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FONCTIONS DU SYMPATHIQUE

et reste fort léger. La profondeur du somiricil peut brusquemment être diminuée par des excitations extérieures ou intérieures; mais toujours alors cette diminution est suivie d'une variation en sens opposé, et le sommeil redevient pJus profond. Les fonctions végétatives , pouls , fréquence des mouvements respiratoires, digestion, sont en général ralenties pendant le sommeil , ce qui permet d'admettre que le sommeil s'étend jusqu'à un certain point à la moelle allongée. Voyez le § 132 pour l'échange gazeux pendant le sommeil (<).

§ 214. — Fonctions du sympathique.

Le sympathique est constitué par un système de cellules ganglionnaires et de fibres nerveuses en connexions multiples anatomiques et physiologiques avec le cerveau et la moelle épinière. Les fibres nerveuses du sympathique appartiennent surtout à la classe des fibres minces, et ses cellules nerveuses ont en bien des points une structure particulière (voy. Fig. 59), mais ces difTérences ne sont pas encore assez bien étudiées pour qu'on puisse en conclure par exemple que les flbres larges qui se trouvent dans le système sympathique proviennent du système cérébro-spinal. Ces deux systèmes ne sont nettement séparés ni au point de vue physiologique, ni au point de vue anatomique. En admettant que tous les amas de substance grise (à Texception de ceux qui se trouvent dans les appareils sensoriels périphériques) qui sont situés en dehors des organes cérébro-spinaux constituent les centres du sympathique , Ton est amené à dire 1» que toutes les fonctions dépendantes des ganglions sympathiques, persistant encore après la section des nerfs qui unissent ces ganglions au système cérébro-spinal, sont des fondions jyropres du sympathiqiie ; que 2® les fonctions das nerfs sympatliiques qui sont abolies après la séparation de ce système d'avec les organes cérébro-spinaux sont, au contraire, ou bien des fonctions cérébro-spinales dues à des fibres nerveuses mélangées â celles du sympathique, ou bien des fonctions dépendantes du syinpa^ thique déterminées par l'action combinée des éléments des deux systèmes. Nous n'avons pas à nous occuper ici des fonctions cérébro-spinales, mais il n'est pas aisé de reconnaître si un phénomène qui se manifeste dans le domaine du sympathique est déterminé par l'action combinée des éléments cérébro-spinaux et sympathiques ou si ce phénomène est dû uniquement à la présence de fibres cérébro-spinales directes. Les fonctions qui sont abolies après la section des filets anastomotiques avec le système cérébro-spinal ne nous permettent pas de décider si le sympathique est en réalité un système particulier, bien qu'en union multiple avec l'axe cérébro-spinal, ou s'il doit être considéré comme formé par la réunion de troncs émanés de ce dernier axe.

i^ Fonctions propres des nerfs sympathiques. Ce n'est que dans quelques cas assez rares qu'il a été possible de constater une persistance des fonctions centrales dans certaines parties du système sympathique après leur séparation d'avec les organes cérébro-spinaux. Les exemples les plus rcmarquables que

(ï) KohlschUttcr, ZeiUchrlftf. rat. Med , t. XVll.

T)SiJ PHYSIOLOGIE DES FONCTIONS DE RELATION.

nous puissions en citer sont la sécrétion de la glande sous -maxillaire (CI. iVrnard) par excitation réflexe du ganglion sous-maxittaire après la section ^ nerfs qui se rei*dent à cette glande (voy. § 73) et la persistance de rinnenatiuii cardiaque après Textirpation du cœur (§ 117). Il est probable que les ganglion^ de rintestin, des vaisseaux , de Tutérus etc., possèdent une individualité fonctionnelle analogue à celle des ganglions cardiaques. On a admis dans ces c:l\ surtout pour le cœur, une innervation automatique dépendant des celluW> ganglionnaires, mais beaucoup de ces phénomènes peuvent s'expliquer par <l^ réflexes ; nous ne saurions nous prononcer sur cette question avant de connaître d'une manière bien exacte tous les phénomènes d'innervation ipii s'v rattachent. (Pour Tinnervation du cœur et des vaisseaux, voy. §§ 117 et 122.

