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Alcaloïdes et autres corps

1° Strychnine, C^-m'^'-Az-OK —Chez la grenoinUe, do très faibles doses suffisenl pour déterminer des convulsions. Ces convulsions ne sont jamais spontanées, mais elles sont produites par la plus légère excitation et se produisent par accès de quelques secondes ; elles sont très intenses, et comprennent tous les muscles volontaires; leur cause est centrale, car si on coupe le nerf sciatique avant l'empoisonnement, les convulsions ne se produisent pas, tandis qu'elles se produisent si on lie l'artère du membre. Ces convulsions ont aussi leur origine dans la moelle, car elles persistent après la décapitation. — Chez les animaux à sang chaud, la nature réflexe des convulsions est moins évidente et les crampes prennent surtout le caractère de convulsions toniques des extenseurs. Le pouls est ordinairement accéléré, surtout pendant l'accès. Il y a aussi une contracture tétanique des artères qui amène une augmentation de pression sanguine. La mort dans l'empoisonnement par la strycbnine a lieu par l'interruption de la respiration. Les oiseaux et les cobayes jouissent d'une certaine immunité vis-à-vis de la strychnine ; il faut, pour les tuer, une dose 5 à 12 fois plus forte que pour le lapin.

L'action de la strychnine paraît consister surtout dans une altération des appareils réflexes de la moelle et du cerveau, sans qu'on en sache exactement le mécanisme. Sur quelle partie de l'arc réflexe agit-elle? Sur les cellules sensitives ou motrices ou plutôt sur les fibres nerveuses intermédiaires? La question me paraît insoluble actuellement.

La bnicine, C--'H-''Az-OS a une action identique à celle de la strychnine, mais plus faible.

2° Atropine, C'II-^AzO'. — Chez la grenouille, elle détermine des crampes tétaniques de nature réflexe, mais seulement dans un stade très tardif de l'intoxication. — Chez /es carnivores, la marcbe est incertaine et vacillante; la respiration se paralyse et s'abolit sans convulsions; le pouls est accéléré (par paralysie des extrémités périphériques du pneumogastrique); la pression artérielle augmentée. Pour de fortes doses, on observe au contraire une paralysie complète des centres moteurs cardiaques et une diminution de pression artérielle. L'intestin, l'utérus, la vessie sont paralysés; les sécrétions, et en particulier la sécrétion salivaire, sont interrompues; la pupille est dilatée (mydriase), et cette action de l'atropine s'exerce certainement sur des centres situés dans l'iris et le globe oculaire, car reflet se produit sur un seul œil dans l'instillation monoculaire, et elle se produit même sur l'œil de la grenouille extirpé de la cavité oculaire. Cette dilatation de la pupille tient à une paralysie du sphincter et peut-être en même temps à une excitation des fibres dilatatrices. Les lapins, les pigeons présentent une immunité remarquable pour l'atropine.

En résumé, l'atropine agit à la fois sur les centres cérébraux et sur les appareils périphériques (action en partie excitante, en partie paralysante), et cette dernière se porte spécialement sur les appareils sécréteurs et sur les appareils d'arrêt (pneumogastrique).

8ô0 LIVRE QUATRIÈME. — PHYSIOLOGIE SPÉCIALE.

La datunnc et ïhyoscyaminc ont le même effet que l'atropine.

3° Fève de Calabar. Physostigmine. — La fève de Calabar a, sur presque tous les points, une action antagoniste de celle de l'atropine. La sensibilité et la conscience sont conservées jusqu'à la mort ; les muscles volontaires sont paralysés ; les muscles lisses sont le siège de contractions tétaniques (intestin, utérus); la respiration est d'abord accélérée, puis ralentie ; les vaisseaux sont le siège de contractions spasmodiques suivies d'un relâchement; quant à l'action sur le cœur, elle représente un véritable type d'excitant cardio-musculaire. Elle excite directement la fibre cardiaque et fait disparaître tout arrêt diastolique du cœur et en particulier l'arrêl produit par la muscarine et par l'excitation du pneumogastrique. Les sécrétions, et surtout les sécrétions lacrymale et salivaire, sont augmentées; enfin, action caractéristique, la pupille est rétrécie et il y a crampe de l'accommodation, phénomènes interprétés d'une façon différente par les expérimentateurs.

