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PERCEPTION DE PROFONDEUR

douées d'un accord parfait. Les points de l'espace optiq[ue suivant lesquels se coupent les lignes de direction des points de recouvrement, nous les appellerons horoptère des points de recouvrement; il a été étudié par Helmholtz. Pour la plupart des yeux, quand ils sont accommodés pour la vision lointaine, il se confond, comme nous i^avons vu plus haut , avec le plan terrestre ; dans les autres positions de 'l'œil , il ne diffère que fort peu de l'horoptère des points correspondants. Volkmann a trouvé qu'il existe entre les points de recouvrement et les points correspondants des méridiens horizontaux un manque de rapport analogue à celui qui existe pour les méridiens verticaux , mais il atteint rarement 1/2o et peut même disparaître dans beaucoup d'yeux; aussi peut-on le négliger quand on se propose de déterminer l'horoptère (>).

§ 196. — Perception de profondeur.

Dans le paragraphe précédent , nous avons déjà étudié la perception de profondeur comme fonction directe de la vision binoculaire. Mais un œil peut sufflre à lui seul pour nous fournir l'idée de la troisième dimension , car à côté des déplacements des lignes visuelles et des différences stéréoscopiques des images rétiniennes il est encore d'autres conditions qui nous viennent en aide pour déterminer cette idée. Il nous faut donc mieux approfondir encore le rôle relatif que jouent dans la perception de profondeur les différents moyens fournis par les visions mono- et binoculaires. Les plus importants de ces moyens sont :

1» V angle visuel. Cet angle ne peut évidemment nous fournir des données exactes pour évaluer la distance d'un objet que lorsque nous connaissons approximativement la grandeur de cet objet. Quand, par exemple, nous voyons un homme à différentes distances , nous supposons qu'il est d'autant plus éloigné de nous que l'angle visuel sous lequel nous le voyons est plus petit. Il est évident que dans ce cas la hauteur moyenne de l'homme, qui nous est connue par des expériences antérieures , entre en ligne de compte dans notre évaluation. L'angle visuel ne saurait donc nous fournir des indications pour apprécier l'éloignement d'objets dont une expérience antérieure ne nous a jamais fait connaître la grandeur, comme le soleil ou la lune par exemple. Cet angle nous sert toutefois admirablement pour évaluer la distance d'objets éloignés dont les autres moyens d'appréciation ne nous permettent pas de déterminer l'éloignement. D'autres indications viennent alors en aide à l'angle visuel , tels que la perspective aérienne et les ombres portées.

2» V accommodation de Vceil. Il est évident qu'elle ne peut nous servir que dans les limites de l'accommodation. Moins les objets sont éloignés du point de rapprochement , plus l'accommodation nous permet d'évaluer les distances ; nous avons vu , en effet, au § 183 que plus l'objet se rapproche de l'œil , plus les cercles de diffusion deviennent grands, et plus aussi, par conséquent, sont grandes les actions musculaires nrcossaires pour faire disparaître ces cercles.

(I) Hchuholtz, Physioluy, Optik, § ai. — Keckliiigliauscii , Archie f. Ophthalmolog., t. V. — Volkmann, Phyaiohj. Untcruvch. im Gehictc dcr i^ptikj *J® liv.

L'évaluation des distances est basée alors sur la seiisation (Tcuxommodaiion, qui probablement est une sensation musculaire.. J'ai institué des expériences dans lesquelles un observateur regardait à travers un tube une muraille blanche éloignée , entre laquelle et l'œil se trouvait un iil noir vertical que Ton pouvait faire mouvoir, et j'ai trouvé que, dans les limites de l'accominodaiion , Tappréciation des distances est bien plus exacte quand l'objet est rapproché que lorsqu'il est éloigné, et que , dans ce dernier cas, elle dépend de la grandeur de l'image que fait l'objet sur la rétine , tandis que dans le premier cas, elle eu est tout à fait indépendante (*).

3<^ Le inouvenieni des yexu:. Ce mouvement peut nous faire apprécier les distances de deux manières différentes. Très -souvent nous examinons des objets en portant notre point \îsuel au delà de leur base. Nous apprécions aloi^ leurs distances relatives par les mouvements des yeux nécessaires au déplacement du point visuel. Les mouvements de la tète peuvent venir en aide aux mouvements des yeux. Un seul œil peut en ce cas suffire à déterminer Fidée de profondeur. Cette perception devient bien plus complète quand les déplacements du point visuel sont déterminés par les mouvements de convergence ou de divergence des deux yeux. Il est évident que, dans ce cas, il est tout à fait inutile que la base des objets soit visible, et ces mouvements nous fournissent un moyen d'appréciation des distances beaucoup plus exact que n'importe quel autre.

