‹ Nouveaux elements de physiologie humanieChapitre 108 sur 217 · PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA COAGULATION DU SANG · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA COAGULATION DU SANG

prendre comment dans rexpérience sur la tortue il se produit tout d'abord de la substance fibrinogène qui passe du plasma muscidaire dans le plasma sanguin , et comment ensuite une partie de cette dernière substance repasse , à la suite de contractions répétées, de nouveau dans le plasma musculaire et est brûlée pendant le travail. On pourrait s'expliquer de la même manière ce qui se passe normalement dans l'intérieur des vaisseaux, et admettre que la substance fîbrinc^ène est consommée par les élément*? contractiles des parois vasculaires ; d'où il résulterait que jamais cette substance ne s'accumulerait dans le sang en quantité assez considérable pour donner naissance à la coagulation de la fibrine (*). Tandis que la substance fibrinogène tire son origine des parois vasculaires auxquelles elle doit aussi sa disparition , la substance fibrino-plastique provient des corpuscules sanguins. Déjà nous avons vu au § 108 que très-probablement elle se forme aux dépens de l'albuminoïde qui est un des produits du dédoublement de l'hémoglobine. La substance fibrine-plastique peut s'accumuler dans le sang sans y produire de coagulation, à condition toutefois que la substance fibrinogène s'y détruise en partie. Il existe toujours, en efîet, dans le sang, un excès de substance fibrino-plastique, car après la coagulation , on peut encore en retirer, tandis que toute la substance fibrinogène a disparu. VA néanmoins il semble que dans le sang vivant il y ait des conditions qui empochent la trop grande accumulation de la substance fibrino-plastique; ces conditions ne tiennent pas à la paroi, mais bien aux globules. A. Schmidt a démontré qu'en ozonisant le plasma on empêche la coagulation de la fibrine, l'ozone décomposant sans cesse la substance fibrino-plastique; comme aussi l'ozone décompose la substance fibrinogène et la rend inapte à la coagulation. Les globules sont chargés d'ozone, ils en produisent et en éliminent sans cesse dans le sang vivant ce qui permet donc d'admettre que leur action est analogue à celle de l'ozonisation artificielle. Dans cette hypothèse , il nous faut admettre que sur le vivant la globuline, avant de diffuser dans le plasma, se transforme en un autre albuminoïde qui n'est plus capable d'agir comme substance fibrinoplastique (un albuminate de soude peut-être), tandis que dans le sang mort, qui perd très-vite ses propriétés ozonisantes , la substance fibrino-plastique passe non modifiée et en grande quantité dans le plasma sanguin.

A. Cooper avait déjà soupçonné que la coagulation du sang dans les vaisseaux était empêchée pendant la vie par la paroi ; mais c'est Brûcke qui démontra le fait. Il mit du sang à 0 degré, pendant 15 minutes, à Tabri de Pair, puis il en emplit le cœur ou un vaisseau d'un animal sacrifié à l'instant même et suspendit le tout dans un espace saturé de vapeur d'eau. Le sang conservait ainsi sa fluidité pendant plusieurs heures quand il était pris à un animal à sang chaud; pendant plusieurs jours quand il provenait d'un animal à sang froid. Si pendant ce temps on retirait une goutte de ce sang en expérience , on le voyait se coaguler aussitôt. Quand on introduisait un corps étranger (mercure, air etc.) dans le vaisseau , le sang se coagulait

(*) Cette hypothëse basëe sur Tactiou des éléments musculaires de la tunique moyenne ne saurait se soutenir devant le fait l)ien connu de la coa^lation dans les ligatures ; toujours alors le sang se coagule h partir du point où la tunique interne est rompue, c'est donc cette dernière et non pas la tunique moyenne qui empêche le sang de se coaguler. (A. B.)