En résumé, la fève de Calabar agit surtout sur les centres nerveux, mais, chez la grenouille du moins, il y a aussi paralysie des extrémités nerveuses motrices, ce qui a fait l'approcher son action de celle du curare.

On peut placer, à côté de la physostigmine, la yuanidine qui a la même action sur le cœur.

4° Muscarine {Agaricus muscarîus) . — Comme la fève de Calabar, elle est antagoniste de l'atropine. A la dose de 0,0001 à 0,0002 grammes, chez la grenouille, elle produit l'arrêt diastolique du cœur, mais cet airèt est dû à une excitation des centres d'arrêt intra-cardiaques, car l'excitation directe des ventiicules ramène les pulsations. Elle a eu outre une action paralysante sur le muscle cardiaque. Cet arrêt du cœur cesse aussi par l'action de l'atropine et de quelques autres substances (nicotine à hautes doses, strychnine, curare, apomorphine, etc.). Chez les animaux à sang chaud, le cœur est ralenti, les artères sont dilatées, la pression sanguine baisse; la respiration, d'abord dyspnéique, peut s'arrêter par paralysie centiale; tous les organes à muscles lisses, y compris la rate, sont à l'état de contraction tétanique; la pupille est rétrécie, les larmes et la salive s'écoulent en abondance; en un mot, l'action générale se rapproche de celle de la fève de Calabar; les sécrétions uiinaire, biliaire et pancréatique sont aussi augmentées. Elle augmente aussi l'irritabilité des muscles striés; elle paralyse les centres nerveux et les centres vaso-moteurs.

On peut placer à côté de la muscarine, à cause de leur action paralysante sur le cœur, un certain nombre de substances : des bases voisines de irimétliylammonhim et spécialement des bases à\imyl et de valéryl [amylurine et valérine); la coiimarine, qui agit à la fois sur les appareds d'arrêt et sur la fibre musculaire; la laudanosine, C-'H^^'AzO^ alcaloïde de l'opium; Véryfhrophlcine, principe actif de l'écorce de mançone {erythrophleum (juincnsc) ; la résorcine; la scilloloxine ; le salicylatc de soude à hautes doses; la nnirinc ; Vcmétine; la cyclamine, etc. L'acide Hattique, extrait de la poudre de Blatla produit aussi une excitation passagère, puis une paralysie des ganglions moteurs et du muscle cardiaque.

5" Pilocarpine (jaborandi). — Le juhorandi a une action qui se rapproche de celle de la fève de Calabar et de la muscarine, avec une action spéciale sur la sueur et sur la salivation. Toutes les sécrétions, du reste, même la sécrétion lactée, sont augmentées. Eu même temps on observe de la contraction de la pupille, du ralentissement du pouls, une diminution de pression sanguine et, à forte dose, la mort par arrêt du cœur. On a trouvé dans les feuilles de jaborandi d'autres bases, la pilocarindine dont l'action se rapproche de celle de la pilocarpine, lajaborine et la jaboi'idiiie qui ont une action analogue à celle de l'atropine.

6° Vératrine, C^^nr.iAzO^ — L'action de la véraliine est très complexe; elle agit sur Ions les appareils nerveux et musculaires de la circulation, d'abord comme excitante, puis comme paralysante ; à très petites doses, les pulsations du cœur sont accélérées, mais par de fortes doses le cœur se paralyse ainsi que les artères. Elle agit en outre comme excitante d'abord, comme paralysante ensuite, sur beaucoup d'organes centraux, les muscles, etc., et détermine des crampes tétaniques, mais qui ne sont pas de nature réflexe comme celles du tétanos; il y a, au contraire, au bout d'un certain laps de temps, une dépression des réflexes. Par son action sur le cœur, elle se rapproche de la digitaline.

Vantiarine {upas antiar) a une action comparable sur beaucoup de points à celle de la vératrine et de la digitaline. Elle arrête le ventricule en systole, tandis que les oreillelLes continuent à battre pour s'arrêter en diastole. On peut placer à côté de l'antiarine un certain nombre de poisons exotiques : la ta7i(jhima vencnifera, le clajaks de Bornéo, le minfras de Maiacca, ï'iyorcte de Luçon, Yinée [koiiiié, strophantus), le moi de Cochinchine, elc.

