‹ Nouveaux elements de physiologie humanieChapitre 210 sur 217 · COPULATION ET FÉCONDATION · texte numérisé non relu

COPULATION ET FÉCONDATION

quer contre Tidentité des deux phénomènes. Nos animaux domestiques , en raison même de leur domestication sans doute , entrent en rut plus fréquemment qu'à Tétai sauvage. L*homme peut, lui aussi, être regardé comme soumis à la domestication. 11 est enfin bien démontré maintenant qu*à chaque époque du rut, comme à chaque époque menstruelle^ un œuf se détache. Bischoff coif&idéra la mise en liberté de Tovule comme le but véritable de la menstruation , tandis que pour lui la congestion utérine n'est qu'un phénomène accessoire à la maturation de l'ovule. PfLûger objecta à cette théorie que le rapport entre la mise en liberté de l'ovule et la menstruation n'est pas aussi exact, parce que souvent il y a menstruation sans que Ton puisse trouver de corps jaune ; il fit donc une autre hypothèse. Il dit que les surfaces des tissus végétaux et animaux doivent toujours être mises à vif pour pouvoir se souder par adossement , la greffe des plantes , par exemple , et l'avivement des bords de la peau ou des muqueuses dans les opérations chirurgicales. La menstruation pour* rait donc être due à une sorte de greffe naturelle destinée à fixer l'ovule détaché. Â l'appui de sa théorie si séduisante , Pfluger fait remarquer que c'est précisément chez les animaux chez lesquels le produit est le plus solidement fixé à la mère que Ton observe la menstruation , et que chez la vache la perle de sang que l'on observe à l'époque du rut provient exclusivement des cotylédons de l'utérus , point où l'œuf doit se fixer. La connexité qui existe entre la mise en liberté de l'ovule et l'hémorrhagie utérine , ainsi que le retour périodique de ces deux phénomènes , peuvent se rattacher aux fonctions du système nerveux, et plus particulièrement à des actions réflexes. La maturation de l'ovule dans l'ovaire amène une congestion réflexe de la glande ovarique et de l'oviducie ; en raison de cette congestion , le follicule de Graaf augmente de volume, finit par se rompre, et en môme temps la perte de sang par l*utérus intervient. La périodicité tient à ce que la faible excitation des nei*fs de l'ovaire a besoin d'agir pendant un certain laps de temps pour produire les phénomènes de la menstruation, après lesquels le repos intervient de nouveau. Cette lenteur de l'action nerveuse n'est pas sans analogues, ainsi que nous l'avons vu dans la physiologie des centres nerveux (*).

§ 218. — Copulation et fécondation.

La fécondation s'opère par l'action de l'élément séminal du mâle sur l'ovule de la femelle. Les conditions qui rendent le contact de ces deux éléments possible constituent la copulation.

Ainsi que déjà Kavait dit Spallanzani , la fécondation des ovules ne peut se produire que par le contact d'un spermatozoïde animé de ses mouvements. Le contenu du testicule incoihplétement développé n'est pas fécondant; les, spermatozoïdes , après la perte de leurs mouvements , sont dans le même cas ; il en est de même du liquide séminal filtré et privé de ses corpuscules spermatiques. Il faut, d'autre part, que l'ovule soit arrivé à maturation et soit intact pour qu'il puisse être fécondé ; cette propriété disparait très-vite après son détachement de l'ovaire. Un très-petit nombre de spermatozoïdes suffisent pour féconder un œuf. Prévost et Dumas ont trouvé que chez la grenouille 225 de ces corpuscules peuvent féconder 61 ovules ; mais il est évident que les sper-

(*) BischofT, Beweis der van der BegaUung unahhdng. periodiechen Reifung^ etc. Giossen 1844. — Leukart, article Zeu$ung^ in Wiener Handw'ùrterbuch ^ t. IV. — Pflûgerj Untertuchungen auB dem Bonner Labaratoriumj 1865.

