MOUVEMENT DU SANG
§ 113. — Aperçu général sur la circulation sanguine.
Le sang est, dans le corps de l'animal vivant, animé d'un mouvement régulier et continu ; il se meut dans un système de canaux clos de toute part, l^ centre de ce système est le cœur^ organe musculaire et contractile. De ce centre
0) Lehmann, Physidoglsche Chefnie, t. II. — Valentin, Sepertorium /. Anat. u. PAjfiWn t. III. — Welcker, Prager Merteljahrsschrifi, t. IV, et Zeiiêehrift /. ration. Mediein, t lY. — BÎRchoff, Zeitêckriftf, iHstenschafa. Zoologie, t VII et IX. — Heidenhain, Ditfàmr tiotie^ i^riticœ de sangitinijt fjuantitate. HalÎR 1858. — Panum , Archiv /. jhUM, Anaicme^
t. xxrx.
APEHgU GÉNÉRAL SUR LA CUtCliLATION SANIllIlNi;. 237
irteot des vaisseaux dont les uns sont paivounis par le sang qui se rend aux mes (lu corps, fc sont les artères , et dont les autres servent à ramener le ntg qui des organes revient vei-s le cœur, ce sont les veines. Dans les ort;anes , les artères et les veines sont relii^es par un système particulier, les *»eaux capillaireis.
La circulation du sang luel ce liquide en rapport avec les organes auxquels
il abandonne ses principes nutritifs aussi bien qu'avec t:eux qui lui en fournissent. Les poumons sont , parmi les oi^anes qui servant à la régénération du sang, d'une importance tellement prépondérante, qu'à eux seuls ils nécessileni n appareil spécial, et que la circulation générale se tiouve ainsi divisée en deux pculations, dont te cœur est le centre. La circttlation pulmojiaire ou petite ation porte le sang du cœur droit aux poumons, et de ceux-ci au cœur e ; la circulation du corps ou grande circulation porte le sang du cœur gauche à tout le restant de l'oi^anisuie, et de là le ramène au coiur droit. ' Le c*Eur peut donc être assimilé à une pompe à doublo courant. Les oreillettes reçoivent le sang veineux, celle de droite le sang qui revient des oi^anes, celle degauche le sang des veines pulmonaires, et les deux ventricules citassent k- sang artériel, à droite dans les poumons par la voie de l'artère pulmonaire, et it gauche dans les autres oi^anes au moyen de l'artère aorte. Le sang veilux qui afOue dans l'oreillette droite fournit, en passant dans le ventricule du "me cAlé, le sang à l'artère pulmouaii^ ; le sang de l'oreillette gauche ipii e dans le \entricule correspondant est le sang artériel qui, par l'aorte, doit B rendre aux dilTérentes parties du corps.
' Si nous prenons comme point de départie cœur gauche, la circulation du sang "it la suivante (voy. Fig, 35), Le ventricule gauche vj chasse le sang flans e A , qui se divise en aorte ascendante et aorte endsnle, 2 et 3, pour fournir aux parUes sueare» et inférieures du corps. Ce sang , sorti li capillaires cap, se réunit en deux troncs vci- ^5""' '* veine cave supéiieurc et la veine cave inel vci, (pli le versent dans l'oreillette le OD. De celte oreillette le sang passe dans le ■'Wniticitle du niëm(ï côté VD, qui le chasse dans I Pririère pulmonaire AP. Après avoir parcouru le [ ■^Mème capillaire du poumon capp, il revient pai' 1^ veines pulmonaires VP dans l'oreillette gauche "i et ce n'est que lorsqu'il a repassé de cette oreile dans le ventricule gauche que le sang a pui— i cercle circulatoire complet. Le courant ^in varie de diamètre dans les dilTéreuts e ) du système vasculaire ; ce diamètre est au inimum à l'origine des vaisseaux qui émanent du («•ur ou qui y aboutissent; il s'élargit graduellement et est au maximum dans les capillaires, pour «liioim jusqu'au cœur.
a) Le cœur et ses mouvanents,
§.114. — Structure et position du cœur.
Le arur est un muscle creux, dont la surface extérieure est entourée (l'une membrane séreuse, le péricarde, et dont la paroi interne est tapissée par une autre membrane, l'endocarde. 11 est logé dans la moitié gauche de b poitrine, etalFectcune position quelque pou oblique et inclinée, qui fait que la pointe du cœur est située un peu plus en avant et à gauche que la base de ^o^ gane. Les poumons Tentourent de tous les côtés, excepté par devant, où le poumon gauche ne le recouvre qu'incomplètement. La base du cœur correspond aux corps des sixième, septième, huitième et neuvième vertèbres dorsales; sa pointe est située derrière le cartilage costal de la sixième côte gauche.
