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ÉCHANGE MOLÉCULAIRE DE LA CELLULE

Pour étudier les phénomènes de ûltration ou de difTasion , il nous est impossible e nous adresser, à des membranes simples, comme les membranes cellulaires par xemple ; nous sommes forcés de nous servir de membranes complexes (vessie , inestins etc.). On s'est môme servi quelquefois de membranes inorganiques, comme e couches minces d*argile ou de coUodion. Aussi est-il évident que ce n*est qu'avec me grande réserve que nous pourrons nous permettre de comparer les résultats jumis par ces expériences avec les phénomènes d'échange qui se produisent à traers les membranes des cellules.

§ 26. — Filtration à travers des membranes organiques.

Quand on vient à remplacer le fond d'un vase par une membrane organique , [lie Ton remplit le vase avec un liquide , si la membrane peut être imbibée »ar ce liquide ou par une partie de ce liquide , il se produit une fiUration, A rapidité de la filtration est en rapport direct avec la pression exercée par le iquide sur la membrane, elle s'accroît aussi très-rapidement avec la tempéraure. Les solutions salines passent presque sans changements, à peine consate-t-on une légère concentration du liquide qui a passé. Il n'en est pas de nème des solutions de substances colloïdes. Quand elles filtrent, la proportion le la substance dissoute est toujours moindre dans le liquide filtré que dans «lui que Ton a mis dans le vase, en d'autres termes la membrane laisse pas<?er )lu8 d'eau que d'albumine, de gomme etc.

La proportion relative entre la quantité de substances colloïdes 'dissoutes ians le liquide filtré et celle qui se trouve dans le liquide primitif varie d'a- )rès les conditions suivantes : 1" d'après la richesse àbsoliœ de la solution prinitive. En effet, quand cette richesse absolue diminue, la richesse relative du iquide filtré diminue également. Il en résulte que si l'on vient à répéter un :ertaiii nombre de fois l'expérience avec les deux liquides, on touche à un mofnent où il ne filtre plus que de l'eau , bien que le liquide employé contienne mcorede la substance colloïde en solution. 2« La proportion relative baisse à nesure que la température augmente. 3® Elle augmente, au contraire, en raison directe de la pression. Il est probable , en effet, que la pression élargit les loves de la membrane; aussi, quand on se sert pendant longtemps de la même membrane, on voit croître la vitesse de la filtration, ainsi que la proportion reative de substances dissoutes dans le liquide filtré. Un fait d'un intérêt capital, '/est l'influence qu'exercent les substances colloïdes sur la filtration des sels iissous dans le même liquide. En effet , la proportion des sels y devient d'auant plus considérable par rapport aux sels dissous dans le liquide primitif que a quantité de gomme ou d'albumine est plus petite dans le liquide filtré. «

Un certain nombre de ces faits , surtout les lois de la vitesse de la fiUration , l'appliquent aux vaisseaux capillaires; il est, en effet, de remarque que le nouvement des liquides dans ces vaisseaux varie de la même manière sous 'influence de la pression et de la température. Au contraire, les différences de oncentration que présentent les solutions de substances cristalloïdes ou colaîdes qui filtrent ne peuvent s'expliquer que par des propriétés spéciales aux lembranes organiques. Si, en effet, les solutions salines filtrées sont un peu •lus concentrées, nous pouvons nous en rendre compte par la jjrande facilité

54 PONCTIONS DES ORGANISMES ÉLÉUENTAIHES.

avec laquelle ces membranes se laissent imbiber par l'eau (§ 23) , ce qui &i( qu'au moment de son passage à travers les pores la solution perd une partie de ce véhicule. Mais comment se fait-il que , loin de se concentrer, les solutions d'albumine, de gélatine etc. sont, au contraire, diluées après leur filtration? Nous ne saurions nous l'expliquer qu'en songeant que la composition du liquide liltré ne dépend pas uniquement de l'attraction des membranes pour l'eau , mais encore du degré d'attraction qu'elles possèdent pour les substancw qui y sont dissoutes Supposons que, quoique plus avide d'eau, la membrane po^ sède uu certain dejii'é d'attraction pour les substances dissoutes, la matière saltnr qui passera à travers la membrane, perdra d'abord une certaine quantitéd'eau, il se formera le long de la paroi une couche immobile , et dans la partie ceatnle du canalicule poreux passera une solution plus concentrée. Supposons, au contraire, que l'attraction de la membrane pour l'eau soit bien plus conndènible que pour la substance dissoute, les pores ne se rempliront presque ipie d'eau , et il ne passera qu'une faible proportion de la substance en solution. Si maintenant les pores de la membrane viennent à se rétrécir, ou que le dep* de concentration du liquide primitif vienne à diminuer, on touchera s on moment où la membrane n'absorbera et ne laissera plus passer que de I'mh pure. C'est également ainsi que nous pouvons nous rendre coiLi|)te de la ounière dont se comportent les mélanges de solution de substamcs cflloiile^ el cristalloides. La membrane attire d'abord de l'eau, puis des sels, et moini ■ encore d6s colloïdes ; celles-ci restent donc en arrière, et la solution saline pL<sera plus concentrée au milieu de In couche aqueuse immobile qui tapisse le* parois du canalicule poreux.

C'est W. Sctimidt qui nous a f^it connaMre les lois qui président à la filtration il« liquides à travers les membranes organiséeit ; c'est L lui que nous venons d'emprunter cet exposé théorique Nous verrons plus loin que les ptiénoménes de difTusioD dcdk conduisent à des considérations identiques. Depuis fort longtemps on avait remuait que les solutions d'albumine et de gorome Ultrent difGcilement à travers-des membranes. Happi! en avait conclu que les solutions de substances colloïdes n'étaient pis de véritables solulions, mais que c'étaient des liquides au milieu desquels des taolécules solides se trouvent en suspension Eu admettant même que cette opinion ait quelque choBo de spécial pour les solutions de substances colloïdes, bien qu'elle puisse en réalité être admise pour toute espèce de solution , il n'en faudrait pas moins que les molécules solides gagnent le fond , cl que par conséquent les couches les plut inférieures du liquide soient plus concentrées que les couches supérieures. Or e'nt w. <iui n'a jamais lieu , car dans les solutions de substances colloïdes, de même qot .dans les solutions de cristal loides, la concentration des différentes couches est l> même. Funke fait remarquer ce fait des plus importants : les produits albuminohlei de la digestion, ]es peplonei, ûltrent comme les sels, et par conséquent la conceitration de la solution ne diminue pas dans le liquide Qltré. Nous devons doncCHD' dure de ce fait, d'après la théorie que nous venons d'exposer, que les peptwui ont subi une modiflcation moléculaire en vertu de laquelle ils sont plus ii attirés par les membranes animales que les albuminoides d'où ils dérivent (').

(i)W. Sclunidt, FoggmdorfM Antialen , 1856, t IC, et 1861, t. CXIV. — Hoppe, A f. pathol. Anatontle, t. IX. — Piinke, même recueil, t XIII.

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