STRUCTURE DES ORGANES CENTRAUX
celles qui émanent directement des ganglions cérébraux; il s'y trouve donc des fibres propres qui très-probablement unissent les différentes parties des hémisphères entre elles. La voûte, les commissures antérieure et postérieure et le corps calleux sont formés par des amas de ces fibres commissurales. Il est probable que tout le système de fibres des hémisphères s'amortit dans la substance grise périphérique Dans cette substance corticale , on peut distinguer cinq et même sept couches distinctes ; on y trouve une quantité innombrable de cellules nerveuses emprisonnées dans une substance connective granuleuse et mélangées à des fibres nerveuses extrêmement fines, dont les unes vont en rayonnant et dont les autres se dirigent parallèlement à la superficie. Les premières sont probablement la partie terminale des fibres venues des pédoncules et des fibres propres des hémisphères, tandis que celles qui sont parallèles à la surface unissent les cellules nerveuses entre elles.
Nous pouvons nous rattacher au schéma suivant pour la texture de l'ensemble des masses cérébrales à partir du bulbe. Le bulbe répond encore presque complètement à la moelle épinière ; comme cette dernière , il contient une masse centrale grise, lieu d'origine ou d'arrivée des nerfs. Mais le bulbe n'est pas uniquement , comme les parties de la moelle situées plus bas , un organe de transit pour les cordons nerveux centripètes ou centrifuges ; une grande partie des fibres de la moelle y sont interrompues par des masses de cellules nerveuses. De cette interruption naît un système nouveau de fibres, dont les unes gagnent directement le cerveau , tandis que les autres y arrivent par voie détournée en passant d'abord par le cervelet, organe qui contient aussi des masses cellulaires de jonction et d'union pour les fibres centripètes et centrifuges. Les ganglions du cerveau paraissent être constitués sur le même type, et les hémisphères peuvent eux-mêmes s'y rapporter jusqu'à un certain point , car dans leur substance grise la cellule nerveuse paraît être moins un organe définitif d'origine ou de terminaison qu'un organe d'union pour les fibres qui y arrivent ou qui en partent. L'on peut donc admettre que c'est dans un réseau de cellules nerveuses anastomosées entre elles que viennent enfin aboutir 1^ différents systèmes de fibres (abstraction faite des stations intermédiaires qu'elles traversent) qui , elles aussi , s'anastomosent plus ou moins entre elles dans ce réseau. Le rapport qui, d'après ce schéma, existe entre la cellule nerveuse et les fibres qui s'y rattachent concorde de tout point avec la structure que nous avons assignée dans le § 456 à la cellule nerveuse. Comme l'a démontré Deiters, on trouve dans la moelle et le bulbe que le cylindre de l'axe qui abouti! au noyau constitue toujours la terminaison d'une fibre nerveuse périphérique, tandis que les nombreux prolongements protoplasmatiques de la cellule forment les fibres qui se dirigent vei's les organes centraux situés plus haut. Ce fait explique l'augmentation de nombre et de finesse qu'éprouvent les fibres de tous les différents systèmes dans leur trajet ascensionnel à travers les différents relais de substance grise. Nous ne saurions affirmer encore que cette structure de la cellule nerveuse, bien démontrée pour les centres nerveux inférieurs, soit également vraie pour les cellules du cerveau. On doit se demander, en effet , si les cellules de la substance corticale des hémisphères sont construites sur le même type, ou si, comme on pourrait le supposer d'après ce que nous
avons dil plus haut, les différents prolongements de chaque cellule ne prê< sentent pas la même structure.
Nous ne connaissons pas encore bien exactement la structure des organes centraux et pas môme celle de la moelle. Plusieurs anatomistes ont cm pouvoir donner le scliénia exact de la structure de cet organe; mais presq[ue toujours ilsie sont appuyés sur des hypollièses. R. Wagner et Schrôder van der Kolk ont tous dein édifié leurs descriptions anatomiques sur des considérations physiologiques. L'opinion de Schrôder livrait d'autant plus de place au doute que ses hypothèses sur les cordons blancs, sur la substance grise, etc., ne pouvaient elles-mêmes être vérifia que par l'étude comparée des données physiologiques et anatomiques. Deiters, dont nous avons adopté les opinions, ramena les recherches anatomiques dans la voie de la précision; ses recherches, trop tôt interrompues, hélas! sont basées sur les principes morphologiques, sur la duplicité du système nerveux des cellules centrales et sur l'analogie typi({ue entre les différents organes centraux, analogie que déjàlfedel et Arnold avaient signalée. C'est en s'appuyant sur ces données que l'on a pu élacider les rapports compliqués qui existent entre le bulbe et la moelle. Une étude assez grossière suffit pour nous renseigner sur le trajet des fibres dans le cervelet, tandis qu'il n'a pas é)é possible jusqu'à présent, de débrouiller la structure si complexe du cerveau. Quant à ce dernier organe, l(*s recherches microscopiques se sont bornées jusqu'à présent à l'étude de la substance corticale , et les résultats qu*onl fournis les investigations obstinées de KôHiker, Gerlach, Meynert, etc., bien que très-importants , ne sont pas encore couronnés d'un plein succès. Quant à Torigine précise des nerfs crâniens, nous nous bornerons à ce que nous avons dit plus haut, c^r l'étude de ce problème n'est pas encore assez avancée pour nous permettre d'en déduire des considérations physiologiques précises (*).
§ 21 1 . — Fonctions de la moelle épiniére.
La moello épinioro conduit an cciToan les sensations déterminées à la périphérie du corps (^t ramène du coneau vers les muscles du tronc et des extrémités les impulsions volitives produites dans l'encéphale. Ses élément^ i>euvenl encore transporter IVxcitation sur d'autres rd)res et produire ainsi des mouvements associés, des sensations associées et des mouvements réflexes. Enfui, la moelle peut déterminer par elle-même quelques mouvements. Nous aurons donc à onvisajrer la moelle : 1" comme or^rane conducteur, 2*> comme organe réflecteur, et 3^ comme organe nerveux spécial.
i** Conduction par la modle êpinière. Les fibres sensitives et motrices des nerfs mcliidiens mixtes se séparent les imes des autres au niveau du point où, à leur entrée dans le canal rachidien , c<»s nerfs se divisent en racines anttîrieures et postérieures. Les racines postérieures contiennent exclusivement des fibres sensitives , et les racines antérieures , des fibres motrices qui pénètrent dans la moelle. L'irritation des racines postérieures détermine des sensations dans les parties de la peau qu'elles innervent; l'irritation des racines antérieures détermine des mouvements des muscles auxquels elles se rendent.
(1) Nous renvoyons pour la bibliographie de ranatomic des organeR centranx îfc Kolliker, ITaiidb. d. OeicebelehrCy 5« édit.