également autour de ce corps. Le sang tiré de la veine commence toujours aussi à se coaguler dans les couches qui sont en contact avec la paroi du vase dans lequel on le reçoit. Un fait qui prouve que ce n'est que la tunique inteîme du vaisseau qiii empoche la coagulation , c'est que sur le vivant , dans une ligature , la tunique interne est sectionnée , et que c'est à partir de ce point que commence la coagulation.

Au moment môme où Brûcke faisait ses expériences , Richardson émit une hypothèse toute contraire sur les causes de la coagulation de la fibrine. Il remarqua que le sang normal contient de Tammoniaquc , qui en est chassé par le contact de Tair. En présence de ce fait et de la non-coagulabilité du sang additionné d'un alcali , fl crut que c'était l'élimination de l'ammoniaque qui s'opposait à la coagulation. Mais Uichardson lui-même a fait remarquer que la quantité de l'ammoniaque est si petite qu'elle ne saurait suffire pour empocher le phénomène de la coagulation. Lister combattit l'hypothèse de Richardson et confirma directement l'opinion de Brûcke. Il découvrit une veine et la laissa plusieurs heures en contact avec l'air ; le sang qu'elle contenait se colora en rouge , mais ne se coagula pas ; il mouilla alors, avec une solution d'ammoniaque, une veine dans laquelle la circulation avait été arrêtée, et le sang s'y coagula. D'après ses recherches , le sang reste plus longtemps fluide dans les petits vaisseaux que dans les gros, ce qui ne saurait être dû qu'à la paroi vasculaire. Enfin Thiry étudia dans quel état l'ammoniaque se trouve dans le sang, et démontra l'erreur de Richardson. Il trouva que l'ammoniaque du sang ne se déf(a^^e qu'à une température d'environ 50*» , et peut alors être retrouvé dans l'air au moyen de réactifs très-sensibles. L'ammoniaque n'y est donc plus libre , ni sous forme de sels facilement volatisables (carbonate ou acétate d'ammoniaque) ; ce sont les solutions d'acétate d'ammoniaque qui présentent' seules des réactions analogues à celles du sang , et Thiiy supposa que c'est sous cette forme que l'ammoniaque se trouve dans ce liquide (*).

On admettait autrefois que la fibrine n'était qu'une moditication d'un albuminoîde préexistant dans le plasma ; à l'époque, où Brûcke démontrait que c'était la paroi vivante qui empêchait le san;; de se coaj^uler, on avait déjà émis des doutes sur ^cxa^ titude de cette manière d'envisager la coagulation. Virchow distingua d'abord la substance fibrinogène qui existe dans le sang d'avec la fibrine, et démontra que la substance fibrino;>:ène n'était pas d'une composition constante, puisque d» des liquides différents, mais contenant tous de la fibrine , ne se coagulent pas au même moment , et que 2«un mémo liquide peut éprouver des coagulations successives. Quand A. Schmidt découvrit les deux substances génératrices de la fibrine, la question entra dans une nouvelle voie. Sans même tenir compte de la différence de composition chimique de ces doux substances (§ 107), A. Schmidt se rendit compte de la part qu'elles premienlà la formation de la fibrine par les faits suivants : !<> Quand à du plasma on ajoute du san},^ défibriné , la fibrine se produit plus rapidement , et l'on peut même , par ce moyen, faire coa^qilerles sérosités qui normalement ne coagulent pas ; le mêmeefTel se produit , mais à un moindre degré , quand on ajoute du sérum privé de globules; 2" si l'on vient à dissoudre dans de l'eau oxygénée les deux substances génératrices de la fibrine précédemment précipitées par GO*, et que l'on ajoute à la solution de fibrinogène une solution de substance fibrino-plastique , on voit aussitôt la coagulation se produire ; il en est de même si l'on ajoute cette dernière à du plasma non coagula ou à un exsudât ({ui contient de la substance fibrinogène ; tandis qu'avec le sémm du sang la fibrine se précipite quand l'on ajoute de la substance fibrinogène. Il résulte