Le cœur lui-même est divisé par une paroi musculaire en deux moitiés, la moitié droite et la moitié gauciie. La première de ces moitiés est connue sous les noms de cœur droite cceur veineux ou ctrur pulmonaire ; la seconde souj; ceux de cœur gmiclte ou cayur aortique. Chacune de ces moitiés est subdi\isée en deux cavités superposées et séparées l'une do l'autre par des valvules formées aux dépens de Tendocarde épaissi et appeiidues à deux anneaux teudineux. Ces dédoublements des deux cœurs prennent le nom iï oreillettes ei à* ventricules.
IjCS valvules qui se trouvent à l'origine des grosses artères sont également formées par des adossements de l'endocarde.
Le tissu musculaire du cœur est formé de fibres striées, très-ténues, parfois bilides et anastomosées entre elles. Presque tous les faisceaux musculaires primitifs s'insèrent sur les anneaux fibreux qui se trouvent entre les ventricules et les oreillettes. Gi^s anneaux servent aussi de point de départ à des faisceaux de fibres longitudinales ([ui n^monlent verticalement pour former la paroi musculaire interne des oreillettes. Dans l'oreillette droite, quelques-uns de oi^ faisceaux musculaires font relief el les plus volumineux se dirigent de l'auriculc vers l'orilice auriculo-ventriculaire. Les libres longitudinales sont recouverte!» par une couche de fibres ciiculaiies dont la partie la plus interne appartient en propre à ciiaque oreillette , tandis ({ue la couche extérieure sert d'enveloppe conniume à ces deux rései'voirs. Le ventricules gauche possède également des fibres musculaires longitudinales qui naissent, les unes de fanneau fibreux auriculo-ventriculaire, les autrcîs du pourtour de l'orifice aortique. La direction de ces fibres est oblique, et ce sont leurs anses qui, en s'entrecroisant au sommet de l'oi'gane, forment ce que Gcrdy a appelé le tourbillon de la pointe du cœur. Les fibres longitudinales du ventricule droit naissent , comme les précédentes, de l'anneau fibreux correspondant, affecttînl une (Jirection analogue et, arrivées à la pointe du cœur, ne s'anastomosent pas avec celles du côté gauche, mais remontent le long de la cloison interventriculaire, pour s'inséi*er à la zone fibreuse gauchi».
Par-dessus ces libi'es longitudinales stî trouve encore une couche de muscles à direction plus circulaire. Elles nai.ssent de la zone fibreuse gauche et fonneul, les unes un huit de chifiVe autour du ventricule gauche, tandis que les auli*ca
STROCTIIRE ET POSITION UU ClKUH. 23tT
rment des anses qui, après avoir enibrassé le ventricule droit, viennent se rminer à leur point de départ. La zone fibreuse droite donne, elle aussi, iiaisnc« à quelques anses qui embrassent le ventricule gauche. Nous voyons par ce qui précède ijue toutes les fibi-es musculaircs du cœur rennent leur origine sur les anneaux librcux de cet organe , et que pi-esquo rtites vont y aboutir. Quelques faisceaux musculaires seuls, les muscles juipillires, font exception, car leurs extrémilés tendineuses vont s'insérer aux alvules auriculo-ventriculaires.
Les valvules du cœur résultent de l'accolement des feuillets de l'end ocaitle, renforces par du tissu fibieux. A l'abouchement des oreillettes avec les ventricules se trouvent des valvules à franges; à droite la valvule tricuepide , ù gauche la valvule mitrale ou bicuspide. A la naissance de l'aorte et de l'artère pulmonaii-e se placent les valvules senii -lunaires ou sigmoïdes. Les premières de I ces valvules 5 et 5' (Fig. 36) sont des soupapes en forme | dévoiles qui s'ouvrent dans la cavité du ventricule; elles «ont fermées et retenues par la conti'action Ae!> muscles papiltaires 3' et 3".
Les valvules sigmoïdes 4 et 4' sont, au contraire , des I soupapes en forme de poches qui s'appliquent contre^ [ la parois de ces vaisseaux quand le courant sang passe du coeur, dans les artères, et qui, loi-s du reflux 1 <ie ce liquide , se remplissent de sang , s'adossent les I unes aux autres, et empêchent ainsi le retour de ce ^^ ^
Bquide dans le ventricule.
