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L PHÉNOMÈNES DE LA GÉNÉRATION

§ 216. — structure des organes de la génération.

Les organes de la génération mules et femelles se développent suivant un plan tout à fait semblable et présentent, par conséquent, à l'état adulte une structure analogue. Le système des orçanes sexuels se divise , dans les deux sexes, en glandes génitales, en voies parcourues par les pi*odnits sexueh et en appareil accessoire, organes de copulation,

La glande génitale de la femme, Y ovaire, a la stnicture d'une glande folliculeuse. Elle est constituée par un tissu fibreux assez dense dans lequel sont disséminés des follicules isolés (follicules de Graaf). Les plus petits de ces follicules sont microscopiques; les plus grands mesurent jusqu'à la grosseur d'une cerise. Chaqu(; follicule consiste : 1*» en une couche extérieure tihroide; 2" en une membrane vasculaire molle (ovisac de Barry) , et 3'» en un épitlulium granuleux tapissant la surface interne (membrane granuleuse). Le folliiiile est rempli par un liquide assez clair, (pii tient en suspension des granu-

STRUCTURE DES OROANES DE LA (il-'lNÉRATION. 589

lations d'albumine et des ^oultelettes de graisse. Kn un point déterminé de la nieml)ranc granuleuse, les granulations épithéliales forment un amas et entourent l'ovule, dont la structure correspond tout à fait à celle de Tceuf des mammifères en généi*al (voy. § 59).

La glande génitale de l'homme, le testicule y a la structure d'une glande en tube. Elle est formée par une quantité considérable de tubes, les canalicules séminifôres, terminés tou.^cn cul-de-sac et enroulés, du côté de la su^>face, en forme de pelotons; tous ces canalicules présentent des divisions nombreuses, et chacun d'entre eux, grâce à une cloison fibreuse émanée du corps d'Higmore, constilue un lobule testiculaire. Dans le réticulum du corps d'Hignnore, les canalicules se réunissent entre eux et deviennent beaucoup moins nombreux; ils passent ensuite, en s'enroulant, dans le canal de l'épidèriiie et de là dans le canal déférent. Les canalicules séminifères sont constitués par une couche externe connective, par une membrane propre anhyste et par une couche simple d'épithélium polygonal. Avant la puberté, la lumière du canalicule est remplie par de petites cellules transparentes qui ressemblent beaucoup à celles tapissant la paroi, mais qui en diffèrent par leur forme arrondie. En grossissant, ces cellules deviennent les cellules productrices des éléments du sperme. La cellule productrice correspond à l'œuf; elle subit ensuite une modi>ncation analogue au phénomène de la segmentation de l'œuf fécondé; il s'y produit, en effet, des cellules- filles, dans lesquelles le noyau disparait bientôt; elles deviennent ovales et à une de leurs extrémités apparaît un prolongement filiforme ; la cellule constitue ainsi la tête , et le prolongement la queue du corpuscule spermatique. Ces corpuscules, arrivés à leur développement complet, sont enroulés dans la cellule- mère ; ils deviennent libres en se déroulant et en perforant la membrane de cette cellule par leurs tètes et par leurs queues (spermatozoïdes).

Pflûger a prouvé dans ces derniei-s temps, par des recherches très-remarquables, que rovairo, ainsi que Tavait dit Valentin, est au début une jîlande tubuleusc comme le testicule. L'ovaire se compose , d'après lui , d'une masse de tubes dont la lumièi-e ne disparaît qu'en certains points; les follicules sont constitués par les portions élargies et persistantes de ces canalicules. On peut de très-bonne heure constater deux espèces de cellules dans les tubes ovariques (comme dans les canalicules séminifères), dont les unes constituent plus tard la membrane granuleuse, et dont les autres s'agrandissent énormément et acquièrent des mouvements propres pour devenir les ovules; D'après Pflûger, la membrane granuleuse ne se borne pas à envelopper l'ovule , elle pénètre môme dans son intérieur en un point au travers de la zone pellucide, de telle sorte que l'œuf humain présenterait aussi un micropyle. Beaucoup d'observateurs, Spiegelberg, Weissmann etc., ont confirmé les opinions de Pflûger; d'autres, au contraire, Crrohe et Schrœn, les ont combattues. Cirohe soutient, ainsi que l'avaient déjà dit Bischotf et Barry, qu'il se fait au début un amas de cellules d'où doit dériver le follicule ; au milieu de cet amas se trouve ce qui deviendra l'ovule , Undts que toutes les autres cellules deviendront la membrane granuleuse (*).