Q) Brflckc, Archiv f, pcttltoloy. uinatomiej t. XII. — Richardson, Journal de phytiologUy t. I. — TiiBtcr, Proceedhigs ofthe royal Society y 1863, et Archtv f. ^viasemchaftl, IfeiUttuàe^ t. IV. ^ Thir>', Zcitschrift'f, ration, Medic., 3^ série, t XVII.

ses taàis que : i» la substance fibrino-plastique se trouve surtout dans les globule» n moindre quantité dans le plasma ; 2» que la substance fibrinogène appartient plasma, et qu'après la coagiûation elle est complètement éliminée de ce liquide; s que y au contraire , le sérum contient encore alors un excès de substance fibrinelUque. Gomme, de toute évidence, cette dernière n'a passé dans le plasma que voie de diffusion , il nous est permis d'admettre qu'elle tire son origine de la gloine. Schmidt crut d'abord que la substance fibrinogène provenait , elle aussi , de lobuline et était un produit de métamorphose ultérieure de la substance fibrino- ;tique. L'analogie chimique , qui seule peut faire supposer cette hypothèse de midt , ne suffit pas pour la faire admettre. Tous ces faits permettent de considérer irodaction de la fibrine et de ses composants comme assez bien élucidée ; mais il 1 est pas de même de l'opinion que nous avons donnée plus haut pour expliquer Lon-coagulatipn du sang qui circule dans les vaisseaux (*) (*).

§ 111. — Le sang (plasma et globules réunis).

La composition du sang dépend : 1<> de la proportion relative des globules et L plasma, et 2» de la composition qualitative et quantitative de chacun de ces lUX* éléments principaux du sang.

lo II est très-difficile de déterminer le rapport du poids des globules à ced du plasma , d'abord parce que dans le caillot la fibrine du plasma se trouve lêlée aux globules, et qu'en outre les principaux éléments du plasma, le séiim, par exemple, imbibent également le caillot. On se contenta pendant longîmps d'évaluer les éléments solides des globules, et on négligea complètement eau qu'ils contiennent (Becquerel et Rodier, Scherer). C. Schmidt chercha, au ontraire,'à déterminer le poids des globules humides dans une quantité donnée de sang; c'est F. Hoppe qui trouva une méthode tout à fait précise pour y iniver. Elle consiste à retarder la coagulation de la fibrine, et à permettre ainsi ittx globules de se précipiter. On retire alors une certaine quantité de plaskna )ien transparent, et on détermine la richesse en fibrine , on en fait autant pour ecaDlot. Mais la fibrine appartient tout entière au plasma, et par l'analyse on ionnalt la quantité de fibrine qui correspond à une masse donnée de plasma ; I devient donc très- aisé de déterminer la quantité de plasma qui est unie ^ cidllot. En retranchant alors du poids du caillot le poids du plasma qu'il »ntient, on trouve le poids des globules. La seule difficulté quq présente cette ûélhode, c'est que nous ne possédons encore aucun moyen exact de retarder la iûagulation de la fibrine pendant un temps assez long. Aussi n'a-t-on pu l'ap- ^er jusqu'ici qu'à l'analyse du sang du cheval, qui coagule très-lentement.

P) Virchow, Oesamm. Ahhandl A. Schmidt, ArMvf, Anat. u. Fhysiol.f 1861 ot 1862»

^ BàauUologische Studien, Dorpat 1865. — Kiihue, Physiolog. Çhemie, t. U. (*) n est évident quo cette question si obscure encore de la non-coagulation du sang ttt les vaisseaux vivants est cependant entrée dans une vole plus scientifique depuis 00 les auteurs, au lieu de rattacher, conune le font encore quelques-uns, ce phënomëne Que espëce de force mystérieuse de la paroi , cherchent à Tt^xpliquer par une action dmique dé nutrition des tissus. Nous avons dit plus haut que nous ne saurions attaler d'importance à l'opinion qui attribue aux éléments musculaires le pouvoir de protire et do décomposer la substance fibrinogène, mais il n'en est pas de même de l'opion de A. Schmidt, qui soutient que les globules, en ozonisant le plasma, décompo- Dt la Btibstaiice fibrino-plastique et empêchent ainsi la coagulation. (A. B.

