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De toutes ces membranes, c'est la membrane de collodion qui est la plus dense ; les vessies de bœuf et de porc le sont le moins, et le péricarde de bœuf tient le milieu entre la première et celles-ci. Les sulfates ont une affinité plus considéraible poar l'eau que les chlorures alcahns. On voit pai* le tableau ci-dessus que pour la diffusion des sulfates à travers une membrane de collodion , le maximum de Téquivadent est déjà dépassé, alors qu'il est peut-être à peine atteint pour les chlorures alcalins.
(1) Haraer, VterorcU's Arehiv, 1856, p. 194.
WUXDT. — Physiologie. 5
KJNUTlOiSB DES O
^.LtME^TAIlll::S.
Le tableau suivant iiuus l'ail voir l'influenve ili: la dessiccaliuii il'aiiuiiit.'uitjruM(: atii> maie. On s'est servi d'un péricarde desséché et s'imbibant peu à peu par la difTusioii. Les liquides erapliiyés L*lbiient ilr l'eau et une solution de sel marin.
l,7ftl . ,
D'api'is Fick, avec des membranes de cullodion , tandis que le courant aqueux resterait cotistanl.
t; 33. — Théorie de l'endosmose.
Les [jnnci|j;iii>L iiliênonittiL'S du l'endoïtiiosi} peuvL'iil s'oxpUijULT par les n ports qu'elle présente avoc lu propriété d'imbibltioii des inembranes. Quand une membraue a de la tendance à se laisser imbiber par l'eaii, c'est que la substance de cette membrane possède une propriété d'attraction pour ce liquide. Toute membrane c pable d'imbibition se i^onfle plus facilement dans l'eau quf dans mie solution saline. Si l'on met une membrane en conlact par une de s» faces avec de l'eau, et par l'autre face avec une solution saline, celte niembiane absorbe les deux liquides, mais plus d'eau que de solution saline. L'échanfc des deuï liquides se fera nécessairement à travei-s les pores de la membrane. Puisque la membi-une attire plus d'eau, il on résulte qiiedaus chaque pore, les couclies qui sont immédiatement en contact avec la pai-oi des canalicules poreu): seront de l'eau presque pure; et il se produira ce qui est représenté dans la Fig. Q. Sur la face 1 se trouve de l'eau , sur la lace 2 une solution saline ; ]» couche moyenne 3 est foriniSe par les deux li- • [uides qui tendent à se réunir, taudis que licouches 3' et 3", ne sont pi-esque que de Vm'i pui'e.
L;i raison pour laquelle les deux liquîdiis !"■ restent pas immobiles et en équilibre dans d' eanalicule poreux, c'est que ces liquides oui de l'attraction l'un vei-s l'auti-e, et plus celle iii- Iraction est grande, plus aussi la vitesse avec Lquelle se fait l'échange au travers des poires <j<\ considérable. En raison inéme de la dispositiou Fig V. particulière des couches 3, 3', 3" dans le eana-
licule poreux, l'échange ne saurait se faire cunuDC lorsque lu dilVugion s'opère librement, sans interposfition de mombi-aue, c'est-à-dire que pour chaque molécule d'eau se dirigeant vei-s 2 , il ne se dirige pas une molécule de solution saline vers 1. Ce nVst que dans la
i').\<1vl.iij,iii t^k/wM'i litih-iijc, I, II, p. i8T.
THÉORIE DE l' ENDOSMOSE. (57
couche centrale 3 que se passe quelque chose d'analogue, c'est-à-dire un courant égal de l'eau et de la solution saline , de 4 en 2 et de 2 en 1. Dans les couches limites 3' et 3" qui contiennent de l'eau presque pure, c'est le courant de 1 en 2 qui domine. L'endosmose qui est la résultante de ces courants élémentaires déterminera donc, par l'échange des liquides , une augmentation de volume en 2 et une diminution en 4. La vitesse moyenne de toutes ces couches doit au reste, être moindre que celle qui résulterait d'un échange régulier, car les molécules liquides les plus rapprochées de la paroi sont attirées par celle-ci avec une telle force qu'elles restent immobiles , et les molécules plus éloignées ne se meuvent que lorsque la force d'attraction du sel commence à l'emporter sur la force d'attraction de la paroi.
L'attraction que possèdent la plupart des membranes organiques pour l'eau nous explique comment, dans la plupart des cas, lorsqu'un sel diffuse avec de l'eau, l'équivalent endosmotique augmente avec la concentration de la solution saline, car, en effet, la différence entre la force d'attraction pour l'eau et pour la solution saUne augmente constamment. Cette augmentation de l'équivalent avec la concentration ne se remarque que pour les sels dont les solutions imbibent facilement la membrane, comme, par exemple, le sel marin. Les sels, au contraire, dont les solutions n'imbibent que difOcilement les membranes, comme le sel de Glauber, et qui possèdent en général un équivalent élevé, se comportent d'une manière tout opposée : leur équivalent s'accroît à mesure que la concentration diminue. Nous sommes donc obligés d'admettre que ce n'est pas seulement l'attraction de la membrane pour l'eau qui détermine l'équivalent endosmotique , mais que son attraction pour le sel y contribue également. Si donc son attraction pour l'eau l'emporte de beaucoup sur celle qu'elle possède pour le sel, la membrane soutire au courant salin des molécules aqueuses, et cela d'autant plus que la concentration de la solution saline sera plus considérable.
