Température extérieure
D'une façon générale, le froid active la nutrition, la chaleur la ralentit. Pendant riiivei', toutes les fonctions digestives sont exaltées; le corps gagne en poids, il est plus riche en graisse. L'urine est plus abondante, plus a(|ueuse, niais la quantité absolue d'urée et de principes fixes augmente. Les respirations sont plus fréquentes et plus profondes; on inspire plus d'oxygène et on élimine plus d'acide carbotiique. La température extérieure influence surtout les fonctions de la peau, circulation, sécrétion sudorale, perspiralion cutanée. Quelle que soit la température extérieure, la chaleur propre du corps reste à peu près constante, à moins que le changement de température ne soit porté à l'extrême; la peau seule subit l'influence de ces variations; ainsi en hiver la dirt'érence entre la température de la peau et celle des organes intérieurs est plus considérable.
En été, les mouvements volontaires sont moins énergiques, les mouvements réflexes plus intenses; l'excitabilité nerveuse est plus grande, le sommeil plus court et moins profond; les suicides, les crimes contre les personnes, les afTections cérébrales sont plus fréquentes, et cette fréquence démontre l'action de la chaleur sur les centres nerveux.
Les températures auxquelles l'homme peut être exposé varient dans des limites très étendues : depuis — oG",? (au fort lleliance) jusqu'à + 47°, 4 à l'ombre (Egypte), ce qui suppose une chaleur bien plus intense au soleil; il y a entre les deux chiffres une différence de 104°. Mais l'homme a pu supporter des températures bien plus considérables. Berger resta 7 minutes (entièrement nu) dans une éluve sèche à 109", 4 et avec des vêtements Blagden a pu supporter des températures de 126° et 129°. Les expériences sur les animaux montrent que la température intérieure du corps ne moule que de très peu de degrés ; quand elle a atteint 45° i^mamniifères), la mort arrive infailliblement dans le coma. L'action de la chaleur parait anéantir principalement les fonctions nerveuses et secondairement l'action du cœur.
Le refroidissement arliilciel peut être porté beaucoup plus loin. On peut refroidir des lapins jusqu'à + 20° ; à ce point, le cœur bat encore, mais il ne fait plus que 10 à 20 pulsations par minute; à 15", il s'arrête et l'animal ne peut plus se remettre. Quand le refroidissement intérieur est porté à 4- 20°, avec état de mort apparente, le réchauffement de l'animal ne suffit pas pour le rappeler à la vie si on n'y joint la respiration artificielle. Les animaux hibernants peuvent supporter un refroidissement encore plus considérable; on a pu, dans un cas, abaisser la température à + 4° sans amener la mort de l'animal. Chez les animaux inférieurs (têtards, grenouilles, etc.), la congélation même peut avoir lieu sans que la vie soit éteinte.