Sur 100 parties en poids de sang de cheval, les moyennes de six expériences ont donné 35,4 de globules, et 64,6 de plasma (*).

En raison de la difGculté que présentent ces recherches chimiqueSj on s*est adressé aux moyens p/it/in^ties. Vierordt, le premier, chercha à savoir, en les comptant, combien il se trouve de globules dans un volume de sang déterminé; cette méthode de numération fut perfectionnée plus tard par Welcker. On trouve ainsi que, chez l'homme, 1 millimètre cube de sang veineux contient en moyenne 5,000,000 de globules , et chez la femme 4,500,000. AVelcker, pour arriver plus rapidement au même résultat, inventa la méthode de la décoloration du sang. Pour cela il prend du sang dont les globules ont été comptés comme échantillon type, et en étend une certaine quantité avec un liquide incolore; il prend ensuite une quantité égale du sang qu'il veut étudier, et r ajoute de ce même liquide incolore jusqu'à ce que les deux mélanges soient de même coloration; il est clair qu'alors les globules des deux sangs $e trouvent dans les mêmes rapports que les quantités de liquide incolore qull a fallu ajouter.

Pour les glolniles blancs du sang il n'y a que la méthode de la numératioo qui puisse donner un résultat. On évalue le rapport du nombre de ces globules à celui des globules rouges. En moyenne, pour 300 de ces derniers, il y a un globule blanc ; mais ce rapport varie beaucoup suivant les individus et suivant leur alimen^tion.

Pour les méthodes d'analyse du sang , nous devons renvoyer aux traités de éimie. C. Schmidt se servit des procédés ordinaires et détermina le poids des glohules secs , pui il chercha à évaluer quel était le rapport de ce poids à celui des gkhules humides. A cet effet, il mesura les globules et chercha quelle diminution dt volume leur fait éprouver la dessiccation ; il compara encore la richesse en éléments minéraux du caillot et du sérum , mais en tenant compte de ce que certains sels (le chlorure de sodium par exemple) appartiennent, les uns au plasma et d'autres am globules. Cette dernière méthode est baeée sur un principe analogue à celle de Hoppe; mais leur valeur n'est pas la même, car on peut dire avec certitude que la fibrine rst un élément exclusif du plasma , tandis que l'on ne peut en dire autant du cbloruro de sodium ; tout ce que Ton peut en effet affirmer, c'est que le sérum contient une plus forte proportion de ce sel que les globules. D'après C. Schmidt, pour trouver approximativement le poids des globules humides, il suffit de multiplier pir 4 les chiff'res fournis par Becquerel et Rodier et par Scherer; les résultats obtenu ainsi sont trop élevés : :i9 à 51 p. 100 chez Thommc, d'après Schmidt, et 33 i 75 p. 100 chez le cheval, d'après Lehmann. J. Mûller appliqua , le premier, sur II j,aenouille, une méthode directe d'évaluation du poids des globules humides. Figuier (»t Dumas s'en servirent sur d'autres animaux. Mûller filtra le sang débarrassé de tt librine par le battage et additionné d'eau sucrée. Figuier et Dumas employtlent, dans le m<^me but, un excès de solution concentrée de sel de Glaûber; les globules restaient sur le filtre et le sérum pur filtrait. Cette méthode n'est pas précise; car, en effet, la proportion d'eau que contiennent les globules n'est plus la même, en laison de l'endosmose qui se fait entre eux et les solutions sucrée ou saline (*).

