DIFFUSION ELECTRIQUE
posée, la quantité du liquide située du c<Hé du pôle négatif augmente , tandis que celle située du côté du pôle positif diminue : la masse du liquide se ineul donc dans le sens du courant positif, et la quantité du liquide entraîné est d'autant plus grande que le liquide est plus facile à mouvoir et que le courant galvanique est plus intense; de plus, cette quantité est tout à fait indépendante de la surface et de l'épaisseur de la lame poreuse.
Cette action du courant varie suivant la nature chimique des substances en solution, que la solution soit simple ou qu'elle soit un mélange de plusieurs substances solubles. Les alcalis et les sels suivent le mouvement des molécules aqueuses, et se dirigent vers le pôle négatif. Les acides, au contraire, marchent en sens inverse, et s'accumulent au pôle positif.
Si, comme d'habitude, il intervient , par suite du courant, une décomposition chi* mique du liquide, ces phénomènes se combinent avec les phénomènes purement mécaniques que nous venons d'indiquer et l'expérience se complique. Lorsque l'on vient à faire passer un courant à travers une solution de sulfate de cuivre, on voit d'abord ce sel se transporter mécaniquement avec l'eau vers le pôle négatif, puis aussitôt il se décompose et son acide se dirige vers le pôle positif, tandis que le cuivre va au pôle négatif. Quand une cloison poreuse est interposée au milieu du liquide , et que le cuivre ne peut la traverser, on voit ce métal se déposer sur la face de la cloison qui regarde du côté du pôle positif, tandis que la face opposée, celle qui regarde le pôle négatif, reste intacte sans dépôt de molécules cuivreuses , car celles-ci sont entraînées mécaniquement par le courant.
Quand une membrane organisée sépare deux liquides de diffusibilité dilférente, et qu'un courant traverse ces liquides, la dilfusion peut, suivant la direction du courant, être ou favorisée ou contrariée dans le sens dans lequel elle se ferait si le courant galvanique n'existait pas , ou encore sa direction peut même être tout à fait intervertie. Mettez de l'eau à diffuser avec une solution saline, el faites passer à travers les deux liquides un courant dirigé de l'eau vers le sel, il passera beaucoup plus d'eau vers la solution saline qu'il n'en passerait s'il n'y avait pas de courant galvanique. Changez la direction du courant , faites -le marcher du sel vers l'eau , il passera plus de sol vers l'eau, et l'endosmose pourra même être intervertie , c'est-à-dire que la quantité de liquide diminuera du côté du sel, et augmentera du côté de l'eau. Il en résulte que Véquivalent en-dosmotique des corps , comparé à celui de Veau, augmente quand un cou* ^ant positif passe de Veau vers une solution ^ et quHl diminue lorsque le vourant est.de sens op2)osé{^).
L'albumine se rencontre d'habitude dans les organismes à l'état de coin binaiî^on avec les alcalis, d'albuminate de soude ou de potasse , et se comporte ^omme un acide faible. Lorsque donc l'albumine et les combinaisons salines auxquelles elle est habituellement unie, se trouvent à diffuser avec de l'eau, ^t qu'en même temps il passe un courant galvanique à travers les liquides , Voici ce qui se passe : 4» si le courant positif se dirige de la solution d'albumine Vers l'eau, les sels passent du côté de l'eau, et l'albumine reste au pôle positif;
P) Wiedmann, IHe Lehre vom Galvanwmm, 1. 1, p. 376. — Poyyendorfs Ânnalen, t. IC, p. 177.
t>-i FONCTIONS DES ORGANISMES KLKMËNTAIRES.
t2" si le courant marche de Teau vers la solution albumineuse, Teau passe vers la solution albumineusc , Talbumine se dirige vers Teau et se dépose au pôle positif. L'albumine se comporte donc comme les acides, et marche du pôle uégatif vers le pôle positif.
Dans ce cas, Talbumine se dépose sous forme solide au pôle positif, car ralbumiuate soluble qui existait dans la solution se décompose, son alcali se dirige du côté du pôle négatif, et Talbumine du côté du pôle positif. Lorsque, au contraire, l'albumine est dissoute dans un liquide acide, elle se comporte d'une manière inverse, et joue le rôle d'une base faible ; aussi, dans ce cas, la voit-on se déposer au pôle négatif. Y a-til dans l'organisme des conditions identiques à celles-ci? l'albumine diffiise-t-elle sous l'influence d'un courant galvanique ? c'est ce qu'il est encore impossible d'établir. Toujours est-il que ces faits pourraient expliquer la sortie des liquides salins bors du sang, tandis que les albuminates restent dans ce liquide (').
§ 35. — Influence de la membrane sur l'endosmose.
