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Digestion dans IMntestin grêle

Dès que le chyme a franchi le pylore pour pénétrer dans l'intestin grêle. Je suc gastrique perd toute action digestive, et ce chyme acide détermine un afflux de bile, de suc pancréatique et de suc intestinal. D'après Schifî, c'est au liquide des glandes de Briinner que reviendrait la plus grande part dans la neutralisation de l'acidité du mélange. L'acidité disparaît peu à peu; à la fin du duodénum, le contenu de l'intestin est en général déjà alcalin (1), et cette alcalinité se conserve habituellement jusqu'à la terminaison de l'intestin grêle.

L'action du mélange des trois sécrétions intestinales sur la masse alimentaire est assez difficile à analyser, si on veut faire exactement la part de chacune d'elles. Cependant un fait certain, c'est que dans l'intestin grêle, tous les aliments, albuminoïdes, féculents, sucre de canne, graisses, sont modifiés et transformés de façon à les rendre assimilables, et que le plus grand rôle revient au suc pancréatique. 11 semble, d'après ce qu'on a vu plus haut, que la bile devrait s'opposer à la digestion intestinale, comme elle s'oppose à la digestion stomacale; mais cette précipitation des peptones par la bile ne se fait que dans un milieu acide et pourrait tout au plus avoir lieu dans les partie'' supérieures du duodénum ; dans un milieu alcalin et, par conséquent, dans tout le reste de l'intestin grêle, la bile n'empêche en rien la transformation des albuminoïdes en peptones. Du reste le précipité est redissous par l'excès de bile qui arrive dans l'intestin.

Le chyme intestinal varie suivant l'endroit même de l'inteslin où il est recueilli. Très liquide el coloré en jaune par la bile dans les parties supérieures de l'intestin, il devient plus épais, se fonce et acquiert une couleur verdàtre dans les parties inférieures; sa composition se rapproche de celle du chyme slomacal, dont il se

après un repas abondant il fallait à 4 heures pour que l'estoniac se vidât complètement; après le repas du soir, au contraire, une partie des aliments ne sortait par la fistule que le lendemain matin. Dans le cas de Krestchy (fistule stomacale, femme), la digestion du déjeuner du matin demandait 4 heures 1/2: celle du dîner de midi, 7 heures; il fallait 8 heures environ pour la digestion du repas du soir; l'alcool et le café ralentissaient la digestion. Dans le cas de Marcelin, ohservé par Richet (fistule stomacale), le lait (sauf la partie grasse) était digéré le plus rapidemeut, en une heure environ ; lagraisse, les épinards, demandaient ■4 heures 1 /2 à C heures. La durée moyenne d'une digestion stomacale était de -i à 4 heures. On pourra consulter aussi le tableau donné par W. Beaumont (reproduit dans la 2"= édition de cet ouvrage).

(1) Je l'ai cependant trouvé souvent encore acide beaucoup plus bas.

distingue par son alcalinilé, la plus faible proportion de principes alimentaires non digérés, des traces de leucine el de tyrosine et la présence des sécrétions intoslinales et spécialement de la bile.

Ce chyme ne remplit pas complètement l'inteslin grêle ; il ne s'y trouve que par places, les anses intestinales voisines restant vides et tantôt affaissées, tantôt au contraire distendues par des gaz, d'autres fois remplies par la bile presque pure ou par du mucus intestinal formé en grande par tie de cellules épithéliales.

Les guz de l'intestin grêle consistent en azote, acide carbonique et hydrogène. L'hydrogène et une partie de l'acide carbonique proviennent de la fermentation butyricjue des hydrocarbonés. Une autre partie de l'acide carbonique provient du sang comme pour l'estomac; enfin d'après Strassburg, il s'en formerait aussi dans les glandes intestinales; en liant sur un chien une anse intestinale et y injectant de l'air, il a trouvé au bout d'un certain temps la tension de l'acide carbonique dans cette anse supérieui-e à celle qu'il a dans le sang.

On ne rencontre dans l'intestin que des traces d'oxygène.

Le tableau suivant donne, d'après Ghevreul et Planer, la composition des gaz de l'intestin grêle (pour 100 vol. de gaz) :

GHEVREUL.

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