Ce moyen d'évaluation n'est cependant pas absolu; il n'est que relatif, comme tous les moyens que nous fournissent nos sensations. Nous pouvons reconnaître si tel objet est plus éloigné que tel autre; mais il nous est très-difficile de dire à quelle distance il se trouve; aussi sommes-nous disposés à croire toujours que les objets sont plus rapprochés qu'ils le sont en réalité. Dans les limites dans lesquelles nous pouvons accommoder nos yeux, les mouvements de convergence sont favorisés par les mouvements d'accommodation, car ces deux espèces de mouvements sont tellement connexes que sans nous en rendre compte nous accommodons nos yeux pour la distance d'un point vers lequel nous dirigeons nos lignes visuelles. Il est vrai que la connexion normale qui existe entre ces deux espèces de mouvements des yeux peut être modifiée par un exercice approprié (-).

4p Les différences stéréoscopiques des deux images rétiiiiennes , Elles ont été étudiées déjà dans le paragraphe précédent. La précision avec laquelle nous pouvons en ce cas comparer les images des deux rétines est égale à celle avec laquelle un seul et même œil peut apprécier les plus petites distances. Les mouvements de convergence s'exécutant avec la môme précision dans les conditions les plus favorables, comme, par exemple, à partir du point où l'œil est accommodé pour l'éloignement , nous y trouvons une nouvelle raison d admettre que l'espace optique binoculaire comme le champ optique monoculaire sont déterminés par l'action connexe des sensations d'innervation et des différences locales.

(1) Wundt, Beitràge tur Tiieorle der Sinnew., 9^ parti

(2) Wundt, Beitràge ttc;, 4© part.

STRUCTURE DE l' ORGANE DE L'OUÏE.

Le tableau suivant, établi d'après nos propres recherches, nous permet de comparer Tappréciation des distances par Taccommodation et par les mouvements de convergence.

ACCOMMODATIOTf.

COMVERGEXCE.

DUUbco

Limite d'appréciation

possible

Limite d'appréciation possible

da m par rapport

pour

pour

k r«ii.

le rapprochement,

l'èloignement.

le rapprochement.

rëloignement.

250cm

iSOen»

leo^ni

iOOcin

80cni

A la distance de l'",80 la rotation angulaire d'un seul œil est de 68"; quand le point visuel se déplace de 3<^i*,5, cette quantité répond encore à la plus faible distance appréciable ; le déplacement de 1 centimètre pour une distance de 50 répond à une rotation angulaire de 250"; les deux rotations forment toutefois 4/50 du mouvement total en dedans ; Ton trouve à peu près la même constante proportionnelle pour les valeurs intermédiaires. Cette constante a la même valeur, comme déjà nous l'avons vu au § 194, pour l'appréciation des distances linéaires. Helmholtz a constaté qu'un seul œil perçoit déjà la profondeur quand les deux images rétiniennes se déplacent l'une vers l'autre de 60",5.

L'influence prépondérante de la convergence dans l'appréciation des dislances explique pourquoi, comme l'a trouvé H. Meyer, un objet extérieur qui produit sur la rétine des images de mémo grandeur paraît plus grand lorsqu'on le regarde sous un plus grand degré de convergence (*).

3» SENS DE l'ouïe.

§ 197. — Structure de Forgane de l'ouïe.

L'organe de l'ouïe se décompose en trois parties : V oreille externe , Voreille moyeyineel Voreille interne. Les deux premières servent à conduire les ondes sonores, et la troisième à les transmettre directement; aux* extrémités nerveuses qui la perçoivent.

Uoreille externe se compose du pavillon de Voreille, si remarquable par ses replis , du conduit auditif externe, dirigé de dehors en dedans et en avant, et de la membrane du tympan, membrane élastique tapissée en dehors par un prolongement très-mince de la peau et en dedans par la muqueuse de la caisse tympanique. La membrane du tympan est constituée elle-même par des libres rayonnées et circulaires, dont les premières appartiennent à l'oreille externe et les dernières à la caisse tympanique. Le manche du marleuu attire cette membrane vers le dedans et la maintient tendue ; il en résulte une dépression ombilicale située à peu près au centre du tympan , tandis qu'en même temps cette membrane est bombée vers le dehors en raisgii de l'action opposée de ses fibres circulaires et rayonnées.