Les membranes desséchées ont toujours un équivalent endosmotlque plus élevé que lorsqu'elles sont fraîches ou imbibées ; dans c^ dernier cas, en effet, la pmpriété qu'elles possèdent de se laisser traverser par l'eau diminue toigours un peu, tandis qu'elle augmente pour les sels. Il s'ensuit nécessairement que, pour une même membrane , l'équivalent cndosmotique n'est pas constant, et qu'il peut varier beaucoup pour des membranes différentes. Les lames poreuses ne se laissent pas, comme les membranes organiques, imbiber par l'eau; le« lames argileuses, par exemple, ont un équivalent endosmotique constant ; aussi les préfère-t-on pour étudier l'influence de la largeur des pores sur l'endosmose.
En se servant de lames argileuses dont les pores sont de dimensions variées, on s'aperçoit que lorsque ceux-ci atteignent une certaine largeur, Tinflucuce de la cloison sur la diffusion n'existe plus. Il se fait alors un simple mélange entre les liquides, mais il n'y a plus d'endosmose; on d'autres termes, l'équivalcpt endosmotique devient égal à l'unité.
Il faut donc que les pores de la lame aient une certaine dimension pour que l'endosmose ait lieu et ne soit pas un simple mélange. Plus ces pores deviennent étroits, plus aussi l'équivalent endosmotique s'éloigne de l'unité; il croit, en effet, constamment pour les substances à endosmose positive, et décroit pour celles dont l'endosmose est négative. Mais cet écart ne dépasse pas une certaine limite, à partir de laciuelle l'équivalent se rapproche de nouveau de l'unité, pour atteindre enfin un autre point exlrôme, où il n'y a plus ni endosmose ni mélange, où en d'autres termes la cloison est devenue impcrméal)le aux liquides. Le premier de ces points-limites, et probablement aussi le second , varient considérablement avec la composition des liquides qui diffusent. Quand les solutions salines diffusent avec de l'eau, le point où l'équivalent endosmotique cesse de s'écarter de l'unité est d'autant plus vite atteint que l'affinité des sels dissous
0) Von Wittich, Journal f. prnht. Chetnie, t. LXXIII , p. 18. — Ludwig, Jierichl iiber die yaturforsdierverëammltnty in Ifïen, 1850.
INFLUENCE DE LA MEMBRANE SUR L'eNDOSMOSE. 65
est plus grande pour l'eau. Il existe donc pour chaque solution un degré de perméabilité de la membrane (degré déterminé par la dimension des pores) cjui est en rapport avec Véquivalent maximum. Vépaisseur de la cloison poreuse agit de la même manière que la dimension des pores, en effet, on voit l'équivalent s'éloigner de l'unité à mesure que l'épaisseur de la cloison devient plus grande; mais cet écart n'augmente que jusqu'à une certaine limite.
En comparant entre elles des membranes organiques de structure différente , on voit que pour elles les dimensions des pores ont la même influence que pour les lames argileuses. Il est donc probable que les variations qu'éprouve la diffusion en raison de la dessiccation de la membrane, de l'augmenta tion de la pression etc., ne sont dues en réalité qu'aux modifications qu'éprouvent les pores dans leurs dimensions. Aussi, pour arriver à étudier l'influence qu'exerce la constitution chimique et physique d'une membrane sur la diffusion, faudrait-il comparer entre elles des membranes dont les pores seraient égaux, chose à laquelle il n'est presque pas permis de songer. Jusqu'à présent on n'a pu , sous ce point de vue, constater que les faits les plus grossiers. Les lames ai^ileuses et la plupart des membranes organiques , surtout les membranes animales , laissent diffuser plus d'eau du côté de l'alcool ; au contraire, si l'on se sert d'une lame de caoutchouc ou d'une membrane artificielle de collodion , c'est l'alcool qui passe en plus grande quantité. Cette propriété dépend évidemment de la capacité d'imbibition de la membrane. Toutes les membranes qui laissent passer plus d'eau que d'alcool s'imbibent plus facilement d'eau , tandis que celles qui laissent passer plus d'alcool sont imbibées plus facilement par ce dernier liquide.
Buchheim a établi que pour une membrane à pores larges , l'équivalent eudosmoti([ue d'un sel est d'autant plus petit que l'affinité de ce sel pour l'eau est plus considérable ; tandis que, au contraire, pour des membranes très-denses, les équivalents sont proportionnels à l'afQnité des sels pour l'eau. Ce fait résulte au reste de ce que nous avons dit plus haut. Le tableau suivant , emprunté aux recherches de Uarzer^ dorme les variations des équivalents endosmotiques par rapport à différentes membranes (*).
Vessie de bœuf.
Vessie de porc.
Péricarde de bœuf. Membrane de collodion.
UNa .
QK. .
SO'NaO.