WUNDT. — Ph3rBiblogie. 38

lïiatozoides ne se mettent pas tous en contact immédiat avec les ovules; aussi peut-on présumer qu'il suffit en réalité d'un seul spermatozoïde pour féconder un ovule. Le temps que nécessite la fécondation est très-court. Newport ajouta à du sperme de grenouille , mis en contact avec des ovules , une solution d'azotate de potasse, qui arrête instantanément les mouvements des spermatozoïdes ; il constata que la fécondation avait encore lieu quand il ne laissait les spermatozoïdes normaux en contact avec les œufs que pendant un temps presque inappréciable; mais, dans ce c^s, Tembryon n'arrivait que rarement à un développement complet. 11 est très-probable que le spermatozoïde pénètre dans l'intérieur de l'ovule ; ce fait a pu être constaté dans lès différentes classes de vertébrés. C'est par un petit c^nal , le micropyle, que les spermatozoïdes peuvent pénétrer dans l'intérieur de l'ovule, grâce surtout aux mouvements dont ils sont animés. Dès qu'ils y ont pénétré, ils perdent leur motricité et se dissolvent dans le vitellus. C'est dans la cavité de l'utérus que s'opère le plus habituellement la fécondation. Il résulte des recherches de Sims que le temps que met l'œuf pour arriver dans la matrice, à partir du moment où il se détache de l'ovaire, varie dans l'espèce humaine entre 2 et 10 jours.

Tout ce que nous savons de la fécondation repose sur les découvertes de Spallanzani, qui démontrèrent d'une manière irréfragable que les spermatozoïdes sont les éléments fécondants , et que, pour la fécondation , il faut qu'ils enti*ent en contact avec Tovule. Il prouva encore que tous les actes concomitants de la copulation ne sont pas indispensables pour la fécondation , car il injecta du sperme à des femelles d'animaux en rut , et la fécondation s-ensuivit. Sims a pu tout récemment arriver au même résultat sur l'espèce humaine. La question de la fécondation fit (m nouveau pas par la découverte delà pénétration du spermatozoïde danâ Vintérieur de l'ovule. Barry fut le premier auteur qui constata la présence des spermatozoïdes dans Tovule du lapin ; maivS, comme jusqu'alors on n'avait pas trouvé la voie par laquelle ces éléments ])ouvaient traverser la membrane vitelline , on crut généralement à une erreur d'observation. BischofT confîrma plus tard la pénétration du spermatozoïde dans le vitellus des œufs de grenouille et de lapin. Les travaux de Kebcr(bien qu'ils fourmillent d'erreurs), ceux de J. Millier, de Leukart, Meissner etc., amenèrent la découverte du micropyle; mais l'existence de ce canal ne fut réellement démontrée chez les mammifères que par Pflùger (§ 216) ; les faits signalés par Barry et par Keber étaient, en elfet^ ou insuffisants ou erronés. Il est impossible de donner, à l'heure présente, une théorie exacte ou même une hypothèse satisfaisante pour cxi)liquer les phénomènes par lesquels les spennatozoïdes , après leur pénétration dans l'ovule, déterminent la fécondation. D'après les observations de Meissner sur les ovules d'ascarides, les éléments spermatiques disparaissent dans l'intérieur du vitellus , comme ils disparaîtraient au dehors. En rapprochant ces résultats de ceuii obtenus par Newport sur l'œuf de grenouille, on est amené à admettre que c'est au moment même où le spermatozoïde se met en contact avec l'ovule qu'il produit la fécondation (^).

(1) Do tous ces faits il n'est pas un seul qui prouve que la fëcondation doive se faire

dans rutërus même; elle peut tout aussi bien se produire sur l'ovaire au moment de U

rupture de la vésicule de Graaf. L'on comprend aisément, d'aprës ce que vient de dire

Wundt, comment la ft^condation s'opë e dans les quelques jours qui suivent la meus-

truation ; mais les travaux de imitas ont établi d'une manière évidente que la femme juu

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