Œ UE
Pour les voyelles A , 0, U , il ne se produit qu'un seul ton de résonnance, parce que , pendant qu'on les prononce , la cavité buccale ne représente qu'un seul tube de résonnance sans aucune partie rétrécie. Dans l'émission de l'A, il n'y a qu'une cavité régulièrement élargie en entonnoir depuis le larynx jusqu'en avant; dans l'émission de l'O, celte cavité s'étrangle légèrement en avant, et la cavité buccale est tout à fait rétrécie *en avant lorsque l'on émet l'U. Dans la série iE , E et I , la partie antérieure de la cavité buccale est rétrécie en même temps que la pointe de la langue, en s'appliquant contre la voûte palatine , constitue un étranglement de cette cavité, qui prend alors la forme d'une bouteille à goulot étroit. Quand on prononce E et I, la partie postérieure s'évase et la partie antérieure, le goulot de la bouteille, se rétrécit. Il est bien évident qu'en ce cas il se produit nécessairement des tons de résonnance , un ton plus bas qui prend naissance dans l'espace postérieur, et un ton plus élevé, dû à l'espace antérieur. Quand le son passe de E en I, la hauteur du premier ton doit baisser, tandis que celle du second itionte , l'espace postérieur s'élargissant pendant que l'espace antérieur se rétrécit. Il en est de même pour la série Œ et UE. En prononçant Œ, l'intérieur de la cavité buccale prend une position qui tient le milieu entre etEet^E; en prononçant UE, elle est intermédiaire entre celle de E et I ; l'ouverture labiale se rétrécit en même temps, à peu près comme dans 0 et U. Dans ce cas encore, la cavité buccale prend la forme d'une fiole, mais le ton de résonnance de la partie antérieure, qui ici est très-allongée , sej-a un peu plus bas (lue pour les voyelles de la série précédente.
On pensait autrefoib que les voyelles couiine les consonnes sont dues à des bruits ; ce sont les ti^avaux de Donders et surtout ceux de He)niholtz qui nous en ont donné une bonne théorie. Donders trouva que pour les dillérentes voyelles la cavité buccale est accordée pour différentes hauteurs de tons. Une expérience trèssimple démontre que ce n'est que la forme de la cavité buccale qui détermine h».
WUMIxr. — Physiologie. «6
timbre des voyelles. Disposez la cavité buccale pour la prononciatioa des différentes voyelles , et frappez légèrement sur les lèvres , le son produit aura tous les caractères de la voyelle pour laquelle votre bouche sera adaptée. Helmholtz détermina les tons de résonnance caractéristiques de chaque voyelle. Il a pu les reproduire artificiellement en faisant vibrer un diapason dont les tons étaient renforcés par des résonnateurs disposés au devant de lui. Chaque fois qu'en pareil cas les tons de résonnance caractéristiques de chaque voyelle étaient émis simultanément avei^ k ton fondamental , le son produit devenait l'analogue de la voyeUe correspondante !|i.
La lettre H constitue la transition pour les consonnes. L*éinission de cette lettre se produit quand, la glotte étant largement ouverte, un courant d*air tend à y passer avec force et que la forme de la bouche ne correspond à la prononciation d'aucune voyelle. Quand, au contraire, la cavité buccale est réti^ en un point quelconque, le courant aérien, eu passant au niveau de cet étranglement, détermine un bruit variable suivant le poii^t rétréci et le mode du rétrécissement; c'est ce bruit qui produit les différentes consonnes. Les consonnes peuvent toutes être classées en trois groupes par rapport au lieu du rétrécissement. Dans le premier groupe , le rapprochement des lèvres ou celui (l'une rangée de dents avec une lèvre déleiTnine le rétrécissement; suivant le mode dont se fait le rétrécissement ou suivant le degré de tension des lèvres, nous prononçons les consonnes P, B, F, V, \V, M. Dans le second groupe jh fermeture est due à l'application de la langue contre les dents ou la voûte palatine; c'est ainsi que sont émises les consonnes T, D, S, L, N. Pour les consonnes K , G , Gh , J , Ng (N nasal) , la partie postérieure de la langue se rapproche du palais et constitue rocclusion. La lettre R peut être rangée dans les trois groupes; elle se produit toujours quand les bords de la fermeture buorale entrent eux-mêmes en vibrations appréciables. On doit donc distinguer trois espèces d'R (un R labial, un R lingual et un R guttural).
Au sujet de la prononciation des consonnes nous ajouterons ce qui suit :
!»•'' groupe. Le P est détermine par l'écartement subit des lèvres précédeninieitt closes ou par fermeture subite des lèvres précédemment ouvertes ; Técartemeut e>t produit par un courant d'air qui lait elVort contre l'ouverture buccale. B et W st! forment de la même manière , mais la tension des lèvres diminue de plus en plus. F se produit par Tapplication des incisives supérieuies contre la lèvre inférieuri*. Le V (allemand) n'est qu'un F adouci.
2® j:roupe. T et D sont dus à l'application de la langue contre les incisives et la voûte palatine; pour la prononciation du D, la langue s'appuie moins fortement. Pour rs, la langue ne s'applique pas complètement contre la voûte du palais; elle laisse toujoui-s un petit espace libre à travers lequel Tair peut passer. L se produit quand, la langue étant appliquée contre le palais^ l'air frôle latéralement les molaires. Pour l'N , la langue se trouve dans la môme position , niSis le courant d'air est chassé par le nez.
i^« groupe. K et G se produisent quand la partie postérieure de la langue appuie plus ou moins cnergiqucnient contre le palais et que le courant aérien fait ellort.
(^} Dondurs, Archio f, die hullëmlUche Jtieitràife , t. I. — Uelmholtz, JLeJire von d. Tonanpjiiulwujen.
Pour le Gh , il reste entre la langue et la voûte palatine une petite ouverture à li-avers laquelle Fair peut passer. L'N guttural (Ng) se produit enfin quand , les parties étant disposées comme ci-dessus, le courant aérien est chassé par le nez (i).