Ui alnicture hislologîque du péricarde est .In mâme que celle de toutes Ich hùnote»-, il ae compose d'nn feuillet pnriétal épais, en rapport avec le mùdinstiri nn- Urienr, et d'un feuillet viscéral plus mince , qui est en uontnct intime avec te muscle Qrdiaqae. L'endocarde n'est qu'un prolongement de la membrane interne des vais- Mni. 11 est constitué par nne trame fibreuse Olastique , dont ta surface interne est tipinée d'une mince cduche d'épiihélium polygonal. Les zones fibreuses des ouvoi'lim auriculo-ventriculaires sont formées par une lame tendineuse qui se jiroloiige nire les deux feuillets adossés de l'endocarde jusque sur les pointes des valvules. U ntêmc structure se retrouve dans les valvules KÎ^'moïdcs. La valvule mitrale se nmpose de deux franges triangulaires, dont l'une part de l'anneau fibreux postérieur n auriculaire, et l'autre de la paroi de l'aorte. A cliacunc de ces franges s'insère un *«i muscles papillaires du ventricule gaucbe. La valvule tricuspide se compose de Wi franges plus petites que les pr^cédenles, et ti>utes les trois sont implantées sui- ■nueau fibreux auriculaire; à chacune de ces franges va s'attacher un muscle papil- *re plus gi'èle que les muscles correspondants de la cavité venlrici^ire gauclie. Qttqne valvule auriculo-venlriculaire peut, du reste, présenter des franges secon- ^^ttt sur lesquelles s'implantent aussi de petits muscles papillaii-cs. l^s valvules ■Pnoldea prennent leuiï insertions sur les cei-clcs fibreux des orifices arlciicls; dans '*>i<l<ie artère elles sont au nombre de trois; 1 eu i"» concavités sont (uuniées \ ers lu ■ui; leurs bords libres sont légèrement épaissis dans le milieu par de petits noyaiiv T" ont été désignés ù gauche sous le nom de nodules d'Aranliiit , à (Imite sous relui de nodules de Morgagni. La ilescriplion que nous venons de donner est eiii-
pruntée à Ludwig(i). Le cœur est tnrtervépar les filets di^ pneumogastrique etdu grand sympathique qui forment le plexus cardiaque. On trouve, en outre^ dans le ûUon transversal et la paroi interventriculaire de nombreux ganglions nerveux. La plupart des neifs vont se terminer dans les muscles ; quelques-uns seulement dans Fendoôrde (').
La forme des quatre cavités du cœur est très-variable. Les cavités de» oreillettes représentent, abstraction faite de quelques saillies musculaires, asseï fidèlement leur forme extérieure. La cavité de l'oreillette droite est à peu près cubique; celle de ToreiUette gauche est un peu aplatie dans le sens transversal. Les cavités venlriculaires diflèrent davantage. La coupe transversale de la cavité gauche représente une ellipse dont le grand diamètre irait de droite à gauche, tandis qu'une coupe analogue de la cavité ventriculaire droite forme on croissant dont les extrémités sont dirigées Tune en avant, Tautre en arrière. La capacité des deux ventricules est évaluée de 180 à 200 centimètres cubes. Le ventricule droit parait contenir davantage que le ventricule gauche.
Gluge estime que le poids du cœur d'un homme sain est en moyenne de 288 grammei Krause donne pour les dimensions du cœur les mesures suivantes : Diamètre longitudinal, 5 1/2 pouces ; diamètre transversal pris immédiatement au-^lessous des* oreillettes , 4 pouces ; et diamètre antéro-postérieur pris à la même hauteur, 3 1/2 pouces.
La (uipacité du cœur a été déterminée par Valentin et Krause , qui en ont jugé d'aprt*s la quantité de liquide qu'ils pouvaient y introduire; tandis que Volkmimi et Vierordt , estimant cette capacité d'après la quantité de liquide que chaque gobtraction en fait sortir, ont trouvé des chiffres bien plus forts, et donnent pour chaque ventricule une contenance de 200 centimètres cubes environ (3).
§ 115. — Mouvements du cœur.
Le muscle cardiaque est animé, pendant la vie, de contractions rhytlimiques. Ces contractions n'étant pas isochrones dans les différentes parties de l'organe, il en résulte des changements de forme et de position , qui s'accompagnent de bruils particuliers.
1" lihiithme des mouvements du camr. Si nous prenons le cœur pendant son temps de repos , nous voyons que le mouvement commence par la contraction des oreillettes, et qu'aussitôt après le ventricule entre en action. Avec le commencement de la contraction ventriculaire coïncide le relâchement des oreillettes, et lorsque les ventricules sont de nouveau inactifs, les oreillettes restent encore en repos pendant un temps très-court, puis le mouvement recommence par leur contraction. La contraction de chacune de ces parties prend le nom de systole ; leur relâchement celui de diastole. Le ^\jle des mouvements du cœur peut, d'après ce qui précède, se subdiviser en trois temps : 1<> systole des oreillettes et diastole ventriculaire; 2» systole des ventricules et diastole auriculaire; 3'' diastole des oreillettes et des ventricules (repos du cœur). Au commencement du second temps, pendant un instant très-court , il y a systole simultanée des oreillettes et des ventricules.
(ï) Ludwig, ZeUêchrift f. ration. Medie.y t. VU; et LeJirbueh d. FkytùÀogit^ 1. 11.
(^) Beaunis et Bouchard, Nouveaux élémeiitM cfanaiomie humaiiie,
(3) Krause , Jlaiidbuch der menscftlichen Anafomie , t. I. — Donders , Phynoloffie, t L