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Pression atmosphérique

1° Diminution de pression. — A l'étal ordinaire, les variations de pi-ession atmosphérique sont trop peu prononcées pour produire, sauf dans certains cas pathologiques, des accidents d'une certaine intensité. Ces accidents ne se montrent que quand ces variations se produisent avec rapidité ou atteignent une intensité considérable ; telles sont les diminutions de pression observées sur les hautes montagnes et dans les ascensions aéroslatiques et qui déterminent ce qu'on a appelé mal

des montagim ; ce mal des montagnes commence à se produire à une hauteur de 3,000 mètres dans les Alpes, à 4,0G0 mètres en ballon. Mais l'homme atteint des hauteurs bien plus considéraliles. Les sommets des Andes renferment un j.'rand nombre de villes à plus de 3,000 mètres (La Paz, 3,720, — Oruro, 3,796, — Puno, 3,923, — Potosi, 4,061, — Calamarca, 4,101, — Tacora, 4,173, etc.), et la ville de Daba, dans l'Hymalaya, est à 4,800, hauteur du mont Blanc. Les explorateurs et les aéronautes ont atteint des alliludes supérieures (ascension du Chimborazo, 6,000 mètres, par Boussingault ; ascension de l'Ibi-Ganim, 7,400 mètres, par V. Schlagintweit; ascension en ballon de Coxwell à 11,000 mètres, etc.).

Les phénomènes qui accompagnent les diminutions rapides de pression sont les suivants : gonflement des vaisseaux cutanés et des veines superficielles ; hémorrhagies par le nez, la bouche, la muqueuse pulmonaire; augmentation de la sueur et de la perspiration cutanée; les respirations sont gênées, fréquentes, irrégulières; îe nombre des pulsations s'accroît; la voix est moins intense et prend un autre timbre; les muscles, surtout ceux des extrémités inférieures, se fatiguent facilement ; le tympan se tend et cett(; tension détermine des bourdonnements d'oreille et de la surdité ; il y a des douleurs de tète, des vertiges et enfin perte de connaissance.

Les recherches de Bert ont montré que les accidents sont dus, dans ces cas, à la diminution de tension de l'oxygène et à la diminution consécutive de la quantité d'oxygène du sang {anoxyhémie de Jourdanel), et qu'ils peuvent être combattus avec succès par l'inspiration d'oxygène de façon à ramener la tension de ce gaz au degré convenable.

2° Augmentai ion de pression. — Les phénomènes de l'augmentation de pression (cloches à plongeurs, plongeurs, travail dans l'air comprimé) varient suivant la pression atmosphérique. Quand la pression n'augmente que de quelques atmosphères, les respirations sont irréguliôres, moins fréquentes, plus profondes; l'expiration est plus courte, la pause expiratoire plus prononcée; la peau pâlit; les veines superficielles sont alfaissées; le pouls diminue de fréquence; les mouvements musculaires sont plus faciles, etc. Mais les accidents graves ne se montrent <[ue vers cinq atmosphères, et non pas pendant le séjour dans l'air comprimé, mais au moment de la décompression; si celte décompression est brusque, les accidents sont dus, comme l'a monti è Bameaux, au retour à l'état gazeux des gaz du sang et spécialement de l'azote et de l'acide carbonique (Bert), à l'obturation des capillaires par des bulles gazeuses, obturation qui détermine des lésions anatomiques de différents organes.

Bert a prouvé que les phénomènes qui se produisent dans l'air comprimé sont dus à l'augmentation de tension de l'oxygène et à l'augmentation de proportion d'oxygèiie du sang. Quand la pression atmosphérique augmente jusqu'à vingt atmosphères, ce qui correspond à quatre atmospbères d'oxygène pur, les phénomènes prennent un caractère de gravité redoutable et la mort arrive avec des convulsions tétaniques et épileptiformes; cette action toxique de lo.rxjgène se produit quand la <[uanlité d'oxygène du sang atteint 35 centimètres cubes pour 100 centimètres cubes de sang, c'est-à-dire est le double de la quantité normale (18 à 20). Toutes les espèces animales, en présence de l'oxygène à ce degré de tension, subissent les mômes effets. L'air comprimé à vingt atmosphères arrête de même la germination des graines, empêche la putréfaction et les fermentations en tuant les ferments, mais est sans action sur les ferments diastasiques, le suc pancréa- >i<|He, la pepsine, etc. (Bert).

En résnmè, d'après Bert, dont j'emprunte textuellement les conclusions, les modifications (!ans la pression barom trique n'ont d'influence sur la vie animale et sur

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la vie végétale que par les changements qu'elles apportent dans la tension de l'oxygène ambiant, et les changements qui en résultent dans les processus chimiques de la nutrition; et, comme résultat pratique, l'intluence des modifications de pression peut être combattue par des modifications inverses dans la composition chimique de l'air, de sorte que la tension de l'oxygène ambiant reste à sa valeur normale (20,9) (1).

L'intluence de la lumière sur les organismes a dt^jà été étudiée page 31, t. I.

§ 2. — Toxicologie pliyslologlqiie.

J'étudierai dans ce paragraphe un certain nombre de substances qui sont d'un em- [tloi journalier dans les laboratoires de physiologie, soit pour faciliter l'expérimentation sur le vivant (anesthésiques et narcotiques), soit pour pénétrer et analyser le mécanisme des phénomènes vitaux en annihilant ou en exallant leur activité. Le point de vue toxicologique et thérapeutique sera donc forcément laissé de côté pour s'en tenir au point de vue strictement physiologique.

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