne, ou bien leur application à nu sur la substance cérébrale, abolissent temporairement les fonctions de la région. L'inconvénient de cette méthode est de ne pouvoir localiser la réfrigération au point expérimenté.

9" Compression cérébrale. — Cette compression peut se faire, soit directement sur la surface du cerveau, soit par l'injection dans le cerveau de liquides inertes, mercure, etc. (Voir : Beaunis, Note sur Vapplication, etc.)

Articlk 1". — Physiologie du bulbe.

Résumé anatomique. — 1° Substance r/rise. — La substance grise du bulbe est la continuation de celle de ia moelle. La tête des cornes antérieures (tig. 5G1, CA), bientôt séparée de la base par les libres des cordons latéraux qui vont prendre part à la décussation des pyramides, fournit le noyau antérieur de l'hypoglosse et le noyau moteur des nerfs pneumo-gastrique, spinal et glosso-pharyngien. La base de ces cornes, refoulée peu à peu en arrière, fournit le noyau postérieur de l'hypoglosse. La téte des cornes

« I" Des liquides inertes agissant mécaniquement par pression et distension; « 2" Des liquides corrosifs, détruisant la substance organique avec laquelle ils sont en contact ;

« 3° Des liquides diffusibles pouvant se mélanger aux sucs propres de l'organe ou du tissu et agir sur lui par leurs propriétés médicamenteuses et toxiques ;

« 4» Des liquides solidifiables susceptibles de se solidifier après l'injection, agissant d'abord mécaniquement, puis comme corps étrangers irritants sur les tissus.

« On pourra, du reste, faire varier, suivant les cas et dans les limites les plus étendues, la température de ces différents liquides.

'< Il est préférable d'employer les liquides colorés naturellement ou artificiellement pour pouvoir à l'autopsie retrouver exactement les limites et l'étendue de leur sphère d'activité.

« Les injections interstitielles ouvrent donc un nouveau et vaste champ à la physiologie expérimentale et en particulier à celle des centres nerveux. Elles peuvent aussi servir aux recherches de physiologie pathologique et de thérapeutique.

pusfériein-es (CP) donne le noyau sensitif du trijumeau, la Imne le noyau scnsitif du pneumugastrique, du spinal et du glosso-pharyugieu. A cette base se rattachent deuK colonnes grises longitudinales, situées dans les cordons de Goll et de Burdach (noyaux de Goll (xNP) et de Burdach). A cette substance grise viennent s'ajouter, outre les uoyaux d'origine des nerfs, un certain nombre d'amas cellulaires dont le plus important est constitué par l'olive (ûg. 564, 01). La figure 562, empruntée à Edinger, représente les principaux noyaux gi'is de la moelle

CA

Fig. 562. — Coupe schématique transparente

de la moelle allongée (**^

Fig. 5G1. — Coupe de la partie inférieure du bulbe nu niveau de l'entre-croisement des pyramides (*).

allongée et permettra de s'orienter dans la topographie des divers centres physiologiques de cette région.

Substance bUmc/ie. — Les pyramides antérieures (P, fig. 561, 563 et 564) sont constituées par le faisceau pyramidal croisé du côté opposé (décussation den pyramides), et par le faisceau de Turck { faisceau pyramidal direct) du même côté. La partie externe dos cordons antérieurs <le la moelle se porte en arrière des pyramides à côté de la ligne médiane en traversant la substance réticulaire. — Les fibres des cordons postérieurs de la moelle, après avoir traversé les noyaux gris de Goll et doBurdach, s'entre-croisent en grande partie au côté dorsal des pyramides, en avant du canal central {croisement sensitif,x, fig. 563). Les fibres de ces cordons vont en partie au cervelet par les corps restiformes, en partie

NP

Fig. 563. — Coupe du bulbe au niveau de la partie supérieure de l'entre-croisement des pyramides ('**).

{*) 1, cordon antérieur. — 2, cordon antéro-latéral. — 3, cordon postérieur. — CA, cornes antérieures. — RA, racines antérieures. — CP, cornes postérieures. — RP, racines postérieures. — R'A', base de la corne antérieure dont la tète a été détachée. — a, entrecroisement du faisceau pyramidal croisé allant former les pyramides, PP'. — NP, noyau de Goll. — p, sillon médian postérieur (d'après Mathias Duval).

('*) Cette coupe est destinée à montrer la situation relative des noyaux d'origine des nerfs. Les noyaux les plus rapprochés de la ligne médiane sont plus foncés. — P/y, pyramide. — PyA-r, croisement des pyramides.

— Os, olive supérieure. — 0, olive. — GA, genou du facial. — Les chiffres romains indiquent les paires crâniennes. — D'après Erb.

(***) .r,.r, fibres des cordons postérieurs s'eatrecroisant en x. — NR, noyau de Burdach. — H, hypo<»losse.

— Pour les autres indications, se reporter à la figure 561 (d'après Mathias Duval).

— PHYSIOLOGIE SPÉCIALE

aux tubercules quailrijumeaux, à la couche optique et à l'écorce cérébrale du côté opposé. Les corps reslifoimes sont constitués par: 1° des fibres provenant du faisceau cérébelleux direct de Flechsig du même côté; 2° des fibres provenant des noyaux gris de Goll et de Burdach du même côté et du côté opposé; 3° des fibres provenant de l'olive du même côté.

— Les cordons latéraux [de la moelle contribuent à former, par le faisceau pyramidal croisé, la pyramide antérieure du côté opposé, par le faisceau cérébelleux direct, le corps restil'ormo du même côté. La destination des autres faisceaux et leur trajet dans le bulbe sont encore indéterminés. — Les olives envoient des fibres aux corps restiformes (!t se trouvent par elles en rapport avec le cervelet; quand un des hémisphères du cervelet s'atrophie, ou trouve une atrophie de l'olive du côté opposé. Elles envoient en outre des fibres ascendantes au noyau lenticulaire du corps strié.

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