7° Aconitine, C^^H^^AzO"^. — Son action est très variable suivant le mode de préparation ; mais le symptôme dominant est toujours une paralysie du cœur. Cette paralysie est supprimée par l'atropine.

8" Digitaline, C-'H**0"^. — Malgré l'emploi fréquent de la digitaline en médecine, sou influence sur le cœur, qui constitue le phénomène essentiel de son action, est loin d'être éclaircie. A haute dose, elle produit un ralentissement du cœur, et, si la dose est trop forte, un arrêt en diastole et le cœur ne réagit plus contre les excitations. A doses moyennes, elle produit d'abord une accélération passagère, puis un ralentissement persistant. Le mécanisme de cette action sur le cœur est encore incertain. Elle parait agir sur le tissu musculaire du cœur, car le ventricule s'arrête en systole; elle serait donc un excitant cardio-musculaire. L'arrêt sysfolique du ventricule est suspendu par l'acide cyanbydrique, l'antiarine, la saponine. En même temps, les petites artères sont contractées c-t il a augmentation de la tension artérielle. Les muscles lisses, estomac, intestin, etc., paraissent contraclurés. Les muscles striés, au contraire, sont affaiblis et paralysés, et, pour de fortes doses, ils ont perdu leur contraclilité.

On peut placer à côté de la digitaline la digitoxine, la digitalcine, Yhelléboréinc, Vadonidine, glucoside non azoté de ïadonis vernalis, la thcvétine, glucoside non azoté de la thevetia nercifolia et \a. thévérésine, produit de dédoublenient de la précédente.

9° Quinine, C^^H^ 'Az-O^. — Chez la grenouille, à la dose de 0,010 grammes, elle ralentit les respirations et les mouvements du cœur; les mouvements volontaires et réflexes diminuent d'intensité ; à la dose de 0,05 à 0,1 gramme, le cœur s'arrête, mais les muscles et les nerfs sont encore excitables. — Chez lea onimaux à mng chaud, à petites doses, elle accélère le cœur; k doses modérées, elle le ralentit; à fortes doses, elle l'arrête et produit des convulsions. Son action se porte essentiellement sur les organes nerveux centraux, cerveau, moelle, ganglions du cœur. Cependant à petites doses elle paraît agir directement sur la fibre cardiaque comme excitant cardio-musculaire. L'atropine enlève l'arrêt du cœur produit par la quinine. La quinine lue les organismes inférieurs, infusoires, vibrions, bactéries, amibes d'eau salée, mais elle n'a aucune action sur les champignons; elle abolit les mouvements du protoplasma et des globules blancs; elle n'empêche pas les processus digestifs.

La cinchonine, C^oR^'^Az-O, a la même action que la quinine, seulement à un de"ré plus faible. Parmi les autres alcaloïdes du quinquina on trouve la cinchomdine la la chinoline, la chinamine et son isomère la eonchinaminc, toutes deux très toxiques

ainsi que la cinchonamine. Ces trois substances agissent comme paralysantes sur le muscle cardidiiue.

10° Nicotine, C'0H'''Az2. — La nicotine agit à la fois sur la conlractilité musculaire et sur le système nerveux (nerfs sensitifs, nerfs moteurs, centres nerveux). Elle détermine d'abord des phénomènes d'excitation (tremblements, convulsions, tétanos intestinal, vésical), puis des phénomènes de paralysie. Elle détermine, suivant le stade de l'empoisonnement, de la dimiimtion de la pression sanguine et des battements du cœur, ou une augmentation de pression et une accélération du pouls. On observe aussi de la sueur, de la salivation, des vomissements.

i l" Santonine, — A la dose de 0,3 à 1 gramme chez l'homme, elle dé-

termine de la nausée, des voniissemenls, des hallucinalions, du vertige et un mode particulier de vision ; on voit tout en jaune ; quelquefois auparavant tout le champ visuel se colore en violet, surtout dans les ombres ; puis le jaune remplit le champ visuel, surtout dans les objets clairs. Quoique la santonine jaunisse à la lumière, cette vision jaurie ne dépend pas d'une coloration jaune des milieux de l'œil, comme on l'avait supposé, car on ne constate pas cette coloration à l'ophtbalmoscope. Il est probal)le qu'il s'agit plutôt d'une paralysie des fibres du violet, précédée quelquefois d'une excitation passagère. Cependant on voit quelquefois tout en jaune dans l'ictère, ce qui prouve que celle vision jaune peut, dans certains cas, tenir à une diflusion d'une matière colorante dans les milieux de l'œil. A fortes doses, la santonine produit de la perte de connaissance, de la paralysie du cœur, des convulsions tétaniques et la mort. Chez les animaux, on n'observe guère que ces crampes tétaniques.