Kôlliker est l'auteur qui a le mieux étudié la* formation des éléments séminaux.

(1) Pflûger, Ueber die Eierstocke lUr SHugeihiere ti. des Menschen. Leipzig 1862. — Grohe, Arehir f. pathoL Anat.y t. XX Vf.

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\;\»st lui qui, lo promicr, a démoHtn'» que cos <'*lements se <l«^veloppent par yoicnuli}tjcne ; mais il crut d'abord que les corpuscules que Ton trouve dans l'intêripur de^ cellules séminales sont des noyaux^ et que les éléments séminaux se développent dans rintéricur de ces noyaux par voie endogène. Il constata lui-même son erreoi, et déclara ({ue ce qu'il avait pris pour des noyaute , est en réalité le point d'ori};ine des spermatozoïdes. Reichert et Leukart démontrèrent ensuite (^uc ces soi-di^iu noyaux ne sont que des cellules- filles (*).

Les votes que parcourent les produits de la génération comprennent, chez la femme y l'oviducte (trompe de Fallope), Tutérus et le vagin. Ces parties sont formées, toutes les trois, par une membrane extérieure séreuse et conneciivp , par une couche musculaire intermédiaire et par une nptuqueuse ganiie de glandes. Les couches musculaire et muqueuse atteignent leur plus gi'and développement dans Tutérus , organe dans lequel l'œuf doit séjourner pendanl toute la gestation. Les fibres contractiles affectent les directions les plus variées dans le corps et dans le fond de Tutérus; à son orifice, au museau de tanche, (îlles forment une espèce d'anneau, le sphincter utérin. Les glandes utérines .«îont très-nombreuses; elles sont disposées dans la muqueu.se et y débouchent pai- de\<î ouvertures très-étroites. Dans le vagin se déverse la sécrétion des glandes muqueuses propres de Torgane , ainsi que celle des glandes de Bartholin; à l'entrée de ce canal, on trouve le clitoris, organe analogue au péiiis de l'homme et constitué aussi par du tissu caverneux. Les grandes et les petites lèvres limitent l'orifice vaginal. Chez Vhommey les voies parcourues par les produits de la génération sont constituées par les canaux déférents. Cosch naux se comportent comme les conduits de touteé les glandes ; ils ne sont ps détîicJiés de leurs glandes comme les oviductes et ne pré.sentcnt pas d'élarjris*seiiionb^. Un grand nombre do glandes accessoires y sont annexées, les véhicules séminales, la prostate, Futricule prostatique et les glandes de C40\v|kt, analogues aux glandes de Bartholin chez la femme. Les canaux éjaculateu^ s'ouvrent dans la portion prostatique de l'urèthre, immédiatement au devant (lu verumontaimm. Le sperme i)eut être déposé dans les organes génitaux de la fennne grâce à un organe érectile, le pénis, qui enveloppe l'urèthre. Laverie ou pénis est formée par trois corps érectiles: les deux corps caverneux du pénis et le corps caverneux de l'urèthre ; ce dernier, situé au-dessous des deux précédents, les dépasse en avant et se termine par un rentlemcnt plus on moins arrondi, le gland. Les corps caverneux sont tous constitués par une envelo|)pe fibreuse qui entoure un réseau de trabécules connectives soUde>, entremêlées de tissu musculaire lisse; il en résulte un svstème de mailles ri d(» vacuoles communiquant (Mitre elles, et remplies par du sang veineux. Dans l(»s racines des corps caverneux. Ton trouve des artères hélicines, d'où parlent directement des ramuscules très-fins qui vont s'aboucher dans les sinus veineux. Ces artères remplissent plus ou moins les sinus veineux , suivant que les fibres musculaires lisses du réseau spongieux sont relâchées ou contractées. Nous verrons plus loin que c'est â cette particularité de la circulation dans l«^ corps caverneux qu'(\st du le phénomène de l'érection du pénis.