(1) Uoppe , Vîrchow'8 Archiv, t. XH. — Sacharjîn, ibid., t. XVUI. P) C. 8chmidt» Vharacteristik der C/iolera, Mitau 1850. —Lehmann, Phyêiologiêche Cktm»>> t. H. — (lorup-BcBanez, Phmolog, Chemie.

La méthode de dénombrement de Vierordt et de Welcker consiste à prendre un petit volume de sang bien exactement mesuré , à le mélanger avec une quantité bien déterminée aussi d'un autre liquide qui n'altère pas les globules (solution de gomme); on introduit alors une petite quantité de ce mélange dans un tube capillaire , on rétale sur Tobjectif du microscope et l'on compte. La méthode par la coloration est , en réalité, basée sur la richesse en matières colorantes, et il est permis de croire que chez le môme animal la matière colorante est dans un rapport constant avec la richesse en globules. Dans ces derniers temps , Welcker vient de donner des preuves directes à l'appui de cette opinion ; il a trouvé , en effet , que , chez des animaux trèsdiflërents, des volumes égaux de globules possèdent des propriétés colorantes égales. Les petits globules des mammifères et des oiseaux possèdent , à la vérité , un pouvoir colorant bien plus grand que les globules beaucoup plus gros des vertébrés inférieurs. Welcker, pour faciliter cette étude , construisit une échelle de coloration do sang : il prit pour cela du sang dont par le dénombrement il connaissait la richesse en globules, il l'étendit de diverses quantités d'eau bien exactement mesurées, et en reporta des quantités égales sur différents papiers de surface égale aussi. Veut-on examiner alors du sang , on l'étend d'un mince volume d'eau (2 HO pour i de sang) , et l'on voit à queUe partie de l'échelle correspond la coloration obtenue. Welcker se servit encore de sa méthode pour évaluer le volume absolu et le poidu des globules sanguins, ce que déjà Vierordt et Harting avaient tenté. Il compta d'abord le nombre des globules, et par des mensurations exactes détermina le volume d'un globule isolé. En multipliant, on obtient évidemment le volume total des globules, et en multipliant encore par le poids spécifique, on obtient leur poids total. Welcker considéra d'abord le globule comme un segment du cylindre et chercha ensuite a corriger l'erreur due à la dépression centrale ; il construisit pour cela un modèle de ^obule grossi 5000 fois, détermina d'abord son poids comme segment de cylindre régulier et le compara à celui qu'il obtenait après y avoir pratiqué une dépression centrale analogue à celle du globule sanguin. Il trouva ainsi que le volume d'un globule = 0,0000000732 millimètres cubes , que sa surface = 0,0001294 millimètres carrés. Or i millimètre cube de sang contient 5 millions de globules ; leur volume sera de 0,36 miUimètres cubes. D'après Welcker , le poids spécifique des globules = 1,105; celui du sang étant en moyenne = 0,375, il en résulte que, dans 100 parties en poids de sang , il y en a 33,9 de globules ; ce chiffre se rapproche beaucoup des moyennes trouvées par Hoppe et Sacharjin sur le sang de cheval. Et cependant cette méthode doit être abandonnée; car les fautes, si petites quelles soient, que l'on commet dans l'évaluation du volume d'un globule isolé , fautes qu'on ne saurait éviter, deviennent énormes quand on les reporte au résultat total (<).

Moleschott évalue , d'après de nombreuses expériences , la moyenne du rapport des iMnil^ blancs aux globules rouges = 1 : 335 ; d'autres auteurs donnent des chiffres variant entre i : 157 et 1 : 1761 . Chez les jeunes sujets , le nombre des globules blancs partit être le plus élevé ; ils semblent diminuer avec l'âge. Chez les hommes, ils pa- Tûaaent .être plus nombreux que chez les femmes ; mais pendant la grossesse et la inenatruation ce chiffre semble augmenter. A jeun , il y a moins de globules blancs ^Uksle sang qu'après le repas, surtout après un repas riche en albuminoîdes. Mais qnand le jeûne est prolongé , c'est l'inverse qui se produit. Pury vit chez un individu soQmis pendant trois semaines à la cura famis le nombre des globules blancs aug- 7 mente. Dans une maladie qui doit son nom à ce symptôme , la leucémie , les globules