(1) H. Meyer, Poggtndorff^s Annalen , t. LXXXV. trUNDT. — Physiologie.

tVSIOLOGlE DES FONCTIONS DE RKLiTIOX,

L'oreiilc moyenne se compose de la cuisse du tympan avec la chaîne 5ts osselets (|ui s'y trouve, et de la trompe d'Euslache. La cause du tymjian est uti espace irrégulièrement circulaire i-empli d'air ; sur la paroi interne de tdl* lavité sont pei-céesdesouverlui-cs qui conduisent dans le labyrintlie . lafenètn ovnle, qui i;oiiduit au vestibule et qui est fermée par la base de l'étrier (Fij lâ'2, S) , el lu f(n-'lre ronde 5, située au-dessous de la précédente ; elle cutiduii dans le limaçon et est fermée par vue membrane, la membrane de Ui fcnèlir ronde. La trompe d'EustacIit (i) esi un ciuiul moitié osseu\, moitié cartil^ imuii, qui unit les cavités buccaleetta {lanique. Dans la caisse du tympan ^

renfeirnés les (rois osselets de Vif '

le marteau , l'enclume et l'étrier. H) yii. I3Ï constituent un système de leviers dont li

première pièce, le marteau (tî), est Bto par soiiinanche(3)sur la membrancdu tympan, etdont ladenûèi-epièce, lelrior. est enfoncée dans la fenêUe veaLilmlaire, tandis que la pièce moyeuoe, rciidiimi' (l), relie le marteau et l'étrier. Les surfaces articulaires des trois osselets Mot assujetties par des ligaments. La plus importante de ces articulations est icH' qui se fait entre le marteau et l'enclume. Elle est repi-éeenléc agrandie et i ■ par sa face tympanique dans la Fig. 123. C'est une articulation trorlil^'m munie de dents d'arrêt (2). Quand la membrane du tympan est portr-i? ■■ dedans (vers la caisse tympanique\ les denU d'arrêt sont poussées l'une coiiir. l'aulic, le marteau et l'enclume ne constituent alors qu'un seul os; dans le uctmtiliiie , qumd h uieniliranf tlu tympan est portée en dehors, la capsule jilicuUue se relâche entre les deux osseldqui peuvent alors se détacher légèreiu'''!' l'un de l'autre. Les osselets de l'ouïe wi' relies au\ parties environnantes par <i' lihies ligamenteuses, des replis muiiiiin <.l pu lieux muscles. L'un de ces mu^tl" le tenseur du lympau, 5 (Fig. 120), s'în-'i sur la portion cartilagineuse de la tn'iii d'Euslache, passe à travers un canal ix--'-" pailiculier el gagne le manche du marle.j . nur lequel il se fixe; l'élasUcilé de ce mu-' '■ maintient la membrane du tympan dans iélat de tension , qui augmente quand li uontiTicte. Le second muscle des qsscI-imuscle de l'étrier, s'iosèi-e sur la face |" téneure de la cavité tympanique, se r courbe en haut et en avant, pour se Uim sur la tète de l'étner; ijuaiid il se couarrière et en dedans el $a base s'enfom-e dan» h teni^dv uvjle.

STni'CTtiRE bF. l'orcA'NE iiE l'ouïe;. 531

L'ordUe înierne ou labyrinthe est une cavité Fermée rie toute part et rempUe par uD liquide. Ses pilrois 8onl entièrement osseuses, sauf au niveau des deux l'enètres. On peut lu diviser en deux parties principales : le vestibule avec les canaux demi-circulaires, et le Hma^n. Le vestibule (9, Fig. 122) est une cavité arrondie, séparée de la caisse du tympan par la membrane de la fenêtre ovale. Il en part trois cananx semi -circulaires (2, 2) situés dans trois plans perpendiculaires les una aux autres; chacun de ces canaux possJ-de à l'une de ses extrémités un élargissement arrondi , l'ampoule. A l'intérieur des parois osseuses du vestibule et du labyrintbe se trouvent des sacs membraneux (|ui constituent le labyrinthe membraneux , dont la forme correspond assez exactement à celle du labyTintlie osseux. Le labyrinthe membraneux est rempli et entoure par un liquide; dans son intérieur se trouvent , en outre , de jietitâ cristaQx de chaux, les otoUthes. Les libres nerveuses proviennent de la division du nerf ncoustique, qui parcourt le conduit auditif interne (7); elles passent des parois osseuses du labyrintbe sur les sacs membraneux du vestibule et des ampoules, et se terminent sur des portions épaissies de ces saca entre les cellules épilhéliales cylindriques qui tapissent leur surface interne. D'après Max Sclinltxe , la face interne de ces cellules épilliéliales est elle-même garnie de cils élastiques raides terminés en pointe effilée.

la structure du limaçon (10) est bien plus compliquée. Il est constitué par ■ un canal enroulé en spirale et divisé en deux rampes par une cloison qui ne présente d'ouverture qu'à son sommet. L'une de ces rampes, la i-ampe veatibulaire, s'ouvre dans le vestibule; la seconde, la rampe tympanique, se termine an niveau de la caisse pur la ujembrane de la fenêtre ronde. Les organes terminaux des nerfs acoustiques sont disposés sur lu cloison osseuse qui divise le limaçon et sur la cloison membraneuse qui complèlc ccltt- division entre les deux rampes vestibulaire et tympanique. La figure schématique 124 représente la couptde cette cloison ainsi que le organes nerveux! La cloison et!