2» Fonctions dépendantes du sympathique. Les exemples de fonctioib spéciales du sympathique que nous venons de citer se produisent toujours dandes conditions que Ton ne rencontre jamais dans l'organisme vivant, où jamais l«> ganglions nerveux ne sont privés de leurs connexions avec les organes céréhn»spinaux. Il est donc à prééumer que les phénomènes d'innervation sympathique sont modiflés par les excitations qui conduisent les filets anastomoti<pl^^ cérébro-spinaux, mais on peut admettre aussi que les centres sympatliiqne» n'entrent en action que par suite de l'influence de ce dernier mode d^innenation. Nous avons signalé l'influence de l'action cérébro-spinale sur Tiniienilion sympathique du cœur ; des conditions semblables semblent se présenlrr dajis les mouvements de l'intestin, de l'iris, des vaisseaux , dans les 9écrétioB« des glandes , ainsi que le démontre ce que nous avons dit de la physiologie de la nutrition. L'innervation cérébro-spinale paraît agir de deux manières sur les centres sympathiques: elle accumule en peu de temps l'excitation dan* o-^ centres, qui la répartissent alors dans un espace de temps plus prolon}:é >u! tous les organes qu'ils innervent, ou encore elle produit dans ces cenlivs «lel)hénomènes par lesquels l'excitation qu'ils transmettent à im muscle ou à uit^ glande se transforme en action paralysatrice. Les rapports spéciaux «le l'inrifrvation que nous rencontrons partout où les nerfs cérébro-spinaux allernr'n: avec les nerfs sympathiques s'expliquent le plus aisément en adoptant cotli* manière de voir. C'est ainsi, par exemple, que le muscle innervé par rattim combinée du sympathique peut répondre par une contraction de certaino tiurée à une excitation instantimée, comme dans les mouvements du ctiMir, li»^ vaisseaux et (ics intestins. Nous ne saurions non plus citer d'exemph» d'innervation paralysatrice sans qu'il y ait interposition de substance grise ; !*•< pl*»nomènes paralysateurs peuvent donc dépendre en partie des organes céri-hnspinaux (actions paralysât rices dans la respiration , §131, dans les réflexe*. § 210) et en partie des ganglions sympathiques. Les cellules nerveuses du <}*lèine sympathique seniblont aussi présenter des résistinces à la ti-an^nii^^i-t. des exciUitions centripètes. C'est ainsi que, par exemple, des excitation> /tibles de l'intestin ou d'autres parties innervées par le sympathiqu«^ no d»t»*rminent aucime sensation ; ce n'est que lorsque les excitants atteignent m»certaine force, que l'excitation peut dépasser l'arrêt que lui présentent les aflules ganglionnaires (»t déterminer des sensations de douleur plus «»u ni'in* intenses, mais toujours incomplètement localisées. Le réseau synipatlii'|U" ]■ •

JU.NCTIO.NtS DU SYMPATlliQri:. 587

donc cire considéré comme un annexe des organes qui nécessitent soit une prolongation du temps de TexciUition , soit une action modératrice de certains phénomènes. Mais ces deux fonctions n'appartiennent nullement en propre aux ganglions sympathiques. De même que, ainsi que nous l'avons vu, le système cérébro-spinal présente des actions paralysatrices , de même aussi sa substance; grise possède la propriété de prolonger*la durée de l'excitation , et , parmi les organes centraux, c'est le cerveau qui surtout semble posséder cette propriété.

Pendant bien longtemps les physiologistes ont discuté pour savoir si le sympathique constitue en réalité un système nerveux spécial, ou s'il n'est constitué que par un lacis de nerfs cérébro-spinaux. Bidder et Volkmann, s'appuyant sur des données anatomiques, se prononcèrent pour l'individualité du sympathique; ils admirent que les fibres minces sont des éléments spécifiques du sympathique, tandis que les fibres larges constituent les éléments du système cérébro-spinal. Il est vrai cjue' ce caractère difl'érentiel se présente d'habitude ; mais, comme Ta démontré KôUiker, il n'est pas constant. Valentin, au contraire, ne pouvant trouver aucun prolongement des cellules ganglionnaires sympathiques , ne les envisagea que comme des masses accessoires surajoutées à des iibres nerveuses cérébro-spinales , et considéra le grand sympathique comme un nerf cérébro-spinal. Les recherches récentes sur la structure des cellules ner\'euses ne permettent plus d'accepter cette opinion. Une nouvelle série de recherches anatomiques, instituée par Budge et Waller, n'a pas abouti davantage à éclairer cette question. Ces auteurs sectionnèrent les anastomoses entre les nerfs spinaux et le sympathique. Tout nerf sectionné s'atrophie par transformation graisseuse du bout opposé à son point d'origine. C'est ainsi que les nerfs émanés de la moelle s'atrophient dans leur bout périphérique, tandis que les fibres (fui prennent naissance dans les ganglions sympathiques eux-mêmes ne présentent pas d'altération. On trouve toujours, à la vérité, quelques fibres atrophiées , mais Ja j)lus grande partie reste intacte. L'on peut donc admettre que les ganglions sont en ce cas des centres nutritifs; mais rien ne prouve qu'ils soient des centres (l'innervation. Nous sommes donc forcés de nous reporter aux recherches physiolo- «^iques, qui seules peuvent nous donner une solution. Les faits que nous avons signalés plus haut nous amènent à penser qu'en raison de ses ganglions le sympathique jouit jusqu'à un certain point de propriétés spéciales, qu'il est indépendant des autres parties du système ne i*veux, tout comme la moelle ou toute autre portion de ce système dans laquelle on trouve de la substance grise (*).

0) Bidder et Volkraann, Die Selbstândif/keit des sympattiuchen Nervenaystems. Leipzig 1842. — Cl. Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du système -nerveux y t. 11. — Budgc, Zeitschriftf. misa. Zoologie^ t. IIL — Schiff, Archiv f. physioL JleilkuTide j t IX. — Kiittncr, Dissert. Dorpat 1854.

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