f'n Kulliker, Ofirphphhrr , h^ odit.

MATI'nATîON KT MISR FN Lir.F.RTI-': DFS'pnOnnTfî SFATFî.S. ."iîH

§ 21 7. — Maturation et mise en liberté des produits sexuels.

La maturation des produits sexuels, des ovules et des éléments du sperme, constitue l'époque où l'organisme est apte à la reproduction sexuelle; cette él>oque, c'est la puberté. Chez le jeune homme, elle arrive entre 15 et 18 ans, et chez la jeune fille entre 14 et 15. Au bout d'un certain laps de temps, cette fonction disparait ; chez la. femme, entre 45 et 50 ans; chez l'homme, elle persiste d'ordinaire jusqu'à 00 ou 70 ans.

A partir du moment de la puberté, la maturation et la mise en liberté des produits sexuels se répètent à intervalles réguliers. Cette périodicité est, en général, mieux marquée dans le sexe féminin que dans le sexe masculin; elle disparait môme complètement chez le m^le de beaucoup de mammifères et chez rhomme, quoique cependant on puisse facilement constater des époques où l'activité fonctionnelle des glandes. testiculaires est diminuée ou augmentée. La série des phénomènes qui accompagnent la mise en liberté spontanée des produits sexuels prend, chez les animaux, le nom de phénomènes du rut, et, chez la femme, celui de menstruation. Ces phénomènes sont, les uns internes, les autres externes. Les premiers portent surtout sur les glandes de la génération. Les canalicules séminifères du testicule se distendent quand le moment du rut s'approche ; les cellules qui forment leur contenu s'élargissent et deviennent les cellules productrices des éléments du sperme. Les ovaires se gonflent de la même manière; les ovules, qui jusque-là étaient petits, mûrissent peu à peu; les follicules qui les contiennent augmentent de volume et gagnent la superficie de l'ovaire, probablement par suite de la pression qu'exercesur eux le liquide qui s'y accumule. Quand l'œuf est arrivé à maturité complète, le follicule se rompt et l'ovule tombe dans l'oviducte. Après la rupture du follicule, ses parois élastiques reviennent fortement sur elles-mêmes et aident ainsi à la sortie de l'qvule. Le moment où un ou plusieurs ovules sont mis ainsi en liberté coiTespond au maximum de la période du rut ou de la menstruation. L'ovaire commence aussitôt à diminuer de volume. Le follicule rompu se cicatrise peu à peu et constitue ce que Ton appelle le corps jaune; sa paroi se gonfle, se recouvre de granulations qui, lorsqu'elles sont volumineuses, prennent un aspect dentelé. Ces granulations sont dues à une prolifération du tissu connectif; elles sont formées par des cellules et contiennent beaucoup de vais- .seaux. Quand la grossesse suit la mise en liberté de l'ovule, les granulations deviennent bien plus considérables et plus volumineuses que d'habitude , en raison de l'apport plus considérable du sang vers les organes génitaux. Cette particularité est surtout remarquable dans l'espèce humaine ; aussi distinguet-on chez la femme deux espèces de corps jaunes : les corps jaunes faux et les corps jaunes vrais; ces derniers étant ceux qui correspondent à des ovules fécondés et à des grossesses par conséquent. Le corps jaune se contracte à son tour peu à i)eu, et il ne reste, en définitive, plus qu'une cicatrice. Les corps jaunes faux sont déjà très-rétrécis au bout de quatre semaines, et après quelques mois on peut n peine les reconnaître, tandis que les corps jaunes vrais

