L'homme préhistorique
D'après quelques auteurs (l'abbé Bourgeoi?), l'homme aurait existé déjà dans la période tertiaire (miocène); ainsi on aurait trouvé des silex taillés avec des os de dinothérium. Mais les faits sont trop peu nombreux jusqu'ici pour qu'on puisse admettre sans réserve l'existence de l'homme tertiaire.
I^^'existence de l'homme quaternaire, an contraire, paraît aujourd'hui parfaitement démontrée. La période de l'existence antéhistorique de I homme peut se diviser en quatre périodes secondaires auxquelles on peut donner le nom d'âge de la pierre brute, âge de la pierre polie, âge du bronze et âge du fer.
1° Age de la pierre brute. {Époque du diliivium, époque paléolithique.) — L'homme de cette époque était contemporain du mammouth, de l'ours des cavernes, du rhinocéros à poils de laine (r. thicorinus) et d'autres animaux disparus. Le renne était abondant (âge du renne), ce qui indique un climat différent du climat actuel. Le chien n'existait pas encore à l'état domestique. L'homme se servait d'instruments en corne, en os, en pierre. Les silex étaient d'abord simplement éclatés (âge de la pierre éclatée), puis taillés pour former des haches, des coins, des poinçons, etc. L'homme ne connaissait ni la poterie ni les métaux ; il ne connaissait pas l'agriculture, car on n'a pu retrouver de céréales. Il était probablement chasseur et, en cas de besoin, anthropophage. C'est à cette époque que se rattachent les kjôkkenmoddings ou amas de coquilles trouvés en Danemark. Le squelette de cette race préhistorique est peu connu : le tibia est aplati, l'humérus souvent perforé, la région mastoïdienne effacée. C'est à cet âge qu'appartiennent le crâne de Néanderthal, la race de Cro-Magnon, etc., et peut-être le crâne d'Engis. Celte période se divise elle-même en plusieurs époques, d'après les caractères des instruments en silex ou en os et la nature des ossements fossiles.
2° Age de la pierre polie [âge néolithique). — Les animaux de cette période sont le bos primigenius, l'aurochs, l'élan, le cerf, le sanglier, le porc ; le chien, le bœuf, le mouton, la chèvre, le porc, vivaient à l'état domestique ; le cheval était rare, sinon inconnu. L'homme ne connaît encore aucun métal, sauf l'or, mais il polit ses instruments en silex; il est agriculteur et pasteur; il connaît le blé et l'orge et fait avec leur farine une sorte de pain, ou plutôt de gâteau non levé. Il fabri(}ue une poterie grossière, d'une cuisson très imparfaite, sur laquelle il trace des dessins avec le doigt, avec l'ongle, avec une corde enroulée autour. Il s'habille de peaux de bêtes, mais sait déjà tisser avec le lin et le chanvre quelques étoffes grossières. Les cadavres sont ordinairement ensevelis assis, quelquefois incinérés. Le crâne est brachycéphale, l'arcade sourcilière épaisse. C'est l'époque des grands tumuli et des habitations lacustres.
3° Age du bronze. — Les animaux domestiques sont plus nombreux, et
parmi eux on trouve le cheval. Il y a encore des instruments en pierre, mais les instruments et les objets de bronze sont très nombreux ; par contre, les objets en cuivre ou en étain pur sont excessivement rares. La monnaie est inconnue. Les poteries sont plus variées , mieux faites. Les ornements des poteries et des objets de bronze sont formés de dessins géométriques (cercles, spirales, etc.) très variés et souvent d'une grande délicatesse d'exécution; il n'y a pas de figures de plantes ou d'animaux. C'est surtout dans cette période que la vie nomade paraît avoir fait place à la vie sédentaire. C'est l'époque des habitations lacustres, des dolmens, des cercles et des rangées de pierres. Les cadavres sont ordinairement incinérés, ce qui explique la rareté des crânes de cette période; quelquefois cependant ils sont enterrés assis.
A" Age du fer. — Le fer remplace le bronze pour les armes, les haches, les couteaux; le bronze est encore conservé pour les poignées, les objets d'art, les bijoux. La poterie est mieux faite et ressemble à la poterie romaine; le verre paraît. Les dessins d'ornementation consistent surtout en imitations de plantes et d'animaux. Les cadavres sont enterrés couchés.
LE LABORATOIRE DE PHYSIOLOGIE. — TECHNIQUE PHYSIOLOGIQUE
Les laboratoires sont pour le physiologiste ce que les salles d'hôpital sont pour le médecin. Le laboratoire, dit CL Bernard, est la condition sine qua non du développement de la médecine expérimentale; et c'est là, ajouterai-je, que se pn'parent les progrès de la médecine pratique. Leur utilité n'a cependant été comprise que dans ces derniers temps, et tandis qu'en Allemagne il n'était pas d'université, quelque petite qu'elle filt, qui n'eût son institut physiologique, en France, les facultés de médecine en étaient dépourvues. Aujourd'hui, il n'en est plus tout à fait de même, mais il y a encore bien des desiderata à combler, bien des progrès à faire. Aussi je crois utile, avant d'aborder l'étude générale de la technique physiologique, de dire en quelques mois ce que doit être un laboratoire de physiologie.