i2° Seigle ergoté [Evgotine ; acide sclérotinique). — Son action est encore très peu connue, et il a été jusqu'ici à peu prés impossible d'accorder les faits expérimentaux avec les résultats thérapeutiques. Ainsi la contraction des petites artères, admise théoriquement, n'a pu être constatée d'une façon certame : il en est de même de son action sur l'utérus; sur le c&ur, on est un peu mieux fixé, il produit un ralentissement du pouls, et chez les animaux on peut constater l'arrêt du cœur. Uecboline du seigle ergoté produit des altérations remarquables du fonctionnement cardiaque. A la dose de 0,01 gramme et plus chez la gr^enouille elle ralentit les pulsations du ventricule ; on a une pulsation du ventricule pour deux des oreillettes ; il présente en outre des parties en diastole, puis il est le siège d'une véritable contracture .

13° Convallamarine. — C'est un poison cardio-musculaire; sa dose toxique chez les grenouilles est de 0,2 milligr amme. Le cœur est d'abord accéléré, puis ralenti; le ventricule s'arrête en systole et n'est plus excitable; les oreillettes s'arrêtent en diastole et sont gorgées de sang.

14° Duboisine. — Elle a une action identique à celle de l'atropine et à hautes doses agit comme paralysant du muscle cardiaque et des centres d'arrêt. Elle excite les centres vaso-moteurs, par-alyse les nei'fs moteurs et les nerfs glandularr es ; elle produit la dilatation de la pupille par paralysie de l'oculo-moteur commun. Lepituri {Duboisia Hopwood) a une action analogue à celle de la muscarine; il fait disparaître l'arrêt du cœur produit par la pilocar-pine.

1;)° Delphinine. — Elle paraît avoir une double action excitante et paralysante sur le muscle cardiaque. Elle rétablit les battements du cœur arrêtés parla muscarine.

16° Spartéine. — Elle diminue la tonicité du cœur de la grenouille et détermine un ralentissement des pulsations. Elle produit en outre une persistance remarquable de la conlractilité cardiaque; elle prolonge notablement les contractions du cœur.

PHYSIOLOGIE DE L'ORGANISME. oo.J

17° Cocaïne. — La cocaïne agit comme anestliésique local quand on la met, en contact avec les muqueuses (conjonctive, pharynx, larynx, etc.). Elle produit la dilatation de la pupille et une diminution de raccommodation. Elle paralyse les muscles lisses. Appliquée localement, elle abolirait l'excitabilité des centres psycho-moteurs. V

IS^Pipéridine. — Chez les grenouilles, elle abolit l'excitabilité réflexe, mais pas la molilité; elle paralyse le cœur et diminue la respiration.

10° Piscidine. — Cette substance extraite d'une légumineuse, piscidia crythrma, produit des crampes, le ralentissement du pouls, la salivation, l'augmentation puis la baisse de pression sanguine, le rétrécissement puis la dilatation de la pupille.

20" Amidospermine. — Alcaloïde de l'écorce du québracho. Paralyse les ganglions moteurs du cœur, les centres respiratoires el les centres nerveux.

21° Caféine, théobromine, xanthine. — Tous ces corps ont une action identique et produisent une paralysie des centres nerveux. On connaît des produits de dédoublement de la caféine, la ca/éidine, dont l'action loxi(iue est très faible, Vacidc caffuriquc et ïhypocuféine dont l'action est presque nulle et la cafoline, sans efîet toxique.