persistent jusqu'au milieu de Ja grossesse; à l'époque de raccouchemcnt ,* il?: mesurent encore 3 à 5 millimètres, et bien des années après on peut encore en constater les traces. Pendant la période du rut, les phénomènes caractéristiques qui se produisent dans les voies génitales sont surtout remarquables dans le sexe féminin et se produisent surtout dans l'utérus. Les différentes couches de cet organe s'épaississent; la couclie musculaire par formation de nouvelles fibres, et la muqueuse par élargissement des glandes qui s'y troiurent. L'épithélium de la muqueuse se détache et de petits vaisseaux se rompent; il en résulte une sécrétion particulière , très-remarquable chez la femme , où elle est accompagnée de perte de sang et où elle constitue le flux menstrueL Ce flux est le caractère le plus remarquable de la menstruation. La quantité du liquide perdu varie suivant les individus et est d'ordinaire de 100 à 200 grammes. Le sang menstruel contient toutes les pailies constitutives du san^ normal, la fibrine entre autres; il aies caractères particuliers au sang veineux, nwij' le mucus alcalin auquel il est mélangé lui fait perdre en partie sa faculté de coagulation. Toute période menstruelle s'accompagne d'une maturation d'un ovule et d'un follicule, mais il peut arriver toutefois que le follicule ne se rompe pas et que l'ovule soit peu à peu résorbé.^ Les périodes menstruelles 5e suivent avec une périodicité assez régulière qui peut varier suivant les indi\idus , mais qui , en moyenne , est de 28 jours. Ce chiffre est une moyenne pour l'espèce humaine, il correspond exactement au mois lunaire; aussi comprendt-on que toutes les femmes ne sont pas menstruées le même jour et que ces époques se répartissent sur tous les jours du mois.

L*époque de la puberté varie dans de très-grandes limites , suivant les races et les individus; les causes de ces variations sont encore peu connues. I^es privations et les travaux corporels retardent ce moment , qui est plus précoce dans les ville? (fu*à la campagne, et dans les classes riches que dans les classes pauvres. Dans los pays tropicaux , Tépoque dq la puberté arrive en général plus vite que dans les pays anttiques; mais rinHuencc du climat ne paraît cependant pas jouer un rOle aus>i considérable qu'on le croyait autrefois. Il résulte des tableaux statistiques de Heckor (fue dans nos contrées la première menstruation apparaît 50 fois p. 100 entre 1C el 18 ans; les autres cas se répartissent entre la 10* et la 25« année. Ce, moment apparaît très-tard dans Kespèce humaine, quand on le compare aîix autres manmiifèros, qui attei^^nent leur puberté entre 4 et 4 ans.

Ou pensait autrefois que chez l'homme , ainsi que chez les mammifères , les ovules ne se détachent qu'après leur imprég^iation par le sperme, après la fécondation, par conséquent. La menstruation était envisagée alors comme un phénomène destiné à éviter le rut , dans l'espèce humaine ; l'organisme était censé se débarrassiT ainsi d'une matière nuisible, d'où le mol ancien de purgation menstrucllf. Les savants anglais furent les premiers qui professèrent que les ovules n'arrivent à maturation et ne se détachent qu'au moment du rut , et que la menstruation est un pht^ nomène analogue au rut ; cette opinion fut défendue ensuite par Bischoff. Un grarnl nombre de phénomènes de la menstruation se présentent aussi pendant le rut. La perte de sang se retrouve chez beaucoup de mammifères (les carnivores entre autres', et Neubert a constaté un<^ véritable menstruation régulière chez les singes de l'ancien continent. Il n'est pas possible d'admettre que la fréquence de la menstruation comparée au rut, qui ne s»^ présente qu'une ou deux fois l'an , soit une preuve à invo-

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