«llâ-inème constituée par deuv membranes 1 et 2, qui laissent entre elles un espace, la l'nMij'i! ^'

mcyeiiue, dans laquelle se trou\eut les leniiinaisons nerveuses, bi jnembnute élastique inférieure (2), qui sépare la rampe moyenne de la rampe tympanique, constitue la membrane bustlaire ; la membrane supt^ieui-e est formée par un réseau fibrillaire et est fixée solidement à des prolongements dentelés du périoste ; elle prend le nom de membrane de Corti. Les nerfs (5) se portent , à partir de la cloison osseuse, dans la rampe moyenne. Dans l'intérieur de cette rampe se rencontre une série d'oi^nes en forme d'arcs ou do libivs; on lep li^ÏRigne sous le nom de fibres de Coi-li , et ce sont là très- vraisemblable ment les organes terminaux spéciaux das nerfs de i'ouïe. Chaque arc se compose d'une partie ascendante (8, 8), fibre </e Ut première rangée , et d'une paiiie descendante (0, 9), fibre de là seconde rnngée. La forme de ces oi^anes est celle que représente la li^juie ; ils sont irês-seri'é.'' les uns contre les autres. Ce sont de

petits corps tendus et élastiques qui peuvent facilement vibrer à Tunisson quand la membrane basilaire vient à être mise en vibration par un son. Les fibres de la seconde rangée vibrent surtout très-facilement à Tunisson de la membrane, puisqu'elles sont précifsément placées à son centre, point où les vibrations sont nécessairement les plus étendues ; il est très-probable que c'est par l'intermédiaire de celles-(;i que les fibres de la première rangée sont mises en Nibration. Les fibres de Gorti sont entourées par une masse de cellules et de fibre* molles qui , pour la plupart , doivent être envisagées comme appartenant à du tissu conncctif. Entre les branches des arcs et au point où elles sont Gxées sur ta membrane basilaire, sont situées des cellules très-délicates (3), qui probablement sont de natua» nerveuse. Le tissu connectif interstitiel constitue, surtout à partir de la convexité des arcs , un réseau régulier (7), que l'on désigne sous le nom de membrane réticulaire. Aux cellules de la face inférieure de cette membrane sont adaptées d'autres cellules à Tinstar des bourgeons. Ces deux formes de cellules appartiennent évidemment au tissu connectif. D en part des fibres connectives fmes qui se dirigent, les unes vers la membrane basilaire , et les autres latéralement. Aux deux côtés de l'organe de Corti, et le limitant latéralement, existent de grosses cellules rondes (6 et iO) dont la signification est encore inconnue (*).

§ 198. — Conduction du son.

Pour que le son soit perçu , les ondes sonores doivent être transmises ani organes terminaux des nerfs de l'ouïe, organes étalés dans l'intérieur du labyrinthe. La voie que suivent le plus ordinairement les ondes sonores est le conduit auditif oxlernc et l'oreille moyenne; c'est en ce cas la transmission par la caisse du tympan. Des ondes sonores très-intenses ou des ondes déterminées par des corps vibrants en contact avec les os du crâne ou les denUi peuvent aussi , par les vibrations qu'elles impriment à ces os , agir directement sur le labyrinthe et les organes terminaux nerveux qui s'y trouvent ; c'»?sl alors la transmission par les os du crâne.

Dans le cas de transmission par la caisse du tympan , le conduit auditif externe sert d'abord à rassembler les ondes sonores. Le pavillon de Toreillc, placé à l'entrée de ce conduit , ramasse le son , car les ondes sonores sont réfléchies par le pavillon vers le tragus, et renvoyées par celui-ci dans le conduit auditif externe. On suppose encore que les vibrations du pavillon luimême se transmettent pur les parois osseuses du conduit jusqu'à la membrane du tympan. Le pavillon doit être mis en vibration par des ondes sonores venues de toutes les directions possibles, aussi comprend-on aisément Tiniportance des repli?? qu'il présente; en ellet, le son tombera toujours iH?rjHM»diculaiiemenl sur quelque point de la surface du pavillon, et celte incidenir est la plus avanta^reuse. Eu se transmettant à la membrane du tynqmn, le>

{}) Corti, Zeitschrijt j\ tvisscunch. Zoologie^ t. lU. — Schultzç, Maliens Archir^ iBltS.-

Dciters, Untersuch. nherdie Lamiiia siriralia membranacea. Bonn 1860. Bottchcr, JrcA'-

/. pathoL Atiaf.y t. XIX.

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