5°. — Gaz toxiques.

lo Acide carbonique, C0-. — L'acide carbonique n'est toxique qu'à très hautes doses; l'atmosphère peut en contenir I p. 100 sans qu'on en soit all'ecté, el on peut respirer, pendant quelque temps, des mélanges bien plus riches en acide carbonique. Mais, quand la proportion est plus forte, il survient d'abord des phénomènes d'ivresse (vertige, céphalalgie, somnolence, délire, etc.), puis une véritable asphyxie (dyspnée, crampes, paralysie, mort), même quand la proportion d'oxygène dans l'atmosphère aitilicielle est suffisante. Pendant ce stade dyspnéique, le pouls est ralenti (par excitation du pneumogastrique), les petites artères contractées, la pression sanguine accrue.

Localement, l'acide carbonique détermine de la chaleur à la peau et de l'anesthésie. Le mécanisme d'action de l'acide carl)onique a été diU'éremment interprété. Cependant son action délétère ne parait pas tenir, comme on l'a cru, à une asphyxie par défaut d'oxygène. Elle tient plutôt à une action spéciale du gaz sur les contres respiratoires (dyspnée), les centres vaso-moteurs (crampes vasculaires) et sur les centres d'arrêt du cœur (ralentissement du pouls). Il semble donc qu'il n'y ait, dans cette intoxication, que l'exagération de l'excitation que l'acide carbonique à l'état normal exerce sur ces trois centres et par suite une action directe, encore inconnue, sur la substance nerveuse de ces centres. Il est probable que la mort arrive par la paralysie de fatigue consécutive à l'excitation exagérée de ces centres el l'asphyxie qui en est la conséquence. Heaucoup d'auteurs considèrent l'acide carbonique non comme un gaz toxique, mais comme un gaz simplement irrespirable.

2° Oxyde de carbone, CO. — L'oxyde de carbone rend les grenouilles immobiles et sans réaction ; il y a quelquefois de la dyspnée, jamais de crampes, le cœur et les muscles sont paralysés. Les animaux à sang chaud meurent dans une atmosphère qui contietit 1 p. 100 d'oxyde de carbone; on remarque une dyspnée intense, des crampes, de l'exophlbalmie, un élargissement de la pupille et de l'asphyxie; il y a du sucre dans l'urine. Mais les altérations les plus importantes concernent le sang. Il est d'une couleur rutilante avec une légère leinie bleuâtreau spectroscope, il présente des raies d'absorption dans le jaune, semblables aux

raies de l'oxyliémoglobine, mais un peu plus rapprochées, raies qui persistent jnalgré l'addition d'un corps réducteur, comme le sulfure d'ammonium. En effet, l'oxyde de carbone forme avec rhénio;j;lobine une combinaison cristalline rouge vif, plus tenace que l'oxyhémoglobine. Aussi l'oxyde de carbone décompose l'oxyliémoglobine et en chasse l'oxygène qu'il remplace volume à volume, tandis que l'oxyde de carbone ne peut ôtre déplacé de sa combinaison par l'air ou l'oxygène qu'avec la plus grande lenteur. L'oxyde de carbone produit donc la mort par asphyxie, en empêchant le globule sanguin de fixer l'oxygène dans la respiration. Il est douteux qu'il y ait, cuire cela, une actiou toxique directe du gaz sur les tissus.

3° Acide cyanhydrique, CAzH. — L'acide cyanhydrique est la plus toxique lies substances connues. Chez la grenouille il produit la perte des réflexes et la mort sans convulsions; le cœur se ralenlit et s'arrête ainsi que la respiration; le cœur est rempli d'un sang clair. Chez les animaux à sang chaud, il y a des crampes tétaniques, spécialement des extenseurs, de la dyspnée, ou ralentissement du pouls, de la dilatation pupillaire, de l'exophlhalmie, une paralysie générale avec pei te des réflexes, de l'abaissement de température avec de la faiblesse du pouls et delà respiration qui finissent par s'arrêter. Le sang est habituellement foncé; si la mort est très rapide, il est rouge cramoisi. Les convulsions tétaniques sont peut-être dues à la paralysie du cœur. Le mécanisme d'action de l'acide cyanhydrique est encore inconnu. On ne sait non plus par oîi se fait son élimination de l'organisme (I).

(1) A consulter : Cl. Bernard : Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenleuses, 1857, et : Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie, 1875. — Herniaun : Lehrhucli der rxperinientellen Toxicologie, 1874. — Vulpian : Leçons sur les substances toxiques. — Voir aussi les traités de toxicologie, Chapuis, Tardicu, etc.

LlYRE CINQUIÈME

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