C'est à la lenteur avec laquelle se meuvent les couches limites qu'il faut rapporter la diminution de l'équivalent (quantité du courant aqueux) quand on atteint un certain degré d'étroitesse des pores. En effet, une fois que l'on arrive à un diamètre déterminé du canalicule poreux, diamètre variable suivant les sels, l'attraction de la paroi pour l'eau agit encore sur la couche centrale, et diminue aii^si la rapidité du courant aqueux , tandis que celle du courant salin reste la même. L'influence de la température peut encore se rapporter au même ùai; son élévation augmente les deux courants, mais beaucoup plus le courant aqueux ; elle fait, en effet, diminuer Tadhérence de l'eau à la paroi du caDalicule.
Nous venons donc de rapporter tous les phénomènes de l'endosmose aux causes suivantes • !<> à la force d'attraciion des deux liquides l'un pour l'autre; ^kVattraction relative que la substance de la membrane exerce sur les deux liquides en diffusion , force qui détermine le mode de passage des liquides et là rapidité du passage de chaque Uquide à travers le canalicule poreux; 3* à l'ctroitesse des pores à travers lesquels cheminent les liquides ; et 4*> à la diminution de l'adhérence du liquide à la paroi du canalicule poreux, en raison de l'élévation de la température.
C'est Brûcke qui, le premier, attribua les phénomènes de la diffusion à l'attraction des parois des canalicules poreux pour l'eau. Nous avons tenté d'expliquer par cette théorie, étayée sûr l'imbibition et la ûltration (§§ 21 et 26), les quelques £ûts connus jusqu'ici.
Les modifications que subit l'équivalent endosmotique par l'imbibition successive de la membrane, s'expliquent aisément par /jette théorie. Une membrane desséchée attire beaucoup plus d'eau qu'une membrane humide^ et favorise ainsi le courani aqueux. Une membrane de collodion laisse passer d'abord presque uniquement de l'eau et très-peu de sels ; ce n'est que quand elle est imbibée d'eau qu'elle devient perméable à ces derniers. On peut expliquer ce fait en disant que ce n'est que lorsque la membrane est imbibée, qu'en raison même de l'eau qu'elle contient, elle possède une attraction pour les molécules salines. Si les lames alumineuses ne se comportent pac de la même manière, c'est que ces lames ont des pores plus larges, dans lesquelles les différentes couches liquides se mettent rapidement en position d'équilibre. Dan£ la plupart des membranes organiques , les pores présentent, sans nUl doute , dec dimensions très- variées, et le phénomène est des plus complexes , car dans les canalicules les plus volumineux , il se produit très-vite une diffusion égale entre les deui liquides, tandis qu'elle offre des variations considérables dues au plus petit calibre des autres canalicules. La différence qu'avait établie Fick entre la diffusion à travcn des pores de gros calibre et la diffusion à travers des pores plus fins , a donc une certaine valeur. Mais là où cet auteur ne fait plus qu'une hypothèse, c'est quand il veut envisager cette dernière comme une diffusion à travers des espaces intermoléculidres, et la différencier de la diffusion à travers les pores. 11 nous paraît bien difficile en raison de la grande attraction des tissus pour l'eau, d'admettre une diffasion particulière à ti-avers des espaces intermoléculaires (•).
§ 34. — Diffusion entre des gaz et des liquides à travers des
membranes organiques.
La diffusion entre des gaz et des liquides n'est pas modifiée dans ses points essentiels par l'interposition d'une membrane organique humide. Elle s'opère en vertu des lois générales de l'absorption. Le gaz est absorbé par la membrane humide , et passe ensuite dans le liquide. Quand ce dernier contient déjà lui-même un gaz, une partie de celui-ci est éliminée et renSplacée par une partie du gaz extérieur. Les quantités de cet échange sont déterminées en partie par les coefficients d'absorption des gaZy et en partie par Mpressm des gaz contenus dans le liquide d'un côté et des gaz extérieurs de l'autre. Les gaz qui possèdent un coefficient d'absorption considérable, comme l'ammoniaque ou l'acide carbonique, sont absorbés par les membranes humides en plus grand( quantité que l'oxygène, l'azote et l'hydrogène. On donne le nom de coeffiden d'absorption au volume de gaz dissous par 1 volume d'eau à 0®, et à 760™' de pression. La capacité d'absorption diminue avec l'élévation de la tempéra ture et avec l'abaissement de ïa pression. Mais puisque , comme on le sait, le gaz différents diffusent entre eux comme dans le vide, ce ne sont que les mol cules d'un seul et môme gaz qui exercent une pression les unes sur les autre
0) Brttcko, Poggendorff'ê Annalen, t. LVm. — Fick, Moleschott's UfU^suchungen z Natu/rkhre du Meruchcn, t m.