Origine de l'espèce humaine
L'homme ne peut être isolé du reste des êtres vivants auxquels le rattachent étroitement des affînités histologiques , anatomiques et embryologiques qu'il est impossible de récuser. Tous les éléments de l'organisme humain se retrouvent avec leurs caractères, leurs propriétés, leurs dimensions mômes, dans l'organisme animal; qu'on prenne chez l'un el chez l'autre une cellule épithcliale, une fibre musculaire, une cellule nerveuse, et, la plupart du temps, il sera cà peu près impossible d'en déterminer la provenance; il y a évidemment des diiïérences, surtout pour certains éléments et pour des êtres éloignés, mais, d'une façon générale, on peut dire que la ressemblance est la règle, et la dilTérence l'exception. Si I on prend, au contraire, les êtres les plus rapprochés de l'homme, ce n'est plus de la ressemblance qu'il y a entre les éléments histologiques, c'est de l'identité. La parenté anatomique de l'homme avec les anthropomorphes a déjà été étudiée page 38, t. I, et on a vu que, comme l'a démontré Huxley, il y a moins de distance entre l'homme et les singes anthropomorphes qu'entre ceux-ci et les singes inférieurs; analomiquement, il serait plus facile de faire un homme d'un gorille, qu'un gorille d'un cynocéphale.
On se trouve donc conduit invinciblement à appliquer à l'homme la théorie de l'évolution, appliquée déjà à la formation des espèces animales, et il est difficile de ne pas arriver à cette conclusion si on examine de près les faits d'atavisme cités par Darwin et par H;cckel. Celte parenté généalogique de l'homme peut seule expliquer les organes rudimentaires, les anomalies et une partie des monstruosités qu'on rencontre dans l'organisme humain. Si l'on n'admet pas cette théorie de la descendance de l'homme, il faut renoncer à expliquer une foule de phénomènes physiologiques et pathologiques et considérer comme des, jeux de la nature des faits qui s'interprètent au contraire facilement si l'on admet la généalogie animale de l'homme et l'influence réversive de l'atavisme.
Cela ne veut pas dire qu'on puisse trouver, dans une des espèces animales vivant actuellement, les ancêtres directs de l'homme ; il est plus problable, au contraire, que les deux dérivent d'une souche commune, éteinte aujourd'hui, qui aurait donné naissance, en passant par une série
PHYSIOLOGIE DE L'ESPÈCE. 87i de formes intermédiaires, aux anthropomorphes d'une part, aux ancêtres de l'homme primitif de l'autre.