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IV. FONCTIONS DES ORGANES CENTRAUX

§ 209. — Exposition du sujet.

Au point de vue général , les organes centraux sont tous les appareils du système nerveux dans lesquels se produisent des excitations automatiques ou dans lesquels se transmettent des excitations nerveuses parties d'autres organes (§162). Dans un sens plus restreint, on donné le nom d'organes centraux aux appareils dans lesquels les excitations automatiques transmises prennent la valeur de fonctions propres pour qui les propriétés des' organes connexes , organes des sens, muscles, ne sont que des moyens accessoires extérieurs. Des fonctions propres de cette nature n'appartiennent qu'aux organes cérébro-spinaux, moelle épinière, bulbe et encéphale. Il ne nous reste ici qu'à étudier plus particulièrement les fonctions de cette espèce. Nous n'entrerons pas dans les détails sur la part que les organes centraux prennent dans les phénomènes de la nutiition , ni sur les fonctions du sympathique ; nous renvoyons pour cela aux chapitres précédents. D'un autre côté , nous ferons ici ce que nous avons fait pour les organes des sens , et nous n'étudierons les fonctions du cei*veau qu'autant qu'elles influent sur les fonctions physiques et (ju'autant qu'elles servent comme moyen physique aux manifestations de l'intelligence; nous abandonnerons donc complètement toute la partie psychologique à la psychologie.

§ 210. — Structure des organes centraux.

Les cellules nerveuses constituent la partie essentielle de tous les organes centraux. Les libres nerveuses n'ont pas, dans les organes cérébro-spinaux , la même structure que dans les nerfs périphériques ; elles paraissent toujours être privées de leur gaine spéciale primitive , ce qui fait qu'une pression ou une traclion légère les déchirent ou les rendent vari(iueuses. On y rencontre, comme dans les nerfs périphériques , des fibres larges et minces , à contenu médullaire ou. sans moelle. Les cellules et les fibres nerveuses sont situées au milieu d'une trame connective fine et molle dans laquelle cheminent aussi les vaisseaux. Les cellules nerveuses sont toujours disposées par groupes, mélangées à des fibres nerveuses , à du tissu connectif et à des vaisseaux sanguins ; ils constituent la substance grise des centres nerveux. La substance blanche est formée par des fibres nerveuses , par du tissu connectif et des vaisseaux , mais elle contient moins de ces deux derniers éléments et l'on n'y trouve pas de cellules nerveuses. Pour établir le rapport qui existe entre la structure de ces organes et leur fonction, il nous faudrait connaître exactement le trajet des

(1) Briicke, Wiener Skzungaber.y 1849 Le même, GrwidzUge d, Physiolog. d, JSpracIi-

laute. Wien 1856.

libres nerveuses, la manière dont elles se rattachent aux cellules nerveuses, ainsi que le mode suivant lequel ces cellules sont unies entre elles. Or c'est à j)eine si ces questions commencent à être touchées; nous ne pouvons doDc (jue donner quelques indications sur la structure des centres nerveux, si importants cependant au point de vue physiolo^que.

i^ Moelle épinière. Cet organe est formé par difTérentes colonnes, qui dans toute leur longueur paraissent , à première vue , se partager assez élément les différents éléments ner\'eux. La substance blanche est formée surtout par des fibres nerveuses à direction longitudinale, qui constituent les cordons antérieurs , latéraux et postérieurs. Les cordons postérieurs contiennent des fibres minces , tandis qu'elles sont larges dans les cordons antérieurs et latéraux. Les fibres longitudinales sont , dans les cordoné antérieurs et postérieurs , entrecroisés par des fibres transversales et obliques, qui pour la plupart proviennent directement des racines nerveuses et se dirigent vers la substance grise. Des tractus de libres transversales mélangées à beaucoup de faisceaux connectifis constituent la commissure blanche ou antérieure , et la commissure gri^e ou postérieure. Dans la première, les fibres nerveuses sont lai'ges; elles sont minces dans la seconde. Les fibres nerveuses de la commissure antérieure paraissent venir, d'une part, de la substance grise , et passer, d'autre part, daiK les faisceaux de fibres longitudinales des cordons antérieurs; mais, comme le$ racines antérieures plongent directement dans la substance grise du même côté , il semble que cette commissure établit un entre-croisement partie Ides cordons antérieurs avec interposition de substance grise. La commissure postérieure parait , au contraire , destinée surtout à réunir les deux cornes postérieures de la substance grise , mais une partie de ses fibres passe dans les cordons postérieurs. I^ substance grise des cornes antérieures et postérieures diffère surtout par le nombre et le volume des cellules nerveuses. Ces cellules, (jui oui toutes en général la structure indiquée dans la Fig. 58, sont plus iioiiibreuses et plus volumineuses dans les cornes antérieures, pl«s rares et plus petites dans les cornes postérieures, où il est souvent très-diflicile de les distinguer des cellules connectives avec lesquelles elles sont mélangées. Outre les fibres nerveuses propres et le tissu connectif , il entre encore dans la structure de la substance grise un réseau de fibres excessivement fine?, (|ui provient en partie des prolongements protoplasmatiques des cellules nerveuses et en partie des divisions des tubes ner\'eux des racines postérieures. De c(i réseau partent, d'après Gerlach , des fibres nerveuses plus fortes qui pénètrent dans les cordons de substance blanche. Le prolongement axile des cellules nerveuses de la corne antérieure se continue plus directement avec une fibre neneuse (Doiters), q«i, d'après Gerlach, passe ensuite dans les racine* antérieures. Ce n'est que dans quelques cas qu'il a été possible de constater une anastomose directe entre différentes cellules par l'intermédiaire de leurs prolongements; l'on n'a pu que fort difficilement aussi s'assurer directement de l'anastomose des racines antérieures avec les cornes postérieui'es , ou des racines postérieures avec les cornes antérieures de la substance grise. L'on admet que dans les cordons latéraux se trouvent des fibres venues des cornes cmtérieures, mais qu'il s'y trouve aussi quelques fibres venues des cornes po>-

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