P) Vierordt, Arehiv /. phytiol, Ileilkundey t. IL — Welcker, Archiv der Vers. f. gem. ^'*-i 1 1, et Prager Vîèrteljahrsschrift , t IV; Zeitschrift f. ration. Medic., t. XX.

blancs , comme Virchow l'a le premier démontré, sont en proportion énorme » et peuvent mémo , dans quelques cas extrêmes , atteindre la proportion : : 1 : 3 (<).

2° Les différentes analyses que nous avons données plus haut (§§ 107 et 108) indiquent la nui nier e dont les éléments chimiques sont répartis dans le sang, entre les globules et le plasma. La seule substance qui, à coup sûr, appartient en propre aux globules est donc l'hémoglobine. Les éléments du stroma (substance fibrino -plastique, protagon, cholestérine) existent aussi en petite quantité dans le plasma. Dans ce dernier, on trouve, comme éléments qui lui appartiennent exclusivement, la substance fibrinogène, Talbuminate de soude et Talbumino dissoute; il est de plus probable que c'est seulement dans le plasma ([ue se trouvent toutes les matières extractives, y compris le sucre, l'urée, h créntine etc. Pour les autres éléments, tout ce que «ous pouvons affirmer, c'est que les uns sont en plus gmnde proportion dans le plasma, les autres dans les },^l()l)ules. Toutes les deux parties contiennent des corps gras qui, à la vérité, sont en si minime quantité dans le sang qu'il n'est pas possible de déterminer leur rapport relatif. Quant aux gaz , nous avons déjà vu , au § 109, que le plasma contient surtout du GO*, tandis que l'oxygène est principalement lié aux globules. Ces derniers contiennent tout Toxygène combiné chimiquement, de munie que presque tout l'acide carbonique en dissolution se trouve dans le plasma. Les substances minérales sont réparties de telle sorte que les phosphates alcalins et Ic^s sels de potasse sont en majorité dans les globules, tandis que les sulfates, les chlorures alcalins et les sels de soude se trouvent en proportion plus grande dans le plasma; mais les analyses quantitatives de ces substances ne sont pas encore complètes et décisives.

Voici une analyse faite par la méthode de Hoppc :

Dans UK) parties de sanj( se trouvent 32,62 de globules; 67,38 de plasma.

Dans 100 parties de {^lobules : Dana 100 parties de pla.<ima :

Kau 5(),r)0

Kiénionts solides . . . 43,50

Eau 90,84

Éléments solides . . . 9,16

Fibrine 1,01

Albumine 7,76

Corps gias 0,12

Matières extractives . . 0»40

Sels solubles .... 0,64

Sels insolubles .... 0,17

Les analyses de C. Schmidt donnent plus de détails; mais sa méthode est moins sûre. iJans le sanjr d'une femme de 30 ans, il trouva pour 100 parties :

30,02 ^'lobiiU's.

Kiu ...... . 27,52

Éléments solidrs . . . 12,36

Iléinatiner 0,69

Globuiinc H,3i

Sols 0,35

G0,S7 plasma.

Eau ;»,19

Éléments solides . . . 5,17

Fibrine 0,19

Albumine 4,47

Sols 0,50

(«) MolcRchott, )Tleiier mrdic. IVochensrhrift , 1854. — Molescllott u. Morfels, Unter- Buchuwfen i:nr Nafurlehre ilcM^Mcnsckeny t. I. — Ilirt, Miifler*it AtrhiVf 1856. — Do Pury. Arvhie f.pathoioy. Anat., U Vlll. — Wclckor, ioc. cit.

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